http://www.france-turquoise.fr
 
APRÈS LA VISITE DE PAUL KAGAME À PARIS ET SON ENTRETIEN AVEC NICOLAS SARKOZY
01-03-2015

LES RÉACTIONS NE SE SONT PAS FAIT ATTENDRE


1- Le général Lafourcade a réagi à l'article de Jeune Afrique: http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20150227194515/ en adressant au journal le message suivant:


"Monsieur Sarkozy confirme le lien privilégié qu'il entretient avec le général Kagame dont le régime est dénoncé comme dictature et qui accuse toujours la France et son armée d'avoir préparé et exécuté le génocide. Les soldats français qui ont servi au Rwanda n'apprécient pas et le comportement de celui qui fut  le chef des armées pose question." Signé Gal JC lafourcade

 

 

2- Le colonel Robardey, a son tour, a manifesté son sentiment sur son blog Médiapart dans l'article suivant:


RWANDA –LIBYE - SYRIE : les bons et les mauvais dictateurs
 

ou
 

les gugusses, le petit juge et les mallettes
 

Le tweet ci-dessous émanant de la présidence rwandaise nous apprend que le jour même où il a traité de "gugusses" des parlementaires français qui n'avaient fait en Syrie que leur devoir,  courageusement de surcroît,  le président Sarkozy est allé faire sa cour au plus grand criminel de guerre encore au pouvoir , le rwandais qui a infiniment plus de sang sur les mains que Bachar El Assad....Cette anecdote qui prêterait à sourire s’il n’y avait des fleuves de sang en arrière-plan, est révélatrice de la conception « deux poids deux mesures » de la diplomatie française. Suivie sans sourciller par une certaine presse aux ordres -  comme je l’ai montré dans un précédent billet - elle engendre des pressions insupportables sur la justice de notre pays.

Image Exemple

 

Le juge Marc TREVIDIC, vice-président du pôle anti-terrorisme au TGI de Paris, s’est fréquemment exprimé sur le sujet. Parmi ses nombreux ouvrages dont il assure régulièrement la promotion dans les média,  figure « Qui a peur du méchant petit juge ?[1]». Il ressort de ces nombreuses interventions, que le président Sarkozy n’a eu de cesse de vouloir mettre la justice aux ordres de l’exécutif :

 En voulant supprimer la fonction de juge d’Instruction : https://www.youtube.com/watch?v=Aj7Gkra2Awc ;

En mettant en cause à de nombreuses reprises les magistrats dont les décisions ne lui convenaient pas : https://www.youtube.com/watch?v=gM14k3PmEbA;

En intervenant directement sur certains dossiers dont ceux du Juge Trevidic qui, invité d'iTELE en oct. 2014 avouait « Je travaille  avec davantage de sérénité depuis 2012 » : https://www.youtube.com/watch?v=RK_wC_18a4k

Seul ce dernier point est à mettre en relation avec les hommages que le président Sarkozy est allé présenter à celui dont tout le monde aujourd’hui s’accorde à dire  - on reverra à ce sujet les émissions les plus récentes : https://vimeo.com/107867605 et http://www.rfi.fr/emission/20150228-portrait-juvenal-habyarimana-13-1416/  -  qu’il a assassiné son prédécesseur, crime que précisément est chargé d’instruire le juge Marc TREVIDIC.

Sous l’influence du ministre des affaires étranges, Bernard Kouchner , le président Sarkozy et ses conseillers ont mené une campagne constante pour innocenter Paul Kagame de ce crime. A ce sujet, on relira avec intérêt « Le Monde selon K [2]» où Pierre Péan démonte cette machination. Ce livre  a rendu furieux les pro-Kagame au point que Saint-Exupéry a cru bon de rééditer un ouvrage sans audience en y ajoutant une préface consacrée à la défense du personnage. Cette campagne a connu quelques moments forts, parfois à la limité du sérieux, organisés en coopération entre l’Elysée et Kigali. Parmi ceux-ci la pseudo reddition en Allemagne de Rose Kabuye, élégamment désignée par ses complices pour servir de chèvre au méchants enquêteurs français  et dont la soi-disant arrestation a permis à Kigali d’avoir accès au dossier d’instruction. La comédie de l’expertise sur place en a découlé, encore que…. en partie sur place seulement puisque l’expert acousticien - désigné après coup et en désespoir de cause car les balisticiens ne parvenaient à rien - a œuvré à La Ferté Saint Aubin dans le Loiret sur un terrain plat comme le dos de la main, très éloigné du relief du pays de mille Collines. Et non seulement cet expert a expertisé sur un terrain totalement différent mais il n’a même pas eu à sa disposition un missile du même type que celui qui a été utilisé lors du crime. Et cerise sur le gâteau,  cet acousticien s’est de plus trompé dans les distances  séparant les points de tir supposés des missiles des maisons où se tenaient les témoins….. Peu importe, dès lors que ce rapport d’expertise a été transmis à Kigali avant que les parties civiles en aient pris connaissance, ce qui devrait logiquement intéresser la Cour de Cassation, les avocats de Kigali ont pu déployer leur science de la communication auprès de media qui, le président Sarkozy aidant, leur étaient tout acquis. Ce rapport d’expert acousticien est devenu pour la presse le « Rapport Trévidic » auquel on a fait dire tout ce qu’il n’a jamais dit[3]. Mais il y a fort à parier qu’il restera dans les annales de l’Ecole Nationale de la Magistrature comme un exemple à ne pas suivre et comme l’archétype des dérives observées dans les affaires politiquement marquées sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

L’engagement du président  Sarkozy aux côtés de Paul Kagame qui l’a amené à aller chercher l’Aman à Kigali pu n’être après 2017  qu’une péripétie désagréable  mais ancienne entre deux ex, deux has been. Mais le candidat déclaré à la Présidence de la République française a éprouvé le besoin d’échanger avec celui qui cherche à se faire proroger à la Présidence de la République rwandaise  malgré une constitution lui interdisant de faire un troisième mandat. Que se sont-ils dit ? Que se sont-ils mutuellement promis ?

On ne peut que penser à Kadhafi, jadis dictateur fréquentable autorisé à planter la tente sur les Champs Elysées par celui là-même qui, ayant changé d’avis allez-savoir pourquoi, facilitera quelques mois plus tard son assassinat dans des conditions épouvantables.

Pour combien de temps encore Kagame sera –t-il un dictateur fréquentable ? Protégé par l’ONU depuis 1990, conseillé par Tony BLAIR qui va avoir des comptes à rendre à son pays[4], il voit néanmoins les rapport Mapping s’empiler. L’impunité que lui a assurée madame Louise Arbour devant le TPIR ne saurait durer encore très longtemps.

Au-delà du cas Kagame, on aimerait comprendre ce qui motive nos dirigeants dans leur choix des dictateurs fréquentables ou non fréquentables ? Et on craint que Pierre Péan soit amené à écrire une suite à « La République des Mallettes[5] ».

 

 3-L'ambassadeur Jean-Marie Vianney Ndagijmana a manifesté, lui aussi, sa perplexité dans un message:

Bonjour,
J'étais à la manifestation de Paris contre la venue de Kagame à l'UNESCO. Le soir en rentrant j'apprends que Sarkozy a été le seul officiel français à être allé lui donner la bise. Quelle force a poussé Sarkozy à se sentir obligé de rencontrer ce criminel, 24 heures après avoir traité Jacques Myard de Gugusse ? Cela mérite de retenir notre attention.
Amitiés,
JMVN
   

4 Le site France Rwanda  a publié l'article suivant:

 

RWANDA :NI GUERRE NI PAIX

AU RWANDA COMME AILLEURS, AUCUN DÉVELOPPEMENT N'EST POSSIBLE SANS PAIX CIVILE DURABLE Inutile d'épiloguer longuement sur le sens de cette phrase. Ces photos prises en 2007 et 2011 à Misrata-Libye parlent d'elle-mêmes. Le président Paul Kagame était h...

     pour lire la suite cliquez ici www.france-rwanda.info/2015/02/rwanda-ni-guerre-ni-paix.html

 
RAPPORT D'AMNESTY INTERNATIONAL 2014-2015
28-02-2015

Le président du Rwanda Paul Kagame cautionne les assassinats d'opposants à son régime. On peut craindre la disparition des derniers témoins susceptibles de rétablir la vérité sur les événements survenus au Rwanda depuis 1990."

Extrait du rapport sur le Rwanda en 2014 " Cette année encore, la liberté d’expression et la liberté d’association ont été soumises à des restrictions abusives au Rwanda. Les Rwandais ne pouvaient pas exprimer ouvertement des opinions critiques sur d...

 

Pour lire la suite cliquez ici www.france-rwanda.info/2015/02/rapport-amnesty-international-pour-2014-2015.html

 

 

 
RAPPORT 2015 DE HUMAN RIGHTS WATCH
24-02-2015
Human Rights Watch vient de publier son rapport annuel sur la situation des droits de l'Homme dans le monde en 2014.
Le moins qu'on puisse dire est qu'elle ne s'améliore pas au Rwanda: voir ci-joint le résumé du rapport pour ce pays.
 
12 FÉVRIER 2015, FRANCE TURQUOISE A TENU SON A.G.
21-02-2015

 
RFI POURSUIT SON PORTRAIT DE JUVÉNAL HABYARIMANA
21-02-2015

Nous ne savons où nous emmène RFI qui a rallongé cette série d'émissions jusqu'à 16 numéros, mais force est de constater que  voilà ENFIN un travail sérieux et complet effectué par un média audio-visuel français.

Mais prudence:In cauda venenum ?"

 

cliquez ici http://www.rfi.fr/emission/20150214-portrait-juvenal-habyarimana-9-1016/


 

 
MOBILISATION EN FAVEUR DU FILM DE LA BBC, RWANDA'S UNTOLD STORY.
06-02-2015
Nous avons permis à nos visiteurs de prendre connaissance, en novembre 2014, du remarquable film documentaire de la BBC qui dynamitait ce qui commence à être présenté comme la vérité révélée à propos du drame rwandais. Evidemment, les réactions hostiles des officines habituelles ne se sont pas fait attendre.
Pour soutenir la BBC, Maître Jordi Palou, avocat espagnol, a lancé un "Appel pour la vérité et la justice dans la région des Grands Lacs" qui a recueilli les signatures de nombreuses personnalités internationales. Vous en trouverez le texte dans le dossier joint.
 
VINGT ANS APRÈS, RFI DRESSE UN EXCELLENT PORTRAIT DU PRÉSIDENT HABYARIMANA.
05-02-2015

Après avoir beaucoup tergiversé, RFI consacre une série d'émissions au drame rwandais qui commence par un portrait de Juvénal Habyarimana... Ne boudons pas notre plaisir. En attendant la suite.

http://www.rfi.fr/emission/20140110-portrait-juvenal-habyarimana-1-28/

http://www.rfi.fr/emission/20140117-portrait-juvenal-habyarimana-3-48/

http://www.rfi.fr/emission/20140124-portrait-juvenal-habyarimana-5-68/

http://www.rfi.fr/emission/20150131-portrait-juvenal-habyarimana-7-88/

 
CONTRIBUTION AU DÉBAT SUR L'ATTENTAT.
17-12-2014

Des juges,des témoins et un dictateur

Publié dans Histoire, le samedi 13 décembre 2014 par Hervé Cheuzeville

 

Au début du mois d’avril dernier, j’avais adressé une lettre ouverte à Madame le Ministre de la Justice. Il s’agissait, à l’époque, de lui exprimer mon émotion après avoir appris qu’elle s’apprêtait à se rendre à Kigali pour représenter la France aux commémorations du 20ème anniversaire du déclenchement du génocide rwandais. Je fus soulagé d’apprendre l’annulation de ce voyage, après les nouvelles attaques du dictateur Paul Kagame contre la France.

Aujourd’hui, je voudrais dénoncer une autre affaire, ayant encore trait au Rwanda. Cependant, celle que je vais évoquer ici est probablement encore plus grave que celle qui m’avait amené à écrire à Madame Taubira voici huit mois déjà. Car il s’agit de la Justice et de son honneur, ainsi que de la disparition et de la mort de témoins cités à comparaître. 

 Pour lire la suite cliquez ici H.Cheuzeville 13 decembre 2014 (219 KB)

 
UN NOUVEAU TÉMOIGNAGE SUR L'OPÉRATION TURQUOISE.
06-12-2014

Ce livre écrit par Alain et Armelle de Parcevaux, est une suite de récits vécus par ce ménage responsable d’une mission de l’Ordre de Malte au Rwanda entre juillet 1994 et janvier 1995.Partis pour une simple mission d’évaluation début juillet, ils ont été par la force des évènements à créer puis gérer dans l’urgence un premier camp de réfugiés de 5.000 personnes.

Le soutien des militaires français de l'opération Turquoise a été déterminante dans la réussite de cette mission.

 

 

 
DISPARITION D'UN TÉMOIN GÉNANT: "L'AFRIQUE RÉELLE" S'ÉTONNE.
20-11-2014
 Question à Madame Taubira, garde des Sceaux et ministre de la Justice : comment la justice française va t-elle réagir alors qu'à la veille d'être interrogés, les témoins du juge Trévidic sont "liquidés"?

Deux témoins du juge Trévidic ne témoigneront plus. Le colonel Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements extérieurs de Paul Kagamé prétendait prouver au juge l'implication de ce dernier, dans l'assassinat du président Habyarimana; il fut étranglé le 31 décembre 2013 dans sa chambre d’hôtel de Johannesburg. Emile Gafarita, l'un des trois membres du FPR qui transportèrent depuis l'Ouganda jusqu'à Kigali les missiles qui abattirent l'avion du président Habyarimana a été enlevé à Nairobi le 13 novembre 2014. Il n'a pas réapparu depuis.

Tous deux étaient à la veille d'être auditionnés par les juges Trévidic et Poux qui enquêtent sur l'attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Habyarimana, assassinat qui fut le déclencheur du génocide du Rwanda.

Après le meurtre de Patrick Karegeya, le général Kagamé avait prévenu : "Celui qui trahit son pays, celui qui trahit le Rwanda, quel qu'il soit, ne peut pas s'en sortir sans payer le prix". 

La semonce était claire et nul ne pouvait ignorer que la vie d'Emile Gafarita serait menacée si sa volonté de témoigner contre son ancien chef venait à être connue. Dans une procédure de réouverture d'instruction, le résumé de ce qu'il allait dire au juge étant en théorie normalement accessible aux avocats, le général Kagamé avait bien conscience des conséquences mortelles de telles déclarations pour son régime.

Malgré cela, la justice française a été incapable de protéger ce témoin essentiel puisque ses ravisseurs ont été prévenus qu'il était depuis quelques semaines à Nairobi où il vivait clandestinement sous un nom d'emprunt dans l'attente de son départ pour la France afin d'y être entendu par le juge Trévidic.  

Qui a livré l'adresse secrète d'Emile Gafarita à ses ravisseurs, se rendant ainsi complice d'enlèvement, probablement de torture et peut-être d'assassinat? La convocation à comparaître devant le juge Trévidic est en effet directement arrivée chez son avocat français chez qui il était domicilié, or, ne connaissant pas son adresse au Kenya, ce dernier lui a transmis la convocation du juge par mail. 

Une enquête administrative s'impose car il n'existe que trois hypothèses:

1) Celle d'une fuite au niveau du cabinet du juge,

2) Celle d'une interception des communications de l'avocat français par les ravisseurs,

3) Celle d'une fuite au niveau de l'ambassade France à Nairobi, cette dernière étant probablement chargée d'organiser le voyage du témoin.

Dans son livre "La France dans la terreur rwandaise" (Editions Duboiris, 2014, page 302), le journaliste Onana rapporte de graves propos tenus par le colonel Karegeya peu avant son assassinat: " (...) tout ce que fait votre juge (Trévidic) se trouve dans les médias, même les noms des témoins qui peuvent ainsi être retournés par Kigali ou assassinés". 

L'affaire qui est gravissime n'est plus du niveau du juge Trévidic, mais de celui de Madame Taubira et du Quai d'Orsay. La France peut-elle en effet, et cela sans réagir, laisser ainsi "liquider" des témoins qui s'apprêtent à parler à un juge anti-terroriste ? Le silence des autorités françaises étant à ce jour assourdissant, la question doit être posée; compte tenu de la gravité de l'évènement, il serait logique qu'elle le soit par des députés. 

Même si l'enlèvement d'Emile Gafarita porte un coup très sévère à la crédibilité de la lutte anti-terroriste française, il n'anéantit pas pour autant l'instruction en cours sur l'attentat du 6 avril 1994.

Le juge Trévidic qui a succédé au juge Bruguière en 2007 n'est en effet pas désarmé car son dossier contient les nombreux éléments rassemblés par son prédécesseur: témoignages, numéros de série des missiles (respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835) qui faisaient  partie d’un lot de 40 missiles SA 16 IGLA livrés par l'URSS à l’armée ougandaise quelques années auparavant, lieu du tir des missiles, marque et couleur des véhicules utilisés pour transporter ces derniers depuis l’Ouganda jusqu’au casernement de l’APR situé au centre de Kigali et de là jusqu’au lieu de tir à travers les lignes de l’armée rwandaise, ainsi que le déroulé de l’action. Emile Gafirata, le témoin enlevé à Nairobi allait  raconter au juge comment il avait véhiculé ces missiles depuis l’Ouganda.

En juillet 2013 puis en janvier 2014, le juge Trévidic a pu interroger Jean-Marie Micombero, ancien secrétaire général au ministère rwandais de la Défense et qui, le 6 avril 1994, était affecté à une section chargée du renseignement dépendant directement de Paul Kagamé ; le témoin  lui a donné les noms des deux membres de l'armée de Paul Kagamé qui, le 6 avril 1994, tirèrent les deux missiles qui abattirent l’avion présidentiel. Il a également livré nombre de détails sur les préparatifs et sur le déroulement de l’attentat [1]. Ces déclarations recoupaient en les confirmant celles recueillies en leur temps par le juge Bruguière auprès d’autres témoins.

Relais constant des thèses du régime de Kigali, la presse française n'a fait aucun écho au scandale judiciaire et humain que constitue l'enlèvement d'Emile Gafirata venant après l'assassinat du colonel Karegeya. C'est pourquoi j'invite les lecteurs de ce blog à donner toute la publicité nécessaire à ce communiqué [2].  

Bernard Lugan

19/11/2014

[1] Voir à ce sujet l’interview recueillie par Pierre Péan intitulée « J’ai assisté à la préparation de l’attentat qui a déclenché le génocide » (Marianne numéro du 28 mars au 3 avril 2014). Pour l'état des connaissances, on se reportera à B. Lugan ( 2013 )Rwanda: un génocide en questions. Le Rocher.

[2] Ils pourront également visionner un documentaire de la BBC qui, pour la première fois, présente une analyse objective du génocide du Rwanda et des vraies responsabilités concernant son déclenchement : Rwanda's Untold Story http://vimeo.com/ %20ou  ou ici  http://www.france-rwanda.info/2014/11/sous-titrage-francais-du-film-rwanda-s-untold-story.html

 
PLANIFICATION DU GÉNOCIDE AU RWANDA
19-11-2014
Deux historiens, experts auprès du TPIR, André Guichaoua et Bernard Lugan, s'appuyant sur les données recueilles par le tribunal et sur ses jugements, arrivent à la même conclusion: le génocide rwandais n'a pas été planifié.
Il faudra bien qu'un jour, le FPR rende des compte devant la justice internationale.
 
  André Guichaoua (233 KB)
 
RWANDA'S UNTOLD STORY.
19-11-2014
La BBC vient de diffuser un remarquable documentaire sur le génocide et de s'attirer du même coup les foudres du régime de Kigali, ce qui prouve qu'il a visé juste.
Si vous vous voulez visionner ce film, cliquez sur le lien ci-dessous qui nous est fourni par la "Tribune franco-rwandaise".
 
 
UN COLLOQUE QUI S'ANNONCE PASSIONNANT.
10-11-2014

LA DESINFORMATION HISTORIQUE.

   UN CAS D’ECOLE : LE RWANDA

  Colloque organisé le lundi 17 novembre, à 20 heures, à la Maison des Mines

270 rue Saint Jacques (75005, métro port Royal) par l’Association pour l’Histoire

     Au printemps 1994, la tragédie rwandaise voyait le massacre généralisé de la minorité tutsie, aboutissement d’une confrontation ethnique apparue lors de l’accès à l’indépendance. Entretenue par les Tutsis du FPR réfugiés en Ouganda, la guerre contre le pouvoir hutu installé à Kigali a vu la France intervenir au profit de celui-ci, puis se poser en arbitre pour que s’impose une solution négociée, acquise à la veille du déclenchement du génocide mais remise en cause après la destruction de l’avion du président Habyarimana. Alors que la « communauté internationale », médusée par les violences et les massacres qui suivent,  demeure passive, seule la France intervient, dans des conditions extrêmement difficiles,  pour s’interposer et stabiliser la situation. Elle contribue ainsi à l’arrêt des massacres et à l’évacuation vers le Zaïre voisin  des populations menacées de représailles. Unanimement saluée à cette époque, l’intervention française fait, au fil des années suivantes, l’objet  d’une campagne de dénigrement et de  dénonciation visant à accuser notre Armée de complicité dans les massacres survenus. Certains journalistes à la déontologie incertaine  et quelques hommes politiques – un Bernard Kouchner par exemple – s’efforcent d’accréditer les fables entretenues à ce sujet, au service d’intérêts que l’Histoire à venir identifiera sans doute alors que les investigations engagées depuis ces dramatiques événements démontrent la part de responsabilité  des actuels dirigeants de Kigali dans le déclenchement des massacres…

    Animée par Philippe Conrad, l’Association pour l’Histoire - qui se consacre à la défense et à la promotion des savoirs historiques  en un temps où le contrôle des mémoires est devenu un enjeu de pouvoir - revient sur cette question douloureuse à l’occasion d’un colloque organisé le lundi 17 novembre, à 20 heures,  à la Maison des Mines, 270 rue Saint Jacques 75005 métro Port Royal

  Cette soirée verra notamment l’intervention du général Jean Claude Lafourcade, qui commandait l’opération Turquoise en 1994, du colonel Jacques Hogard qui fut l’un des acteurs de terrain de l’opération et de Bernard Lugan, historien africaniste, expert au tribunal d’Arusha et auteur de plusieurs ouvrages  sur la question, qui replacera  la tragédie de 1994 et les débats qu’elle engendre dans la longue durée historique.

 
"UN HOMME QUI POSE LES BONNES QUESTIONS"
22-09-2014

"Les massacres du Rwanda 20 plus tard. À la recherche de la vérité.   par André Sirois  - Mondialisation.ca, 18 avril 2014

L’auteur est avocat et fonctionnaire de l’ONU, André Sirois a notamment contribué à mettre sur pied le Tribunal international pour le Rwanda de 1995 à 1997.

L’anniversaire des massacres du Rwanda devrait être enfin l’occasion de revoir la version des faits partisane et mensongère que, bien souvent pour des raisons inavouables, l’on tente de nous imposer depuis 20 ans. J’ai participé à la mise sur pied du Tribunal international pour le Rwanda de 1995 à 1997 et depuis, je suis étonné de voir la facilité avec laquelle est acceptée une version qui devrait être critiquée très sévèrement. Il est impossible d’entreprendre de corriger ou de questionner ici toute la masse d’informations fausses que l’on nous assène ainsi. Je voudrais cependant indiquer quelques questions de fond que l’on devrait se poser à la lecture d’un texte au sujet des massacres du Rwanda.

Combien y a-t-il eu véritablement de victimes? 800 000 ou un million? Si l’auteur utilise un de ces chiffres, il faut s’inquiéter tout de suite : cela veut dire qu’il n’a fait que reprendre n’importe quoi sans rien vérifier ni critiquer. On ne connaît pas le nombre de victimes; personne n’a jamais pu l’établir. Depuis 20 ans, à tous ceux qui me mentionnent un chiffre à ce sujet, je demande méthodiquement d’où ils le tiennent. Il est impossible d’avoir une réponse.

La seule explication qui semble assez près de la réalité, c’est que, pendant les massacres, un employé de la Croix-Rouge internationale a fait un calcul approximatif des personnes disparues de son agglomération, Hutus et Tutsis confondus, puis il a fait une extrapolation pour l’ensemble du pays qui l’a amené à dire qu’il pourrait y avoir eu à ce moment-là environ 200 000 morts au Rwanda.

Quelques jours plus tard, le ministre des Affaires étrangères d’Allemagne affirmait qu’il y en avait 500 000. Personne n’a jamais pu savoir d’où il tenait ce chiffre. Puis, des ONG américaines –pour amener le gouvernement américain à parler de génocide, ce qui, en droit américain, l’aurait obligé à intervenir– ont commencé à affirmer qu’il y avait un million, non pas de disparus de toutes origines, mais un million de victimes tutsies.

En arrivant à Kigali un peu plus tard, je me suis mis à demander d’où venait ce chiffre; personne n’a jamais pu me répondre et beaucoup voyaient dans ma question un manque de respect pour les victimes et une expression de sympathie envers les génocidaires.

Je considérais, et je considère encore, que dans cette affaire, la vérité est déjà assez monstrueuse et terrible –une seule innocente victime est une victime de trop– et je craignais qu’en répétant n’importe quoi le Tribunal mette en jeu sa crédibilité.

On a fini par démontrer qu’il était absolument impossible qu’il y ait eu un million de victimes tutsies et on s’est alors rabattu sur le chiffre tout aussi fictif de 800 000. Rappelons que les experts estiment que la population du Rwanda était de 6 à 7,5 millions de personnes; les Tutsis constituaient de 10 à 15% de ce nombre, c’est-à-dire qu’ils étaient de 600 000 à 1 125 000 personnes.

C’est clair qu’il ne peut y avoir eu un million de victimes et probablement pas 800 000 non plus si on tient compte des survivants au Rwanda et à l’étranger ainsi que des morts naturelles et accidentelles. Donc, prudence si votre interlocuteur utilise ce chiffre fictif, voire fantaisiste.

Autre question : pourquoi le Tribunal international pour le Rwanda n’a-t-il jamais enquêté sur l’attentat commis contre l’avion présidentiel qui a déclenché les massacres que l’on connaît? C’était bien à l’intérieur de son mandat pourtant. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait?

Ou plus exactement, pourquoi, après avoir finalement demandé à l’enquêteur Michael Hourigan de faire cette enquête, la Procureure du Tribunal, Louise Arbour, a-t-elle enterré son rapport et a-t-elle mis fin à l’enquête? Pourquoi enquêter sur tous les massacres du Rwanda et refuser des rechercher les responsables de l’attentat qui en est la cause? C’est tout à l’honneur de la France d’avoir tenté de le faire.

Pourquoi le Tribunal n’a-t-il jamais fait de véritable enquête sur les atrocités commises par les Tutsis ougandais, le Front patriotique rwandais (FPR)? Poser la question, c’est y répondre.

Dès mon arrivée au Rwanda, voyant l’ingérence ouverte du FPR et de certaines ONG américaines dans le travail d’enquête et de mise en accusation du Tribunal, j’en suis venu à la conclusion –et je l’ai annoncée–que dès que nous commencerions à enquêter sur les atrocités du FPR, nous serions chanceux si on nous permettait de nous rendre à l’aéroport pour quitter le pays.

Or quand Carla del Ponte a voulu entreprendre ce type d’enquêtes, elle a été contrainte de venir à Kigali présenter des excuses à Kagamé, et elle a finalement perdu son poste de Procureure du Tribunal.

S’agissant des deux questions qui précèdent, il faut bien garder à l’esprit que le gouvernement rwandais s’est opposé vivement et très officiellement à la création du Tribunal par les Nations Unies. Qu’avait-il à craindre de la création d’un tel tribunal? N’était-ce pas ce que la communauté internationale pouvait faire de mieux pour les victimes et les familles de victimes? De même, et il s’est toujours opposé aussi à toute enquête sur l’écrasement de l’avion présidentiel.

Pourquoi, s’il n’a rien à se reprocher, et si, comme il le dit, les responsables sont des hutus? L’écrasement de l’avion présidentiel et les atrocités du FPR constituent deux sujets d’enquête légitimes, intéressants, essentiels même pour établir l’entière vérité sur ce qui s’est passé alors.

Le gouvernement rwandais de Kagamé a préféré entreprendre une campagne de culpabilisation de la communauté internationale, qui lui est beaucoup plus profitable financièrement : qui peut expliquer en quoi juridiquement la communauté internationale aurait le devoir de payer pour des crimes commis par des Rwandais – et des Tutsis ougandais – contre des Rwandais?

Il faut bien voir que dans ces décisions diplomatiques et dans ces procès médiatisés, les victimes et les familles de victimes comptent très peu ou pas du tout. Je l’ai dit à des familles de victimes avant de quitter le Rwanda (j’étais l’un des seuls employés du Tribunal à avoir des contacts directs et soutenus avec les familles de victimes): comme personne ne peut ressusciter les victimes, ni établir la vérité ou punir les vrais coupables, les familles des victimes auraient dû demander l’abolition du Tribunal qui n’était qu’un tremplin pour carriéristes et qu’un écran de fumée masquant d’inavouables intrigues de politique internationale.

Même les accusés comptaient très peu dans ce spectacle. On en a eu une belle preuve avec le bourgmestre de Taba Jean-Paul Akayesu. Il a eu la malchance d’être lepremier accusé à passer devant le Tribunal, alors que depuis déjà trop longtemps, les États membres de l’ONU, après y avoir englouti plus de 350 millions de dollars selon certains, demandaient des résultats. Or pour un Tribunal, des résultats, c’est des procès et, de préférence, au moins une condamnation.

Plus on avançait dans le temps, plus on investissait, moins la présomption d’innocence avait d’importance. Le malheureux Akayesu a été condamné à l’emprisonnement à vie sur la foi de déclarations de témoins « instantanés » qui sont apparus trois ans et demi après les faits, et ce, après que l’enquête à Taba – à laquelle j’ai participé – eut permis de voir que les témoins présentés comme témoins à charge se contredisaient, n’avaient rien à dire ou même le défendaient.

J’ajouterai que lorsque j’étais au Tribunal, nous savions que pour 25 $, n’importe qui pouvait s’offrir une brigade de six faux témoins qui viendraient raconter n’importe quoi aux enquêteurs et peut-être même aux juges. Très utile pour qui veut se débarrasser d’un rival ou d’un concurrent.

À qui profite le crime? Dans cette affaire, il profite à des Tutsis de l’Ouganda qui, trois ou quatre générations plus tard, « reviennent » au Rwanda en libérateurs, en envahisseurs ou en occupants. Cela pose de graves questions de droit international.

C’est comme si, en 1945, au moment de la Libération, les soldats canadiens-français, se prévalant de leurs origines et du fait qu’ils libéraient la France, avaient proclamé qu’ils « revenaient » dans ce pays et y avaient imposé leur administration.

La question se pose alors pour les Rwandais comme pour nous tous de savoir quels sont les droits d’une armée d’étrangers qui vient « libérer » un pays, ou sauver une minorité à l’intérieur d’un pays, et qu’elle en prend le contrôle? Cette armée a-t-elle le droit de prendre le pouvoir et de s’y installer indéfiniment? Sinon, pendant combien de temps?

Quelques exemples viennent à l’esprit: la question s’est posée aux Américains et aux Alliés lors de la libération de la France, comme le confirment des documents rendus publics récemment. Étaient-ils une armée de conquérants ou une armée de libérateurs? Ils ont choisi d’être des libérateurs puis sont rentrés chez eux.

Le même problème s’est posé aux Vietnamiens lorsqu’ils sont allés délivrer les Cambodgiens des Khmers rouges. Ils sont ensuite retournés dans leur pays.

À Kigali, après 20 ans d’occupation, les « libérateurs » ougandais eux ne parlent pas de rentrer dans leur pays et personne ne se risque à leur poser la question. Outre les victimes des massacres de 1994, il y a aussi les victimes actuelles : les Tutsis et les Hutus du Rwanda qui n’ont plus un mot à dire chez eux parce que s’ils parlent, on les accusera d’avoir survécu par complicité avec les génocidaires.

 
SAINT DALLAIRE
27-08-2014

Dans Le Huffington Post, le journaliste québécois Bernard Desgagné trace un portrait au vitriol du général Roméo Dallaire et met au passage à mal un certain nombre de mythes et de mensonges bâtis par un enfumage de vingt ans

cliquez ici : Saint Dallaire (417 KB)

 
Par-delà le Génocide
27-08-2014

 

Date de publication: 25 mars 2014

Cette année 2014 marque les 20 ans du funeste Génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda. Nouvelle occasion de commémorer tous les Rwandais morts dans l'injustice la plus totale. Occasion, précisément, de rappeler que plusieurs dizaines de milliers d'entre eux ont été les victimes de violences meurtrières commises en parallèle au Génocide entre 1990 et 2000. L'Armée patriotique rwandaise de l'actuel président Paul Kagame en fut la première responsable, assistée dans bien des cas par des civils Tutsi rescapés du Génocide ou fraîchement rapatriés. Avec deux décennies de recul, dix-sept témoins ou victimes de ces tueries décrites pour beaucoup comme systématiques et planifiées partagent leurs états d'âmes. En autant de récits précis, poignants, effrayants. Ils ont saisi la chance qui leur était offerte de raconter à la face du monde l'autre histoire récente du Rwanda, celle que les autorités voudraient pouvoir effacer. Il reste urgent, aujourd'hui, de dire toute la vérité pour entrevoir la réconciliation.

Journaliste de métier, Grégoire DURUZ a multiplié les séjour à l’étranger . Il a notamment résidé au Rwanda de 2009 à 2013 où il a travaillé pour plusieurs ONG internationales en se spécialisant dans mes domaines des droits humains et de l’éducation en situation post-conflit. Chercheur passionné d’histoire, Grégoire Duruz est détenteur d’une licence en sciences politiques et d’un master en gestion-transformation des conflits.

Dans cet ouvrage, outre les dix-sept récits poignants de familles qui, croyant trouver leur salut dans l’arrivée du FPR, en ont été victimes, Grégoire DURUZ propose une étude particulièrement documentée sur les crimes de guerre  - et sur les méthodes de camouflage de ces crimes - commis par le FPR sur la population rwandaise – indifféremment hutu ou tutsi  - depuis octobre 1990, début d’un conflit qui a ensanglanté  et ensanglante encore aujourd’hui les Grands Lacs

 
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