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L'ONU interpellée. Un suspect de meurtre au sein de la force de paix au Darfour

Michel Larose Le Journal de Montréal 06/04/2008 08h30

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Général Karenzy Karake
La présence dans les rangs des forces de paix de l'ONU d'un officier soupçonné du meurtre du missionnaire québécois Guy Pinard au Rwanda préoccupe le ministre des Affaires extérieures, Maxime Bernier.«Je souhaite que l'ONU aille au fond des choses», a confié le ministre avant son départ en Birmanie, au sommet de l'OTAN.«Les représentants canadiens ont demandé aux autorités des Nations Unies s'il convenait que le Général Karake continue d'exercer ses fonctions au sein de la force de paix», a expliqué Shaun Tinkler, responsable des relations avec les médias du ministère des Affaires étrangères. Dans le cadre d'une enquête sur des crimes commis au Rwanda après le génocide, un tribunal espagnol a émis récemment 40 mandats d'arrestation, dont deux visent les présumés responsables des meurtres des pères blancs Guy Pinard et Claude Simard.

Interview de maître Jordi Palou Loverdos, avocat des victimes rwandaises par Catherine Ninin RFI 7 février 2008

Pointé du doigt

Dans le cas du père Pinard, abattu dans son église en 1997 après avoir donné la communion à son assaillant, le tribunal espagnol pointe du doigt Karenzi Karake, à l'époque chef des renseignements militaires du Rwanda. Or, depuis, Karenzi Karake a été nommé commandant adjoint de la Force de l'ONU et de l'Union africaine au Soudan, selon l'avocat espagnol Palou-Loverdos, qui a révélé ce fait la semaine dernière à Montréal.

Et la semaine dernière, le ministre Bernier était au Soudan. «Le ministre a rencontré le général Agwai, commandant des forces de la paix, et Karenzi Karake était présent pendant une partie de la rencontre», a confirmé Shaun Tinkler, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Vu au Soudan

«Karenzi Karake a été vu durant une réunion à laquelle je participais. Il est entré et il est sorti. Je ne lui ai pas parlé. J'ignorais qu'il était l'objet d'un mandat d'arrestation», a dit le ministre Bernier au Journal de Montréal.

C'est en 2005 que le Tribunal central d'instruction du royaume d'Espagne a débuté son investigation. Des ressortissants espagnols avaient été assassinés au Rwanda, dont trois membres de Médecins du monde. Le père Pinard aurait été témoin de ses actes et, selon son frère Gilles, «l'armée a décidé de l'éliminer. Il était un témoin gênant.»

Le responsable du meurtre du père Claude Simard, tué à coups de marteau en 1994, a été identifié comme étant Fred Ibingira, qui était à l'époque commandant du 157e bataillon de l'Armée patriotique rwandaise.

 
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