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Le pouvoir ne se partage pas |
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De 1993 à 1995, François Mitterrand, président de la République, et Edouard Balladur, Premier ministre, ont eu ensemble de très nombreuses conversations. (…). Conscients de leurs divergences, les deux interlocuteurs tantôt se ménagent, tantôt s’opposent. Ils collaborent lorsque l’intérêt du pays l’exige sans oublier jamais qui ils sont ni ce qu’ils veulent. (…). La complexité de ces relations où la méfiance alterne avec la confiance, où les arrière-pensées affleurent à la surface des propos, éclaire un pan de notre histoire récente.
Cet extrait de la présentation faite en quatrième de couverture du livre publié chez Fayard décrit ce que fut en cette période le processus de prise de décision en France.
L’éclairage ainsi donné vaut pour la préparation et l’exécution de l’intervention militaire française au Rwanda. Plusieurs modes d’action seront envisagés et amandés avant que n’intervienne un choix politique.
Monsieur Balladur se félicite d’avoir fait prévaloir une position prudente qu’il présente ainsi : « Si je m’étais laissé influencer par les projets discutés dans certains entourages, nous serions entrés dans la guerre civile au Rwanda et aurions été condamnés par la plupart des Africains, sans parler du reste du monde ». Plus loin il évalue le résultat : « La ligne de prudence que j’avais arrêtée montre ses heureux effets : l’on assiste à un retournement de l’opinion internationale qui multiplie les louanges, alors que longtemps elle a critiqué notre implication dans le conflit en nous faisant grief de prendre parti dans la guerre civile. (…) De toute part on nous demande de prolonger l’expédition humanitaire plus longtemps que prévu. Pour moi il n’en est pas question ; à la communauté internationale, si passive, si hypocrite, de prendre enfin ses responsabilités. »
A lire et à méditer alors que reprennent les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda et que l’armée française reste accusée d’avoir commis l’indicible.
AS
Editions Fayard, 430 pages 22 €
En mars 2010 ce livre a reçu le prix "Aujourd'hui 2010"
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Mais le fleuve tuera l'homme blanc |
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Patrick Besson, Fayard Roman 480 pages 22 euros
« Mais le fleuve tuera l’homme blanc », un roman dans une bibliothèque rassemblant des essais, des témoignages et des récits documentaires !....une incongruité ?
Ce serait oublier que le romancier, à partir d’une trame imaginaire, peint des caractères et des situations psychologiquement réalistes. En l’occurrence pour ce qui nous intéresse ici, la morgue retorse des tutsis et la haine butée des hutus.
« Les rwandais ont engagé un officier traitant qu’ils ont l’intention de piéger (…) A travers lui ou elle, Kagamé veut atteindre la France (…) ». Voilà l’argument d’une fresque foisonnante où s’entrechoquent des personnages multiples se croisant dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest.
Le Rwanda de la période 1994 n’est pas au centre du tableau, mais quand l’auteur s’y attarde il peint avec justesse une situation tragique et nul documentaire ne donne à voir aussi crument la lumière noire du génocide. Mépris, cruauté froide, vols, viols, machettes, bière et bestialité, meurtres entre voisins. C’est saisissant de réalisme.
Celui qui écrit et qui a vu, rend témoignage à la vérité.
André Schill
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Paul Kagame a sacrifié les tutsi |
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Jean-Marie Vianney Ndagijimana, éditions La Pagaie juin 2009, 160 pages, 17 euros
Jean-Marie Vianney Ndagijimana fut ambassadeur du Rwanda en France d’octobre 1990 à avril 1994 puis ministre des affaires étrangères du tout nouveau gouvernement de Paul Kagamé de juillet à octobre 1994.
Son ouvrage Kagamé a sacrifié les tutsi, éditions La Pagaie, offre une nouvelle perspective aux événements rwandais. Haut fonctionnaire puis cadre politique tour à tour des gouvernements Habyarimana puis Kagamé, l’auteur était au cœur décisionnel du Rwanda du début des années 1990.
Jean Marie Vianney Ndagijimana revient sur la façon dont la communauté internationale a réagi au drame rwandais, dénonçant ainsi des erreurs commises, selon lui, par des gouvernements ou institutions internationales. Il s’insurge contre le manichéisme occidental qui a désigné les tutsi en victime puis sauveurs et les hutu en bourreaux. Lui même, né de père hutu et de mère tutsi, condamne les erreurs commises par le gouvernement d’Habyarimana mais s’oppose à une simplification de la situation.
Plus exactement Monsieur Ndagijimana met en avant les crimes commis par le FPR de Paul Kagamé, s’appuyant sur son expérience ou des rapports d’ONG.
La thèse de l’auteur, évoquée par le titre, accuse Paul Kagamé d’avoir instrumentalisé et sacrifié les victimes du génocide pour aujourd’hui asseoir sa légitimité.
« Le Général Paul Kagame n'a pas arrêté le génocide tutsi comme il l'a toujours prétendu. Bien au contraire, ce chef de guerre a délibérément provoqué le génocide, puis il a cyniquement et systématiquement rejeté toutes les initiatives des Forces armées rwandaises, des Nations Unies et de certains pays occidentaux pour arrêter le massacre des Tutsi. A plusieurs reprises, il a menacé de tirer sur les troupes étrangères qui tenteraient d'intervenir pour stopper le génocide. L'objectif de Kagame n'a jamais été de protéger nos parents Tutsi de l'intérieur, mais de s'en servir comme prétexte pour accéder au pouvoir par la force. Il est donc coresponsable du génocide tutsi au même titre que les autres génocidaires et doit en répondre devant la Justice et devant l'Histoire. » JMV. Ndagijimana
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Carla Del Ponte : Une critique de l’intérieur
Carla Del Ponte était juge d’instruction Suisse, connue pour sa persévérance et l’exemplarité de sa carrière. Elle est nommée Procureur Général du Tribunal Pénal pour l’Ex-Yougoslavie et pour le Rwanda en 1999.
Dans son ouvrage autobiographique La Traque, les criminels de guerre et moi (éditions Héloïse d’Ormesson), elle fait le récit de son expérience au sein de ces instances internationales. A l’origine motivée à l’idée de poursuivre et « traquer » des génocidaires ou criminels internationaux, elle découvre vite les limites du système.
En plus de dénoncer l’incompétence générale des enquêteurs, elle reproche au TPIR son manque d’équité, jusqu’à, elle aussi, employer l’expression « justice des vainqueurs ».
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Rwanda, enfer des règles implicites |
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Pierre-Célestin BAKUNDA i’CYCARO
400 pages l’Harmattan 29 euros
Pour l’auteur la violente tragédie de 1994 au Rwanda ne résulte pas d’évènements conjoncturels ni soudains. En analysant l’histoire du Rwanda depuis 1898 il décrit la rivalité grandissante entre les Hutu et les Tutsis que ni la colonisation, ni les actions de l’Eglise catholique, ni l’indépendance et l’avènement d’une république n'ont pu conjurer. En effet l’auteur soutient la thèse que la société rwandaise reste profondément marquée jusqu’à ce jour par un code ésotérique « Ubwiru » qui par ses règles implicites maintient la société rwandaise dans une logique de clivage ethnique, de relations ambiguës, de jeu d’intérêt divergents et en définitive de haine derrière une fraternité de façade.
Cette réflexion se termine sur une question sans véritable réponse : Comment éteindre les feux de la haine inter rwandaise au profit d’une société plus transparente où l’individu double n’existerait plus, du moins de manière aussi tragique ?
AS
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La France au Rwanda (1990 1994) |
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LA FRANCE AU RWANDA (1990_1994).
« Entre abstention impossible et engagement ambivalent »
Olivier LANOTTE
2007 Editions Complexe GRIP
Le 1er octobre 1990, le retour armé des anciens réfugiés rwandais au sein du Front patriotique rwandais (Fpr) marque l’entrée en guerre du Rwanda. Une sale guerre, au cours de laquelle la France sera militairement présente, et qui trouve son épilogue en juillet 1994 à la faveur de la victoire du Fpr. Entre temps, la guerre d’usure menée par le Fpr, les manipulations de l’ethnicité orchestrées par le régime Habyarimana, la stratégie du chaos poursuivie par les faucons des deux bords, et surtout le génocide perpétré par les extrémistes hutus, ont causé la mort de plus d’un million de personnes.
Le propos de cet ouvrage est de décrire, d’analyser et d’expliquer le processus de prise de décision ayant conduit le président Mitterrand à engager l’armée française au Rwanda entre 1990 et 1994. L’étude menée ici récuse avec rigueur scientifique, à la fois ceux qui encensent la politique de la France et ceux qui condamnent sans discernement et évoquent une « complicité » de la République française dans le génocide. De toute évidence, entre les conclusions de la Mission d’information et celles des censeurs, exégètes et autres sycophantes de la politique africaine de la France, les divergences d’analyse sont d’envergure. Il importe donc de les décrypter pour en apprécier la pertinence. Quelles étaient les motivations réelles de la présence française au Rwanda ? Au-delà du constat d’échec de cette politique rwandaise, quels facteurs ont contribués in fine à ruiner les effets de la politique prônée par François Mitterrand ? Quel crédit enfin accorder aux accusations de « complicité de génocide » proférées à l’encontre des soldats de l’opération Turquoise, La France serait elle « la seule nation coupable parmi les nations saintes et pures » ?
Docteur en sciences politiques (relations internationales), spécialiste de l’Afrique centrale, Olivier LANOTTE est chercheur au Centre d’études des crises et des conflits internationaux (CECRI) de l’université catholique de Louvain.
Entre autre, il a publié en 2003 aux éditions Complexe/GRIP « Guerres sans frontières en République démocratique du Congo »
Voxafrica - émission Vice-Versa - Entretien avec Olivier Lanotte avril 2009 43 minutes
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Rwanda, contre enquête sur le génocide |
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"Rwanda, contre enquête sur le génocide" par Bernard Lugan
Editions Privat 2007 10 rue des Arts BP 38028 – 31080 Toulouse cedex 6 – 18 euros
Partant du fonds d’archives du tribunal pénal international pour le Rwanda (TIPR) et de sources souvent inédites, Bernard Lugan, universitaire et expert auprès du TIPR, auteur de nombreux ouvrages sur le Rwanda, reprend l’enquête sur les circonstances et les causes du génocide avéré de 1994 au Rwanda.
Sans effets littéraires, l’auteur mène avec précision une instruction de type judiciaire qui se réfère en permanence aux pièces et témoignages d’un dossier très fourni.
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Rwanda : Le procès du FPR |
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Rwanda : Le procès du FPR .
Mise au point historique par Serge DESOUTER
Editions Harmattan Paris, mai 2007, 335 pages, 28 euros
Résumé
Père blanc ayant vécu dix-huit ans au Rwanda, et connaissant parfaitement la langue, l'auteur rappelle l'histoire des tensions et des querelles de pouvoir entre Hutu et Tutsi depuis le passé précolonial avant d'évoquer le génocide des Tutsi en 1994.
Or ce génocide a été précédé du massacre de masse des villageois hutu perpétré par l'Armée patriotique rwandaise et le Front patriotique rwandais contrôlés par les Tutsi.
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