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Républicain Lorrain 26 mai 2010 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

L’opération Turquoise en détail

Le général Lafourcade a dirigé l’opération Turquoise au Rwanda en 1994. Il l’explique dans son livre.

Presque seize ans se sont écoulés depuis que le général Jean-Claude Lafourcade a dirigé l’opération Turquoise au Rwanda. Il justifie l’écriture tardive d’un ouvrage homonyme par un constat : « Depuis quelque temps, je me suis rendu compte d’un grand décalage entre ce que nous avons vécu là-bas et les légendes véhiculées aujourd’hui. J’ai donc décidé de faire ce livre pour essayer de rétablir la vérité. » Epaulé par le journaliste Guillaume Riffaud, Jean-Claude Lafourcade a notamment joint à son « Opération Turquoise » l’ordre de mission officiel par souci de transparence.

Il espère maintenant que son témoignage sera appuyé par d’autres. « Il y avait 200 journalistes sur le terrain pendant l’opération et aucun d’entre eux n’a fait la moindre remarque sur le comportement des forces françaises. Aujourd’hui, je souhaite que certains de ces observateurs se manifestent par devoir de vérité, pour éviter que de fausses thèses s’installent dans les livres d’histoire » explique-t-il.

Avec le recul, le général retient surtout de cette intervention un contexte particulièrement difficile : « les massacres ont débuté après l’assassinat du président rwandais le 6 avril  1994. Huit jours après, l’ONU décide de retirer 2000 soldats qui devaient encadrer le partage de pouvoir entre Hutus et Tutsis. La France a ensuite ramé pendant deux mois pour obtenir l’autorisation de mener l’opération Turquoise. Je pense que cette responsabilité écrasante de la communauté internationale n’a pas été assez dénoncée. »

Par le biais de son livre, Jean-Claude Lafourcade voudrait mettre définitivement fin aux accusations de complicité de génocide et de crime contre l’humanité. Il regrette le silence des plus hautes autorités de l’Etat dans cette affaire. « En reprenant les relations diplomatiques avec le Rwanda sans démentir  les accusations faites contre les militaires français, Nicolas Sarkozy entérine cette rumeur » affirme-t-il.

Et il conclut : « Depuis 2005 des ressortissants rwandais ont porté plainte contre les militaires français. Ces procédures n’ont pas encore abouti et cela renforce la suspicion à notre égard. Je souhaite que ces affaires soient enfin jugées pour que l’on puisse prouver qu’on n’avait rien à se reprocher pendant notre intervention au Rwanda. »

R. da S.

Transcription d’un article du « Républicain Lorrain » le 26 mai 2010

 
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