Dans une lettre adressée le 1er juin 2010 au général Lafourcade (ancien commandant de l'opération "Turquoise", Rwanda 1994) monsieur Alain Juppé soutient la démarche menée actuellement par le général et s'oppose de nouveau avec force à "une réécriture de l'histoire".
Depuis la publication de son livre "Opération Turquoise" aux éditions Perrin, le Général Lafourcade a pu faire entendre son message à travers les médias.
En particulier, le quotidien Le Monde a donné au Général la possibilité de s'exprimer dans son numéro du 20 mai 2010. Voici l'intégralité de cette tribune.
Le général Lafourcade qui a commandé l'opération Turquoise menée par l'armée française en juillet et août 1994 raconte avec Guillaume Riffaud son déroulement au jour le jour.
Avec simplicité et naturel il décrit les consignes reçues de l’ONU et des autorités françaises de l'époque, les ordres qu'il donne en fonction des choix qu'imposent la situation locale mouvante, les limites de la mission dévolue aux français dans un climat de grande méfiance internationale et les contraintes de la disponibilité progressive des moyens militaires au fur et à mesure de leur mise en place exclusivement par voie aérienne.
Des militaires ayant servi au Rwanda et anciens de l'opération française Turquoise (juillet août 1994) ont été promus dans les ordres de la Légion d'Honneur et du Mérite National par un décret du Président de la République en date du 11 mai 2009.
Le général Lafourcade a dirigé l’opération Turquoise au
Rwanda en 1994. Il l’explique dans son livre.
Presque seize ans
se sont écoulés depuis que le général Jean-Claude Lafourcade a dirigé
l’opération Turquoise au Rwanda. Il justifie l’écriture tardive d’un ouvrage
homonyme par un constat : « Depuis
quelque temps, je me suis rendu compte d’un grand décalage entre ce que nous
avons vécu là-bas et les légendes véhiculées aujourd’hui. J’ai donc décidé de
faire ce livre pour essayer de rétablir la vérité. » Epaulé par le
journaliste Guillaume Riffaud, Jean-Claude Lafourcade a notamment joint à son
« Opération Turquoise » l’ordre de mission officiel par souci de
transparence.
Il espère
maintenant que son témoignage sera appuyé par d’autres. « Il y avait 200 journalistes sur le terrain pendant l’opération
et aucun d’entre eux n’a fait la moindre remarque sur le comportement des
forces françaises. Aujourd’hui, je souhaite que certains de ces observateurs se
manifestent par devoir de vérité, pour éviter que de fausses thèses
s’installent dans les livres d’histoire » explique-t-il.
Comment un film de fiction instrumentalise l'histoire
Comment un film de fiction instrumentalise l’histoire.
Le Figaro 21 novembre 2007
Général (2s) Jean-Claude Lafourcade, ancien commandant de l’opération Turquoise, président de l’association France Turquoise
Canal Plus vient de réaliser et de diffuser à l’antenne le film « Opération Turquoise », qui relate les premiers jours de l’intervention réalisée au Rwanda en 1994 sous mandat de l’ONU pour arrêter les massacres. Concernant une opération que j’ai eu la charge de commander, ce film, auquel je n’ai en rien été associé, pose le problème de l’instrumentalisation de faits réels sous couvert d’une fiction.
On peut faire un beau film de fiction sur des faits réels. À condition de ne pas manipuler l’histoire, d’oublier ses fantasmes et de renoncer aux accusations sans fondement
Comment un film de fiction instrumentalise l’histoire.
A la suite de de la diffusion sur l'antenne de Canal+ du film "Opération Turquoise" l'association France Turquoise communique :
« Oeuvre de pure fiction, ce téléfilm ne reflète pas la réalité de l’opération humanitaire Turquoise, menée à l'initiative de la France du 22 juin au 22 août 1994 au Rwanda. Il comporte de graves inexactitudes sur l’attitude de l’armée française face au génocide rwandais. Le commandement de l'opération Turquoise s’élève contre cette présentation inexacte et met en garde le public contre toute interprétation qui pourrait en être tirée. »
Rwanda : témoignage du Commandant de l'opération Turquoise
La Revue parlementaire n° 89 6 avril 2007
La récente rupture par Kigali des relations diplomatiques avec la France et l’approche de l’anniversaire du déclanchement du génocide rwandais, le 7 avril, font revenir dans l’actualité la mémoire de ce drame.
La délivrance de mandats d’arrêt internationaux par la justice française à l’encontre de neuf membres du proche entourage de l’actuel Président du Rwanda, suite à l’attentat perpétré contre l’avion de son prédécesseur, a provoqué la colère de Kigali et l’annonce de ripostes judiciaires contre notre pays.
Commandant de l’opération Turquoise menée par la France sous mandat de l’ONU fin juin 1994, il me paraît utile d’apporter mon témoignage et d’éclairer le lecteur de la Revue Parlementaire sur cette affaire grave et complexe.