http://www.france-turquoise.fr
 
DISPARITION D'UN TÉMOIN GÉNANT: "L'AFRIQUE RÉELLE" S'ÉTONNE.
20-11-2014
 Question à Madame Taubira, garde des Sceaux et ministre de la Justice : comment la justice française va t-elle réagir alors qu'à la veille d'être interrogés, les témoins du juge Trévidic sont "liquidés"?

Deux témoins du juge Trévidic ne témoigneront plus. Le colonel Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements extérieurs de Paul Kagamé prétendait prouver au juge l'implication de ce dernier, dans l'assassinat du président Habyarimana; il fut étranglé le 31 décembre 2013 dans sa chambre d’hôtel de Johannesburg. Emile Gafarita, l'un des trois membres du FPR qui transportèrent depuis l'Ouganda jusqu'à Kigali les missiles qui abattirent l'avion du président Habyarimana a été enlevé à Nairobi le 13 novembre 2014. Il n'a pas réapparu depuis.

Tous deux étaient à la veille d'être auditionnés par les juges Trévidic et Poux qui enquêtent sur l'attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Habyarimana, assassinat qui fut le déclencheur du génocide du Rwanda.

Après le meurtre de Patrick Karegeya, le général Kagamé avait prévenu : "Celui qui trahit son pays, celui qui trahit le Rwanda, quel qu'il soit, ne peut pas s'en sortir sans payer le prix". 

La semonce était claire et nul ne pouvait ignorer que la vie d'Emile Gafarita serait menacée si sa volonté de témoigner contre son ancien chef venait à être connue. Dans une procédure de réouverture d'instruction, le résumé de ce qu'il allait dire au juge étant en théorie normalement accessible aux avocats, le général Kagamé avait bien conscience des conséquences mortelles de telles déclarations pour son régime.

Malgré cela, la justice française a été incapable de protéger ce témoin essentiel puisque ses ravisseurs ont été prévenus qu'il était depuis quelques semaines à Nairobi où il vivait clandestinement sous un nom d'emprunt dans l'attente de son départ pour la France afin d'y être entendu par le juge Trévidic.  

Qui a livré l'adresse secrète d'Emile Gafarita à ses ravisseurs, se rendant ainsi complice d'enlèvement, probablement de torture et peut-être d'assassinat? La convocation à comparaître devant le juge Trévidic est en effet directement arrivée chez son avocat français chez qui il était domicilié, or, ne connaissant pas son adresse au Kenya, ce dernier lui a transmis la convocation du juge par mail. 

Une enquête administrative s'impose car il n'existe que trois hypothèses:

1) Celle d'une fuite au niveau du cabinet du juge,

2) Celle d'une interception des communications de l'avocat français par les ravisseurs,

3) Celle d'une fuite au niveau de l'ambassade France à Nairobi, cette dernière étant probablement chargée d'organiser le voyage du témoin.

Dans son livre "La France dans la terreur rwandaise" (Editions Duboiris, 2014, page 302), le journaliste Onana rapporte de graves propos tenus par le colonel Karegeya peu avant son assassinat: " (...) tout ce que fait votre juge (Trévidic) se trouve dans les médias, même les noms des témoins qui peuvent ainsi être retournés par Kigali ou assassinés". 

L'affaire qui est gravissime n'est plus du niveau du juge Trévidic, mais de celui de Madame Taubira et du Quai d'Orsay. La France peut-elle en effet, et cela sans réagir, laisser ainsi "liquider" des témoins qui s'apprêtent à parler à un juge anti-terroriste ? Le silence des autorités françaises étant à ce jour assourdissant, la question doit être posée; compte tenu de la gravité de l'évènement, il serait logique qu'elle le soit par des députés. 

Même si l'enlèvement d'Emile Gafarita porte un coup très sévère à la crédibilité de la lutte anti-terroriste française, il n'anéantit pas pour autant l'instruction en cours sur l'attentat du 6 avril 1994.

Le juge Trévidic qui a succédé au juge Bruguière en 2007 n'est en effet pas désarmé car son dossier contient les nombreux éléments rassemblés par son prédécesseur: témoignages, numéros de série des missiles (respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835) qui faisaient  partie d’un lot de 40 missiles SA 16 IGLA livrés par l'URSS à l’armée ougandaise quelques années auparavant, lieu du tir des missiles, marque et couleur des véhicules utilisés pour transporter ces derniers depuis l’Ouganda jusqu’au casernement de l’APR situé au centre de Kigali et de là jusqu’au lieu de tir à travers les lignes de l’armée rwandaise, ainsi que le déroulé de l’action. Emile Gafirata, le témoin enlevé à Nairobi allait  raconter au juge comment il avait véhiculé ces missiles depuis l’Ouganda.

En juillet 2013 puis en janvier 2014, le juge Trévidic a pu interroger Jean-Marie Micombero, ancien secrétaire général au ministère rwandais de la Défense et qui, le 6 avril 1994, était affecté à une section chargée du renseignement dépendant directement de Paul Kagamé ; le témoin  lui a donné les noms des deux membres de l'armée de Paul Kagamé qui, le 6 avril 1994, tirèrent les deux missiles qui abattirent l’avion présidentiel. Il a également livré nombre de détails sur les préparatifs et sur le déroulement de l’attentat [1]. Ces déclarations recoupaient en les confirmant celles recueillies en leur temps par le juge Bruguière auprès d’autres témoins.

Relais constant des thèses du régime de Kigali, la presse française n'a fait aucun écho au scandale judiciaire et humain que constitue l'enlèvement d'Emile Gafirata venant après l'assassinat du colonel Karegeya. C'est pourquoi j'invite les lecteurs de ce blog à donner toute la publicité nécessaire à ce communiqué [2].  

Bernard Lugan

19/11/2014

[1] Voir à ce sujet l’interview recueillie par Pierre Péan intitulée « J’ai assisté à la préparation de l’attentat qui a déclenché le génocide » (Marianne numéro du 28 mars au 3 avril 2014). Pour l'état des connaissances, on se reportera à B. Lugan ( 2013 )Rwanda: un génocide en questions. Le Rocher.

[2] Ils pourront également visionner un documentaire de la BBC qui, pour la première fois, présente une analyse objective du génocide du Rwanda et des vraies responsabilités concernant son déclenchement : Rwanda's Untold Story http://vimeo.com/ %20ou  ou ici  http://www.france-rwanda.info/2014/11/sous-titrage-francais-du-film-rwanda-s-untold-story.html

 
PLANIFICATION DU GÉNOCIDE AU RWANDA
19-11-2014
Deux historiens, experts auprès du TPIR, André Guichaoua et Bernard Lugan, s'appuyant sur les données recueilles par le tribunal et sur ses jugements, arrivent à la même conclusion: le génocide rwandais n'a pas été planifié.
Il faudra bien qu'un jour, le FPR rende des compte devant la justice internationale.
 
  André Guichaoua (233 KB)
 
RWANDA'S UNTOLD STORY.
19-11-2014
La BBC vient de diffuser un remarquable documentaire sur le génocide et de s'attirer du même coup les foudres du régime de Kigali, ce qui prouve qu'il a visé juste.
Si vous vous voulez visionner ce film, cliquez sur le lien ci-dessous qui nous est fourni par la "Tribune franco-rwandaise".
 
 
UN COLLOQUE QUI S'ANNONCE PASSIONNANT.
10-11-2014

LA DESINFORMATION HISTORIQUE.

   UN CAS D’ECOLE : LE RWANDA

  Colloque organisé le lundi 17 novembre, à 20 heures, à la Maison des Mines

270 rue Saint Jacques (75005, métro port Royal) par l’Association pour l’Histoire

     Au printemps 1994, la tragédie rwandaise voyait le massacre généralisé de la minorité tutsie, aboutissement d’une confrontation ethnique apparue lors de l’accès à l’indépendance. Entretenue par les Tutsis du FPR réfugiés en Ouganda, la guerre contre le pouvoir hutu installé à Kigali a vu la France intervenir au profit de celui-ci, puis se poser en arbitre pour que s’impose une solution négociée, acquise à la veille du déclenchement du génocide mais remise en cause après la destruction de l’avion du président Habyarimana. Alors que la « communauté internationale », médusée par les violences et les massacres qui suivent,  demeure passive, seule la France intervient, dans des conditions extrêmement difficiles,  pour s’interposer et stabiliser la situation. Elle contribue ainsi à l’arrêt des massacres et à l’évacuation vers le Zaïre voisin  des populations menacées de représailles. Unanimement saluée à cette époque, l’intervention française fait, au fil des années suivantes, l’objet  d’une campagne de dénigrement et de  dénonciation visant à accuser notre Armée de complicité dans les massacres survenus. Certains journalistes à la déontologie incertaine  et quelques hommes politiques – un Bernard Kouchner par exemple – s’efforcent d’accréditer les fables entretenues à ce sujet, au service d’intérêts que l’Histoire à venir identifiera sans doute alors que les investigations engagées depuis ces dramatiques événements démontrent la part de responsabilité  des actuels dirigeants de Kigali dans le déclenchement des massacres…

    Animée par Philippe Conrad, l’Association pour l’Histoire - qui se consacre à la défense et à la promotion des savoirs historiques  en un temps où le contrôle des mémoires est devenu un enjeu de pouvoir - revient sur cette question douloureuse à l’occasion d’un colloque organisé le lundi 17 novembre, à 20 heures,  à la Maison des Mines, 270 rue Saint Jacques 75005 métro Port Royal

  Cette soirée verra notamment l’intervention du général Jean Claude Lafourcade, qui commandait l’opération Turquoise en 1994, du colonel Jacques Hogard qui fut l’un des acteurs de terrain de l’opération et de Bernard Lugan, historien africaniste, expert au tribunal d’Arusha et auteur de plusieurs ouvrages  sur la question, qui replacera  la tragédie de 1994 et les débats qu’elle engendre dans la longue durée historique.

 
"UN HOMME QUI POSE LES BONNES QUESTIONS"
22-09-2014

"Les massacres du Rwanda 20 plus tard. À la recherche de la vérité.   par André Sirois  - Mondialisation.ca, 18 avril 2014

L’auteur est avocat et fonctionnaire de l’ONU, André Sirois a notamment contribué à mettre sur pied le Tribunal international pour le Rwanda de 1995 à 1997.

L’anniversaire des massacres du Rwanda devrait être enfin l’occasion de revoir la version des faits partisane et mensongère que, bien souvent pour des raisons inavouables, l’on tente de nous imposer depuis 20 ans. J’ai participé à la mise sur pied du Tribunal international pour le Rwanda de 1995 à 1997 et depuis, je suis étonné de voir la facilité avec laquelle est acceptée une version qui devrait être critiquée très sévèrement. Il est impossible d’entreprendre de corriger ou de questionner ici toute la masse d’informations fausses que l’on nous assène ainsi. Je voudrais cependant indiquer quelques questions de fond que l’on devrait se poser à la lecture d’un texte au sujet des massacres du Rwanda.

Combien y a-t-il eu véritablement de victimes? 800 000 ou un million? Si l’auteur utilise un de ces chiffres, il faut s’inquiéter tout de suite : cela veut dire qu’il n’a fait que reprendre n’importe quoi sans rien vérifier ni critiquer. On ne connaît pas le nombre de victimes; personne n’a jamais pu l’établir. Depuis 20 ans, à tous ceux qui me mentionnent un chiffre à ce sujet, je demande méthodiquement d’où ils le tiennent. Il est impossible d’avoir une réponse.

La seule explication qui semble assez près de la réalité, c’est que, pendant les massacres, un employé de la Croix-Rouge internationale a fait un calcul approximatif des personnes disparues de son agglomération, Hutus et Tutsis confondus, puis il a fait une extrapolation pour l’ensemble du pays qui l’a amené à dire qu’il pourrait y avoir eu à ce moment-là environ 200 000 morts au Rwanda.

Quelques jours plus tard, le ministre des Affaires étrangères d’Allemagne affirmait qu’il y en avait 500 000. Personne n’a jamais pu savoir d’où il tenait ce chiffre. Puis, des ONG américaines –pour amener le gouvernement américain à parler de génocide, ce qui, en droit américain, l’aurait obligé à intervenir– ont commencé à affirmer qu’il y avait un million, non pas de disparus de toutes origines, mais un million de victimes tutsies.

En arrivant à Kigali un peu plus tard, je me suis mis à demander d’où venait ce chiffre; personne n’a jamais pu me répondre et beaucoup voyaient dans ma question un manque de respect pour les victimes et une expression de sympathie envers les génocidaires.

Je considérais, et je considère encore, que dans cette affaire, la vérité est déjà assez monstrueuse et terrible –une seule innocente victime est une victime de trop– et je craignais qu’en répétant n’importe quoi le Tribunal mette en jeu sa crédibilité.

On a fini par démontrer qu’il était absolument impossible qu’il y ait eu un million de victimes tutsies et on s’est alors rabattu sur le chiffre tout aussi fictif de 800 000. Rappelons que les experts estiment que la population du Rwanda était de 6 à 7,5 millions de personnes; les Tutsis constituaient de 10 à 15% de ce nombre, c’est-à-dire qu’ils étaient de 600 000 à 1 125 000 personnes.

C’est clair qu’il ne peut y avoir eu un million de victimes et probablement pas 800 000 non plus si on tient compte des survivants au Rwanda et à l’étranger ainsi que des morts naturelles et accidentelles. Donc, prudence si votre interlocuteur utilise ce chiffre fictif, voire fantaisiste.

Autre question : pourquoi le Tribunal international pour le Rwanda n’a-t-il jamais enquêté sur l’attentat commis contre l’avion présidentiel qui a déclenché les massacres que l’on connaît? C’était bien à l’intérieur de son mandat pourtant. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait?

Ou plus exactement, pourquoi, après avoir finalement demandé à l’enquêteur Michael Hourigan de faire cette enquête, la Procureure du Tribunal, Louise Arbour, a-t-elle enterré son rapport et a-t-elle mis fin à l’enquête? Pourquoi enquêter sur tous les massacres du Rwanda et refuser des rechercher les responsables de l’attentat qui en est la cause? C’est tout à l’honneur de la France d’avoir tenté de le faire.

Pourquoi le Tribunal n’a-t-il jamais fait de véritable enquête sur les atrocités commises par les Tutsis ougandais, le Front patriotique rwandais (FPR)? Poser la question, c’est y répondre.

Dès mon arrivée au Rwanda, voyant l’ingérence ouverte du FPR et de certaines ONG américaines dans le travail d’enquête et de mise en accusation du Tribunal, j’en suis venu à la conclusion –et je l’ai annoncée–que dès que nous commencerions à enquêter sur les atrocités du FPR, nous serions chanceux si on nous permettait de nous rendre à l’aéroport pour quitter le pays.

Or quand Carla del Ponte a voulu entreprendre ce type d’enquêtes, elle a été contrainte de venir à Kigali présenter des excuses à Kagamé, et elle a finalement perdu son poste de Procureure du Tribunal.

S’agissant des deux questions qui précèdent, il faut bien garder à l’esprit que le gouvernement rwandais s’est opposé vivement et très officiellement à la création du Tribunal par les Nations Unies. Qu’avait-il à craindre de la création d’un tel tribunal? N’était-ce pas ce que la communauté internationale pouvait faire de mieux pour les victimes et les familles de victimes? De même, et il s’est toujours opposé aussi à toute enquête sur l’écrasement de l’avion présidentiel.

Pourquoi, s’il n’a rien à se reprocher, et si, comme il le dit, les responsables sont des hutus? L’écrasement de l’avion présidentiel et les atrocités du FPR constituent deux sujets d’enquête légitimes, intéressants, essentiels même pour établir l’entière vérité sur ce qui s’est passé alors.

Le gouvernement rwandais de Kagamé a préféré entreprendre une campagne de culpabilisation de la communauté internationale, qui lui est beaucoup plus profitable financièrement : qui peut expliquer en quoi juridiquement la communauté internationale aurait le devoir de payer pour des crimes commis par des Rwandais – et des Tutsis ougandais – contre des Rwandais?

Il faut bien voir que dans ces décisions diplomatiques et dans ces procès médiatisés, les victimes et les familles de victimes comptent très peu ou pas du tout. Je l’ai dit à des familles de victimes avant de quitter le Rwanda (j’étais l’un des seuls employés du Tribunal à avoir des contacts directs et soutenus avec les familles de victimes): comme personne ne peut ressusciter les victimes, ni établir la vérité ou punir les vrais coupables, les familles des victimes auraient dû demander l’abolition du Tribunal qui n’était qu’un tremplin pour carriéristes et qu’un écran de fumée masquant d’inavouables intrigues de politique internationale.

Même les accusés comptaient très peu dans ce spectacle. On en a eu une belle preuve avec le bourgmestre de Taba Jean-Paul Akayesu. Il a eu la malchance d’être lepremier accusé à passer devant le Tribunal, alors que depuis déjà trop longtemps, les États membres de l’ONU, après y avoir englouti plus de 350 millions de dollars selon certains, demandaient des résultats. Or pour un Tribunal, des résultats, c’est des procès et, de préférence, au moins une condamnation.

Plus on avançait dans le temps, plus on investissait, moins la présomption d’innocence avait d’importance. Le malheureux Akayesu a été condamné à l’emprisonnement à vie sur la foi de déclarations de témoins « instantanés » qui sont apparus trois ans et demi après les faits, et ce, après que l’enquête à Taba – à laquelle j’ai participé – eut permis de voir que les témoins présentés comme témoins à charge se contredisaient, n’avaient rien à dire ou même le défendaient.

J’ajouterai que lorsque j’étais au Tribunal, nous savions que pour 25 $, n’importe qui pouvait s’offrir une brigade de six faux témoins qui viendraient raconter n’importe quoi aux enquêteurs et peut-être même aux juges. Très utile pour qui veut se débarrasser d’un rival ou d’un concurrent.

À qui profite le crime? Dans cette affaire, il profite à des Tutsis de l’Ouganda qui, trois ou quatre générations plus tard, « reviennent » au Rwanda en libérateurs, en envahisseurs ou en occupants. Cela pose de graves questions de droit international.

C’est comme si, en 1945, au moment de la Libération, les soldats canadiens-français, se prévalant de leurs origines et du fait qu’ils libéraient la France, avaient proclamé qu’ils « revenaient » dans ce pays et y avaient imposé leur administration.

La question se pose alors pour les Rwandais comme pour nous tous de savoir quels sont les droits d’une armée d’étrangers qui vient « libérer » un pays, ou sauver une minorité à l’intérieur d’un pays, et qu’elle en prend le contrôle? Cette armée a-t-elle le droit de prendre le pouvoir et de s’y installer indéfiniment? Sinon, pendant combien de temps?

Quelques exemples viennent à l’esprit: la question s’est posée aux Américains et aux Alliés lors de la libération de la France, comme le confirment des documents rendus publics récemment. Étaient-ils une armée de conquérants ou une armée de libérateurs? Ils ont choisi d’être des libérateurs puis sont rentrés chez eux.

Le même problème s’est posé aux Vietnamiens lorsqu’ils sont allés délivrer les Cambodgiens des Khmers rouges. Ils sont ensuite retournés dans leur pays.

À Kigali, après 20 ans d’occupation, les « libérateurs » ougandais eux ne parlent pas de rentrer dans leur pays et personne ne se risque à leur poser la question. Outre les victimes des massacres de 1994, il y a aussi les victimes actuelles : les Tutsis et les Hutus du Rwanda qui n’ont plus un mot à dire chez eux parce que s’ils parlent, on les accusera d’avoir survécu par complicité avec les génocidaires.

 
SAINT DALLAIRE
27-08-2014

Dans Le Huffington Post, le journaliste québécois Bernard Desgagné trace un portrait au vitriol du général Roméo Dallaire et met au passage à mal un certain nombre de mythes et de mensonges bâtis par un enfumage de vingt ans

cliquez ici : Saint Dallaire (417 KB)

 
Par-delà le Génocide
27-08-2014

 

Date de publication: 25 mars 2014

Cette année 2014 marque les 20 ans du funeste Génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda. Nouvelle occasion de commémorer tous les Rwandais morts dans l'injustice la plus totale. Occasion, précisément, de rappeler que plusieurs dizaines de milliers d'entre eux ont été les victimes de violences meurtrières commises en parallèle au Génocide entre 1990 et 2000. L'Armée patriotique rwandaise de l'actuel président Paul Kagame en fut la première responsable, assistée dans bien des cas par des civils Tutsi rescapés du Génocide ou fraîchement rapatriés. Avec deux décennies de recul, dix-sept témoins ou victimes de ces tueries décrites pour beaucoup comme systématiques et planifiées partagent leurs états d'âmes. En autant de récits précis, poignants, effrayants. Ils ont saisi la chance qui leur était offerte de raconter à la face du monde l'autre histoire récente du Rwanda, celle que les autorités voudraient pouvoir effacer. Il reste urgent, aujourd'hui, de dire toute la vérité pour entrevoir la réconciliation.

Journaliste de métier, Grégoire DURUZ a multiplié les séjour à l’étranger . Il a notamment résidé au Rwanda de 2009 à 2013 où il a travaillé pour plusieurs ONG internationales en se spécialisant dans mes domaines des droits humains et de l’éducation en situation post-conflit. Chercheur passionné d’histoire, Grégoire Duruz est détenteur d’une licence en sciences politiques et d’un master en gestion-transformation des conflits.

Dans cet ouvrage, outre les dix-sept récits poignants de familles qui, croyant trouver leur salut dans l’arrivée du FPR, en ont été victimes, Grégoire DURUZ propose une étude particulièrement documentée sur les crimes de guerre  - et sur les méthodes de camouflage de ces crimes - commis par le FPR sur la population rwandaise – indifféremment hutu ou tutsi  - depuis octobre 1990, début d’un conflit qui a ensanglanté  et ensanglante encore aujourd’hui les Grands Lacs

 
FRANÇAIS, ON VOUS MENT !
27-08-2014
Lettre ouverte aux journalistes et intellectuels français.
A nouveau, vingt ans après, une voix s'élève pour dénoncer les mensonges qui entourent le drame rwandais. Et cette voix n'est pas des moindres, c'est celle de Théogène Rudasingwa, l'ancien bras droit de Kagamé, commandant des forces armées du FPR, dans une lettre ouverte parue dansCauseur du 12 août 2014. A lire avec attention.

Lettre ouverte aux journalistes et intellectuels français  par Theéogène Rudasingwa – causeur.fr, le 12 août 2014

Vingt ans après le génocide qui a coûté la vie à des centaines de milliers de Tutsi et de Hutu modérés au Rwanda, l’histoire réécrite par Paul Kagamé est en passe de devenir une vérité officielle pour nombre de commentateurs français. Selon le régime rwandais et ses thuriféraires français, l’attentat du 6 avril 1994, au cours duquel l’avion qui ramenait à Kigali le président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira a été abattu, aurait été perpétré par des extrémistes hutu qui cherchaient à empêcher l’application des accords de réconciliation d’Arusha. Ce qui permet de désigner la France, allié du gouvernement de l’époque, comme complice, voire comme responsable du génocide.Comme à leur habitude, nombre de médias, trop heureux de pouvoir alourdir le dossier d’une France criminelle en plus d’être coloniale, se sont rués sur ces allégations.

Rony Brauman s’était déjà insurgé, dans nos colonnes, contre ce récit mensonger qui permet en outre d’exonérer Paul Kagamé. De nombreux éléments indiquent en effet que le Front patriotique rwandais (FPR) et Kagamé sont impliqués dans l’attentat, donc dans le déclenchement du génocide ; quant aux crimes commis depuis par le régime actuel, ils sont avérés. C’est en tout cas la conviction de Théogène Rudasingwa, ancien bras droit de Paul Kagamé, commandant des forces armées du FPR pendant le funeste printemps de 1994. Car comme lui, nous pensons que les victimes ont d’abord droit à la vérité. 

Je tiens tout d’abord à vous dire combien j’ai été touché par la ferveur avec laquelle vous avez commémoré le vingtième anniversaire du génocide et des massacres de 1994, ces temps d’horreur pendant lesquels des Rwandais tuaient des Rwandais…

Mais je tiens aussi à vous dire que je ne comprends pas pourquoi vous n’entendez pas ce que mes amis et moi disons sur l’attentat contre le président Habyarimana, sur l’histoire du Rwanda et sur la nature du régime de Paul Kagamé. Je ne comprends pas davantage vos silences sur le meurtre par strangulation, le 31 décembre 2013, de Patrick Karegeya, et sur la troisième tentative d’assassinat, à Johannesburg, du général Faustin Kayumba Nyamwasa. Même les amis américains de Paul Kagamé ont manifesté leur réprobation…

Je suis tutsi et il vous sera donc difficile de me traiter de révisionniste ou de négationniste, comme vous le faites de tous ceux qui ne partagent pas votre vision de la tragédie rwandaise – sans pour autant nier qu’il y ait eu génocide. J’ai longtemps été proche de Paul Kagamé et même l’un de ses confidents, j’ai fondé avec lui le FPR, j’ai été l’un de ses proches collaborateurs entre 1990 et 1994, secrétaire général du FPR en 1994, j’ai été son directeur de cabinet, son ambassadeur aux États-Unis d’Amérique. Je crois donc disposer d’éléments objectifs et incontestables pour analyser les crimes perpétrés au Rwanda et dans les pays voisins. Je ne comprends donc pas pourquoi vous relayez sans aucun recul le récit construit par Paul Kagamé et ses thuriféraires.

D’abord l’attentat. « Je m’en fous éperdument », a répondu un jour Kagamé à un journaliste qui l’interrogeait sur le facteur déclenchant du génocide.

Lien de l'article http://www.causeur.fr/rwanda-francais-on-vous-ment-28822.html

 
OPÉRATION TURQUOISE, AFFABULATIONS. UNE MISE AU POINT DU GÉNÉRAL LAFOURCADE.
10-07-2014

         Opération Turquoise au Rwanda: amalgames et affabulations.

   L’hebdomadaire Jeune Afrique laisse entendre, dans un article du 1er juillet dernier, qu’au cours du colloque consacré au Rwanda qui s’est tenu au Sénat le 29 juin, François Léotard aurait affirmé que l’opération Turquoise aurait apporté un soutien aux FAR[1], s’opposant ainsi au FPR[2]. Le journal fait un amalgame regrettable entre la période 90/93 pendant laquelle la France a soutenu le régime rwandais et l’opération Turquoise qui a eu lieu de juin à août 1994.

   En tant que commandant de l’opération Turquoise, j’ai participé à la préparation et à la planification de cette opération. Le gouvernement français  a le premier reconnu le génocide et, face à l’inertie des autres grandes puissances, a souhaité y mettre fin pour des raisons humanitaires. Sur proposition de la France, le mandat de la résolution 929 des Nations Unies donnait mission à notre pays de protéger les populations menacées, en employant la force si nécessaire, en toute impartialité, c'est-à-dire aussi bien contre les unités des FAR que contre celles du FPR commettant des massacres et des exactions. Conformément à la volonté du gouvernement français, le mandat fut limité à deux mois .Cela signifiait  que la France n’avait pas l’intention de revenir durablement au Rwanda.

    J’affirme que la Force Turquoise a rigoureusement respecté le mandat d’impartialité fixé par l’ONU, n’apportant aucun soutien aux FAR et désarmant les unités rwandaises se trouvant dans la Zone de Sécurité créée par l’ONU. En revanche, conformément au mandat et au statut démilitarisé de cette zone, Turquoise s’est opposée à toute tentative de pénétration armée du FPR qui pourchassait les populations. Par ailleurs, la force aérienne  a dû effectuer une intervention dissuasive mi-juillet sur le FPR qui bombardait les installations hospitalières de Goma depuis Giseny.

   Contrairement aux affabulations de certains irresponsables et idéologues engagés, François Léotard, dans une interview à RFI le 3 juillet, précise que la feuille de route de Turquoise ordonnait d’éviter la confrontation avec le FPR et qu’aucune offensive sur Kigali n’avait été planifiée. Pour ce qui me concerne, que ce soit pendant la préparation de l’opération ou lors du déploiement de la Force, j’affirme qu’aucun raid sur Kigali ou action contre le FPR n’ont été planifiés et que je n’ai jamais reçu ni donné d’ordres ou de directives pour bloquer le FPR. Tous les documents opérationnels en font foi.

   J’appelle les observateurs et commentateurs à davantage de rigueur dans leurs analyses et à se méfier des témoignages subjectifs et partisans. Je les incite à s’appuyer sur des faits et des documents incontestables, notamment les ordres d’opérations qui engagent les troupes sur le terrain et qui sont à leur disposition.

                Général Jean Claude LAFOURCADE
              
Commandant l'opération Turquoise
                                                            

[1] FAR : forces armées rwandaises (gouvernementales)

[2] FPR : front patriotique rwandais (tutsi)

 
À LIRE, LE LIVRE DU PROFESSEUR REYTJENS.
10-07-2014

Rwanda

Gouverner après le génocide

Traduit par Laurent Bury 

Résumé

Le Rwanda d'après le génocide est loué pour sa bonne gouvernance technocrato-bureaucratique et les performances socio-économiques qui en résultent. En focalisant sur cette gouvernance politique, Filip Reyntjens montre l’autre face de la médaille. Il étudie la façon dont le Front patriotique rwandais (FPR) a pu, après sa victoire militaire en 1994, établir et consolider son hégémonie.
Son pouvoir sans partage repose sur l’élimination de l’opposition et de la société civile, l’organisation d’élections profondément viciées, la promulgation de lois criminalisant les opinions dissidentes et la terreur d’État. Le régime a massacré ses propres citoyens à grande échelle, tant au Rwanda qu’en République démocratique du Congo. Il a marginalisé la majorité hutu, notamment en la déclarant collectivement coupable du génocide des Tutsi. La gestion de l’information a été l’instrument central de ce projet hégémonique : le FPR s’est arrogé le monopole de la vérité sur le passé, le présent et l’avenir du pays, ce qui lui a permis d’affronter le monde avec arrogance et d’imposer la tolérance pour ses propres crimes. La gouvernance politique gravement défectueuse a engendré une grande violence structurelle qui pourrait provoquer de nouveaux conflits au Rwanda et au-delà de ses frontières.

Spécialiste de renommée mondiale de la région des Grands Lacs, Filip Reyntjens, qui a vécu au Rwanda et y a tissé de nombreux liens, est professeur à l’Institut de politique et de gestion du développement (IOB) de l’Université d’Anvers.

Titre Rwanda
Sous-titre Gouverner après le génocide
Édition Première édition
Édité par Laurent Bury
Marque d'éditeur Les Belles Lettres
 
À NE PAS MANQUER, LE DERNIER LIVRE DE CHARLES ONANA.
04-07-2014

 

cliquez ici Description de l'ouvrage (114 KB)

 
UN TEXTE DE GÉRARD LONGUET, ANCIEN MINISTRE DE LA DÉFENSE, À PROPOS DU RWANDA.
04-07-2014

cliquez ici Texte Gérard Longuet (219 KB)

 
LE TÉMOIGNAGE D'UN DE CEUX QUI ONT VÉCU LE DRAME RWANDAIS.
15-06-2014
José De Pinho a été sous-officier dans l'assistance militaire technique au Rwanda jusqu'en avril 1994.Il est aujourd'hui maire d'une petite commune. Mais il n'a pas oublié. Aussi, quand il a lu les mensonges colportés par certains médias, son indignation l'a-t-elle poussé à écrire un livre pour rétablir la vérité qu'il connait bien.
 
 
RWANDA: DES ACCUSATIONS FANTASMATIQUES CONTRE LA FRANCE
21-05-2014

Entretien avec le colonel Hogard de l'Opération Turquoiseparu dans "Causeur" du 13 mai 2014

http://www.causeur.fr/rwanda-kagame-operation-turquoise-hogard-27533.html

 
UN CRIMINEL NOMME KAGAME
20-05-2014

Dans un article paru sous ce titre dans le numéro 13 de Causeur Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, nous livre ses conclusions sans langue de bois.

 

 
RETOUR SUR LE COLLOQUE.
08-05-2014

Chacun s'en souvient, le 1er avril dernier, avait lieu au Sénat un important colloque sur le Rwanda. Notre président, le général Lafourcade y est intervenu. Dans la salle, il y avait également un caricaturiste qui exécuté quelques croquis d'audience et nous les a fait parvenir.

 Vous pouvez les consulter ici Croquis (433 KB)

de même que vous pouvez voir et entendre l'intégralité des interventions en cliquant sur le lien

https://www.youtube.com/channel/UCWNv3PjaW9YtT1bpSVaCRCw/feed

 
<< Début < Précédente 1 2 3 4 5 6 7 Suivante > Fin >>

Résultats 1 - 16 sur 101
Statistiques
Visiteurs: 658663