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Cadre Géopolitique Actuel
Rwanda : les idiots utiles de Kagame Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
30-01-2012
Rony Brauman, Jean-Hervé Bradol et Claudine Vidal

Les découvertes du juge Trevidic ont relancé la polémique sur le Rwanda, une partie de la presse exonérant Kagame de ses responsabilités passées et présentes. « De tout temps, les conteurs comme leurs publics ont préféré les histoires où les bons combattent les méchants plutôt que celles où des salauds en affrontent d'autres » : Rony Brauman, ex-président de Médecins sans frontières, Jean-Hervé Bradol ( Fondation Médecins sans frontières) et Claudine Vidal (CNRS), tentent de mettre en lumière les véritables enjeux des réactions à l'expertise balistique du juge Trevidic



Depuis dix-huit ans, des centaines de milliers de morts, rwandais et congolais, sont imputables au Front patriotique rwandais (FPR) mais aucun de ses membres n'a été condamné pour ces faits. Les sources existent, elles sont connues. Comment expliquer une telle absence de réponse face à ce qui peut être considéré comme des crimes contre l'humanité ? La quasi-unanimité de la presse française sur les prétendues conclusions du rapport balistique commandé par les juges français chargés d'instruire la plainte des familles dont les membres sont morts dans l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, le 6 avril 1994, fournit une nouvelle opportunité de comprendre comment le régime de Kigali assure son impunité. 
 
Voir la suite de l’article sur le site de Marianne (cliquez ici) Rwanda : les idiots utiles de Kagame
 
"Ignominieux" : réaction de Stephen Smith à l'article de Libération du 11 Janvier 2012 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
30-01-2012
Stephen Smith, Chargé de l'Afrique à «Libération» de 1988 à 2000, aujourd'hui professeur à l'université de Duke, aux Etats-Unis

 
 «Irréfutable». Ce mot, qui a barré la une de Libération le 11 janvier, m'est resté en travers de la gorge. Non pas, comme le présument les auteurs des articles qui me citent nommément, parce que je ferais partie «des experts, des journalistes et des responsables français qui ont dû se sentir mal à l'aise» au lendemain de la présentation, au palais de justice de Paris, du rapport d'enquête sur l'attentat contre l'avion présidentiel qui, le 6 avril 1994, donna le signal du génocide au Rwanda. 
 
 Mais pour une raison que les ossements humains coiffés d'un crâne au-dessous de cette une sans appel viennent frapper d'indécence : l'expertise n'apporte aucune certitude. Non seulement elle ne nous apprend pas qui a déclenché l'extermination des Tutsis, mais surtout inclure parmi les suspects Paul Kagamé et le Front patriotique rwandais (FPR) ne mérite pas l'opprobre «négationniste» que certains, à Libération, jettent sur ceux qui ne pensent pas comme eux.
 
 Je me félicite du travail des juges parisiens, qui relancent une enquête que le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) n'a jamais voulu mener. Cependant, chercher des preuves matérielles si longtemps après les faits, qui plus est dans le champ de mines politique que sont les relations franco-rwandaises, n'est pas tâche facile. Au bout de 314 pages, le rapport d'experts conclut que «la zone de tir la plus probable» pour les deux opérateurs de missiles ayant visé le Falcon-50 est le site de Kanombé, qui abritait le camp de la Garde présidentielle. Les tireurs se trouvaient-ils à l'intérieur ou à l'extérieur de l'enceinte du camp militaire jouxtant la résidence présidentielle ? Le rapport ne le dit pas.
 
 L'élément nouveau est que Kanombé conforte à la fois l'angle de tir et deux témoignages au sujet du bruit de départ des missiles sol-air. 

 Ce qui n'est pas le cas de la ferme de Masaka, trop éloignée pour que ces témoins puissent avoir entendu les tirs. Il s'agit là d'une information importante car, à l'évidence, prendre position autour d'une ferme abandonnée ou aux abords, sinon à l'intérieur du camp de la Garde présidentielle, ce n'est pas pareil - en particulier pour les ex-rebelles du FPR. Mais cet indice efface-t-il tous les autres éléments d'instruction accumulés par la justice française depuis 1998 ? 

 Le régime du général Kagamé cherche à accréditer cette idée en exaltant une «vérité scientifique», qui désignerait comme seuls coupables possibles des Hutus extrémistes. Or, le rapport d'experts confirme, par exemple, que les missiles tirés étaient des IGLA1-SA 16, de fabrication russe. L'armée ougandaise, l'alliée du FPR, en disposait, contrairement aux Forces armées rwandaises.
 
 Le rapport précise que «ce n'est pas un "amateur" ou un néophyte qui peut utiliser correctement ces missiles». Il indique qu'il faudrait 70 tirs d'entraînement, soit 50 à 60 heures d'instruction, «pour devenir un tireur opérationnel». Il faudrait donc croire que, dans une armée ne disposant pas de ce type de matériel, un groupe de conjurés se serait procuré cet armement, et se serait entraîné avec en toute discrétion, pour tuer son commandant en chef suprême, qui résidait en son sein et que ses galonnés fréquentaient au quotidien. 
 
L'éditorial invoque «des officiers mis à la retraite, membres du clan mafieux familial, qui gravitaient autour du chef de l'Etat». Est-ce à dire que le président Habyarimana était un si fervent partisan de la paix qu'il avait mis à pied des membres de sa famille hostiles au partage du pouvoir avec le Front patriotique rwandais (FPR) ? Et que ces intimes ont préféré l'abattre en vol plutôt que dans son sommeil ? Finalement, la France aurait donc eu raison de soutenir à fond l'ancien chef de l'Etat. Les exterminateurs ont dû faire sauter ce verrou pour pouvoir passer à l'acte.
 
 Il m'est reproché d'avoir été «l'un des premiers à incriminer sans preuves le FPR», dans Libération, dès juillet 1994. J'aurais ainsi poussé la porte pour d'autres «négationnistes» tels que André Guichaoua, expert témoin du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), professeur à la Sorbonne et auteur d'un ouvrage de référence (1). C'est ignominieux. En vérité, en se reportant à mon article, on constaterait qu'il examinait plusieurs hypothèses, dont celle de la responsabilité des Hutus extrémistes, sans s'autoriser à conclure «à l'ombre d'un génocide». Dix-sept ans plus tard, j'en suis toujours là. Même si je pense que l'hypothèse du FPR reste la plus plausible, je continue à chercher, faute de preuves… irréfutables. J'aimerais beaucoup que mon ancien journal fasse de même.
 
 (1) «Rwanda, de la guerre au génocide. Les politiques criminelles au Rwanda» (1990-1994), éd. La Découverte, 2010.
 
 
vérité « irréfutable », vraiment ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
28-01-2012

Alma Rodinson, journaliste indépendant, remet en cause l’interprétation dominante des expertises concernant l’attentat contre l’ancien président rwandais qui a donné le signal du génocide de 1994.
Article paru dans
Politis n° 1187

Les 11 et 12 janvier derniers, Libération et le Monde nous « révélaient » le mot de la fin concernant l’attentat contre l’avion de l’ancien président rwandais le 6 avril 1994 : « Irréfutable » pour Libération, « Une vérité qui dérange la France », selonle Monde. L’expertise technique, commandée par les juges antiterroristes français et présentée aux avocats des parties le 10 janvier, accuserait les extrémistes hutus et leurs supposés alliés. Sauf qu’à y regarder de plus près, c’est le point de vue de Kigali que cette presse a pris pour argent comptant. Seule la BBC, le 11 janvier, a donné les diverses interprétations des avocats.
Si Libération et le Monde s’étaient donné la peine de recouper l’info, ils auraient interrogé par exemple l’avocat d’une des familles des pilotes, à l’origine de la plainte. Lequel avocat a une toute autre interprétation du rapport. Car le dossier technique ne prétend aucunement révéler l’identité des tireurs.
D’autre part, si le site de Kanombe, privilégié par les experts comme zone de lancement des missiles, peut en effet mener à l’intérieur d’un camp militaire hutu, il peut également conduire à l’extérieur. Peut-on d’ailleurs raisonnablement imaginer que les extrémistes hutus auraient « signé » leurs tirs depuis l’une de leurs bases ? D’autant que l’avantage des missiles portés à l’épaule est précisément leur maniabilité. On ne peut donc exclure des infiltrations de la zone par le FPR. Les forces de l’ONU n’ont-elles pas constaté des brèches dans la clôture du cantonnement du FPR à Kigali à cette époque ? La seule évocation de Kanombe ne démontre donc rien.
Surtout, l’expertise, faute de traces matérielles après presque deux décennies écoulées, s’est appuyée essentiellement sur des témoins fournis par le régime rwandais, les témoins d’autres pistes ayant été écartés par les autorités comme cela avait déjà été le cas lors de l’enquête britannique [1]. D’autre part, pourquoi les témoins de Masaka, lieu qui pointerait plutôt la piste FPR, ont-ils été écartés ? Pourquoi l’expertise acoustique, sur laquelle la partie balistique se fonde, a-t-elle était faite à distance, depuis la France ? On ne sait comment ces pratiques ont pu être acceptées par les experts, ni surtout le crédit que leur accorderont les juges dans leurs conclusions. Mais il est certain que les parties civiles ont de quoi demander une contre-expertise dans un délai de trois mois. La propagande qui tente d’occuper le terrain est d’autant plus douteuse que la même expertise confirme que les missiles sont des SA 16, armes soviétiques qui mènent plutôt en Ouganda, où le FPR était basé à l’époque.
Dans l’ensemble du dossier, le rôle des témoins indépendants pèse lourd. Même s’il y a eu deux ou trois défections, des dissidents du FPR de plus en plus nombreux accusent Kagamé, y compris des ex-intimes de celui-ci. Tandis qu’on ne trouve nul ex-extrémiste hutu, libre de parole, pour accuser son camp depuis 1994...
Pourquoi cet unilatéralisme péremptoire de la presse française ? Sans doute parce que la stratégie du régime de Kigali est très efficace, sur le modèle israélien, avec une exploitation émotionnelle du génocide des Tutsis. Ce qui a, jusqu’à présent, réussi à faire oublier par la justice internationale les graves accusations portées contre Kagamé. Il l’a dit lui même : « Nous utilisons la communication et l’information sur la guerre mieux que quiconque. Nous avons trouvé un nouveau moyen de procéder » [2]. Kagamé est d’autant plus motivé qu’il joue son avenir : comment conserver l’image du sauveteur s’il est accusé d’avoir été le détonateur du génocide ?
Ce qui compte désormais, c’est la réconciliation officielle entre Paris et Kigali. Laquelle commença dès l’arrivée de Sarkozy à la présidence et de Kouchner aux Affaires étrangères. Kagamé veut la mettre à profit pour obtenir la disculpation de ses proches dans l’affaire de l’attentat. Pour le président français, il n’est pas très difficile de mettre « les erreurs d’appréciation » de la France au Rwanda sur le compte de ses prédécesseurs, tout en envisageant de retrouver un rôle en Afrique centrale. Les attaques rwandaises contre le rôle de la France peuvent aujourd’hui s’estomper au prix d’une entente cynique. Ainsi, tout en expiant sa faute passée (et toujours mal explicitée), la France entame une nouvelle relation avec un des pires dictateurs de la planète, sous la bénédiction d’une certaine presse et des faux amis du Rwanda.

[1] Philip Reyntjens, dans la critique du rapport Mutsinzi dans « l’Annuaire des Grands Lacs 2010-11 », éd. l’Harmattan.

[2] Conférence à Oxford le 28 mai 1998, citée par Gérard Prunier dans son ouvrage « Africa’s world war ».

source cliquez ici  : Politis
 
APRES LA VISITE DE PAUL KAGAME Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
03-12-2011

UN BILAN MAGRÉ TOUT POSITIF
 
    Considérant que la visite de Paul KAGAME à Paris constituerait une insulte à l’honneur de la France et de ses soldats, l’association France-Turquoise a mis tout en œuvre pour qu’à défaut de l’annulation de cette visite, une déclaration forte du président de la République, chef des armées, rétablisse publiquement la vérité.

    Cela n’a pas été retenu et nous le regrettons.
 
    Néanmoins, l’action volontariste de l’association et le relais de tous ceux qui se sont engagés à ses côtés ont fait bouger les choses de façon extrêmement positive.
    Tout d’abord, il faut souligner le profil extrêmement bas donné à cette visite :
- le président KAGAME n’a à aucun moment repris ses accusations habituelles à l’encontre de la France,
- il n’a été reçu ni par le président du Sénat, ni par celui de l’Assemblée nationale,
- il n’a pas rencontré le ministre français des Affaires étrangères,
- ses apparitions publiques se sont produites presque en catimini.
 
    Il faut également se féliciter du soutien sans faille apporté par le monde politique, la société civile et militaire ainsi que de nombreuses associations, notamment l’association de soutien à l’armée française (ASAF) qui s’est engagée vigoureusement et a diffusé une pétition qui a recueilli 2 000 signatures. De même, il faut noter l’action de Michel VOISIN, député de l’Ain et vice-président de la commission de la Défense nationale qui a mobilisé le groupe parlementaire de soutien à l’association France-Turquoise à l’Assemblée nationale et fait signer à 18 députés une lettre au président de la République.

    Enfin, si la visite de Paul KAGAME a été  volontairement rendue discrète, elle a été, toujours grâce à l’action de l’association France-Turquoise et de ses soutiens, abondamment commentée par les médias dans une tonalité de plus en plus ouverte aux réalités du drame rwandais ainsi qu’à la vraie nature du régime de Kigali et de moins en moins complaisante à l’égard des calomnies habituelles.
    D’autant que de nouveaux témoignages importants viennent progressivement jeter une lumière difficilement contestable sur ces évènements (lire par exemple le témoignage du docteur Théogène RUDASINGWA en ligne sur ce site).

    La prochaine étape déterminante sera la décision du juge TRÉVIDIC concernant les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994.

    On pourra consulter ci-dessous une analyse quantitative des réactions suscitées par la visite de Paul Kagame.
 
RÉACTIONS À LA VISITE DE PAUL KAGAME EN FRANCE

1 -   Soutiens :
  11 -Soutien de responsables politiques et de la société civile :  
       A - Soutien par écrit ou téléphonique au Président de l’AFT,  interventions auprès de l’Elysée et du   gouvernement :  
- Edouard Balladur (ancien Premier Ministre) : lettre de soutien.
- Alain Juppé  (Ministre des AE) : lettre de soutien.
- Gérard Longuet (Ministre de la Défense) : lettre de soutien, intervention auprès du Président de la République (PR).
- Paul Quilés (ancien ministre de la Défense, Pdt mission  Parlementaire sur le Rwanda) : soutien téléphonique au Président de l’AFT, lettre au Président de la République.
- François Léotard (ancien Ministre de la Défense). : lettre de soutien et adhésion à l’association.
- Hubert Védrine (ancien Ministre AE) : lettre de soutien et lettre au Président de la République 
- Bernard Debré (Député) : lettre de soutien et question écrite au Gouvernement
- Michel Voisin (Vice Pdt commission défense AN) : lettre de soutien et lettre au  Président de la République
- Bernard Carayon (député) : lettre au Président de la République 
- Jean Marc Roubaud (député) : lettre au Ministre des AE
- Jean Paul Fournier (Sénateur Maire ) : question écrite au Gouvernement
- Gérard Charasse (député) : lettre de soutien.
- Jean Claude Batteux ( Maire) : soutien téléphonique. Intervention auprès du Président du Sénat
- Monsieur Piselli ( Maire) : soutien 
- 18 députés : lettre commune au Président de la République
( Patrick Beaudouin, Jean Louis Bernard, Claude Bodin, Jean Claude Bouchet, Patrice Calméjane, Bernard Carayon, Jean Pierre Decool, Nicolas Dhuicq, Christophe Guilloteau, Françoise Hostalier, Lionel Luca, Georges Mothron, Alain Moyne-Bressand, Christian Vanneste, Michel Voisin, Pascal Brindeau, Francis Hillmeyer, Gérard Charasse.)
- Xavier de Villepin (Ancien Sénateur) : soutien téléphonique. Intervention auprès Ministre AE
- Professeur Gentilini (ancien Pdt Croix Rouge) : soutien téléphonique. Intervention à l’Elysée.
- Denis Tillinac (écrivain) : lettre de soutien.
- Bernard Prévost (Ancien Préfet et ambassadeur en RDC): soutien 
B -  Soutien moral de responsables politiques:
- Gérard Larcher (Président du Sénat) : refus de recevoir Paul Kagamé au Sénat.

12 -  Soutien d’associations patriotiques :
- ASAF : Relais du message AFT avec envoi du mémorandum sur son réseau de communication et vers tous les élus nationaux, lettre au Président de la République (a reçu une réponse de politesse), réalisation d’une pétition (2.000 souscripteurs). L’ASAF prend le dossier Rwanda à son compte comme référence pour l’avenir.
- ANOPEX : lettre de soutien, lettre au Ministre de la Défense.
- FNAOM : soutien.
- FNAP : soutien.
- DPLV : soutien.
- Para au Feu : soutien.
- IHEDN (promotion): soutien.
- Saint Cyrienne : soutien.
- Amicale 8éme Rpima : soutien, intervention auprès des députés et élus locaux.

13 -  Soutien de généraux (2S) :
               Général Coulon- de La Presle- Schmitt- Bertin- Cann- Soubirou- Thomann- Valentin-Delort- 
               Quesnot- Rideau- Pinard Legris.  
               Vice Amiral Martin. 

2 - Médias 

21 - Articles mentionnant l’indignation des militaires français.
-    AFP :            - 10 sept : La prochaine visite de Kagame ravive les passions.
            -10 sept : Visite de Kagame, des députés interpellent.
            - 12 sept : Kagamé interpellé sur les droits de l’homme
 -   Le Monde : - 11 sept : Les retrouvailles calculées de Kigali et de Paris. 
             -15 sept : La réconciliation entre la France et le Rwanda avance à petits pas.
 -    Le Figaro :   -10 sept : La visite à haut risque de Paul Kagame en France.
                           - 13 sept : La France et le Rwanda tournent la page.
-    Libération : - 12 sept : Une réconciliation Franco Rwandaise sous tension.
                          - 30 sept : Chronique de Paul Quilés « le travail de notre mission a été une première ».
-    La Croix :     - 02 sept : Bernard Prévost, le grand saut au Congo.
                           - 10 sept : Des députés interpellent Nicolas Sarkozy.
                           - 11 sept : Ce qui divise les deux pays.
                           - 12 sept : France Rwanda, des officiers français dénoncent la falsification des faits.
-    Valeurs Actuelles : - 8 sept : Une insulte pour la France.
-    L’Express :  - 12 sept : Pourquoi la venue de Kagame fait des vagues.
-    Marianne : - 9 sept : Comment Kagame peut il être reçu à l’Elysée ?
-    Le Journal du Dimanche : - 11 sept : France Rwanda, une visite qui fait des vagues.
                                                   - 28 sept : interview de Paul Quilés.
-    Sud Ouest : - 8 sept : Des anciens de l’opération Turquoise se mobilisent à propos de la visite de Kagame.
-    Ouest France : 9 sept : Le Président rwandais à Paris : des militaires indignés.
-    Nice Matin : - 11 sept : Le Président Kagame arrive à Paris en visite de réconciliation.
-    L’Est Républicain : - 15 sept : La venue de Kagame à Paris était elle opportune ?
-    Le Dauphiné Libéré : - 13 sept : Kagame à Paris dans un climat tendu.
-    Slate Afrique : Kagame fait monter la tension à Paris.

22 - Interviews radios/TV :
- RFI : - 11 sept : une visite qui fait grincer des dents -  IW Gal Lafourcade.
- France Inter : - 10 sept : IW Gal Lafourcade.
- France Culture : - 10 sept : IW Gal lafourcade
- Europe 1 : - 11 sept : IW Gal Lafourcade
- FR3 : - sept : IW Colonel Hogard.

3 -  Articles généraux mettant en cause Kagame et le régime de Kigali.
- 18 juillet : Les dessous de la visite prochaine du Pdt Kagame à Paris (Echos d’Afrique)
- 25 juillet : Visite de Kagame en France, faut il boire le calice jusqu’à la lie ? (Hervé Cheuzeville)
- 2 août : Les sept controverses rwandaises (Hervé Cheuzeville)
- 5 août : Aux armes citoyens : Un général rwandais vient encrasser la France (Jean Luc Tanoh).
- 5 Août : Article Roland Hureaux sur le Rwanda et l’armée française.
- 8 sept : Le vrai visage de Kagame (VA - Bernard Lugan)
- 8 sept : Survie : dénonce le rapprochement Kagame Sarkozy et met en cause le régime de Kigali.
- 15 sept : La Lettre du Continent Kagame en hausse à Paris, en baisse aux Etats-Unis.
- 18 sept : Le Nouvel Observateur : Nicolas Sarkozy invite le Pdt rwandais, c’est une honte (Gérald Kahima). 
- Sept : Marianne : Kagamé a tué plus de gens que Kadhafi.
- 1er Oct : Témoignage de Théogéne Rudasinga sur l’attentat du 6 avril.
- 3 oct : La vérité, enfin (Hervé Cheuzeville).

4 – Divers :
 L’Association française des victimes du terrorisme  (AFVT)  a publié un communiqué exprimant le malaise des victimes de l’attentat du 6 avril.
Devant les réactions négatives, le MEDEF, qui n’a jamais répondu à la lettre d’interpellation du Président de l’AFT, a modifié son programme en déplaçant la réception  de Kagame du siège international du MEDEF à un hôtel.
Au cours de sa conférence de presse, le Président Kagame a été interpellé sur les droits de l’homme dans son pays et sur la nature totalitaire de son régime par des organisations humanitaires.                        



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APRÈS LA VISITE DU PRÉSIDENT KAGAMÉ, LA VÉRITÉ SE FRAIE SON CHEMIN Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
05-11-2011

 

Un des principaux dignitaires du régime rwandais, le docteur Théogène RUDASINGWA, confirme le 1er octobre 2011 que Paul KAGAME a fait abattre l’avion du président HABYARIMANA, assassinant du même coup le président du Burundi, Cyprien NTARYAMIRA, leur suite et l’équipage, et déclenchant en 1994 le génocide au Rwanda. Il avoue avoir menti pendant toutes ces années.

 

Rappelons que Paul KAGAME a toujours prétendu que ce sont les Hutus extrémistes qui ont assassiné le président HABYARIMANA pour faire échouer les accords d’Arusha et déclencher le génocide. S’il se confirme que c’est bien lui qui a été le  commanditaire de cet attentat (et les témoignages de ses ex-partisans commencent à aller dans ce sens), les accusations portées contre la France et ses soldats perdent alors toute crédibilité. Il faudra en tirer toutes les conséquences.

 

Qu’on lise ci-dessous le témoignage du docteur Théogène RUDASINGWA. 

 

«  Le 4 août 1993, à Arusha, en Tanzanie, le gouvernement du Rwanda et le Front patriotique rwandais (FPR) ont signé l'Accord de paix d'Arusha. Les dispositions de l'accord comprennent un engagement à des principes de la primauté du droit, la démocratie, l'unité nationale, le pluralisme, le respect des libertés fondamentales et les droits de l'individu. L'accord contenait encore des dispositions sur le partage du pouvoir, la formation d'une Armée nationale et d'une nouvelle gendarmerie nationale à partir des forces des deux parties belligérantes, ainsi qu'une solution définitive au problème des réfugiés rwandais.

 

Le 6 avril 1994, à 20h25, l’appareil Falcon 50 du Président de la République du Rwanda, avec pour numéro d'immatriculation "9XR-NN", a été abattu au cours de son retour d'une réunion au sommet à DAR-ES-SALAAM en Tanzanie, alors qu’il était en phase d’approche de l'aéroport international de Kanombe à Kigali au Rwanda. Toutes les personnes à bord, dont le président Juvénal Habyarimana, le président Cyprien Ntaryamira du Burundi, l’entièreté de leur entourage ainsi que l'équipage sont morts.

 

La mort du président Juvénal Habyarimana a déclenché le début du génocide qui visait les Tutsi et les Hutu modérés et la reprise de la guerre civile entre le FPR et le Gouvernement du Rwanda. A partir de ce moment, la version affligeante et fausse du FPR a été celle des extrémistes Hutus du camp du Président Habyarimana ayant abattu l'avion afin de faire dérailler la mise en application de l'Accord de paix d'Arusha et de trouver un prétexte pour mettre en œuvre le génocide au cours duquel plus de 800.000 Rwandais sont morts en 100 jours à peine. Cette histoire est devenue prédominante dans certains milieux internationaux, parmi les spécialistes universitaires et parmi certaines organisations de défense des droits de l’homme.

 

La vérité doit maintenant être dite. Paul Kagamé, alors commandant en chef de l'Armée Patriotique Rwandaise, la branche armée du Front Patriotique Rwandais, est personnellement responsable de l'attentat contre l'avion. En Juillet 1994, Paul Kagamé lui-même, avec son insensibilité caractéristique et beaucoup de jubilation, m'a dit qu'il était responsable de l'attentat contre l'avion. Malgré les dénégations publiques, le fait de la culpabilité de Kagamé dans ce crime est aussi un «secret» public au sein des cercles du FPR et des RDF. Comme bon nombre au sein de la direction du FPR, et malgré le fait que je savais que Kagamé était coupable de ce crime, j’ai vendu avec enthousiasme cette version trompeuse de l'histoire, surtout pour les étrangers qui en gros sont arrivés à y croire.

 

L'atmosphère politique et sociale durant la période allant de la signature des Accords d'Arusha en août 1993 a été très explosive. En tuant le président Habyarimana, Paul Kagamé a introduit une "wild card" dans un cessez-le feu déjà fragile. Cela a créé un puissant déclencheur, l'escalade d'un point de basculement vers la reprise de la guerre, le génocide civil et la déstabilisation à l'échelle régionale qui a dévasté depuis la région des Grands Lacs

 

Paul Kagamé doit être immédiatement inculpé pour ce crime et ses conséquences.

 

Tout d'abord, il n'y a absolument rien d'honorable ou d’héroïque de parvenir à un accord de paix avec un partenaire, puis de le poignarder dans le dos. Kagamé et Habyarimana ne se sont pas affrontés sur le champ de bataille, le 6 avril 1994. S’il en avait été ainsi, et si l'un d'eux ou les deux étaient morts, cela aurait été tragique, mais compréhensible, comme une conséquence de la logique de guerre. Le président Habyarimana revenait d'un sommet de la paix et en le tuant, Kagamé a fait preuve de la plus haute forme de trahison. Deuxièmement, Paul Kagamé, un Tutsi lui-même, a joué un jeu cynique avec la vie des innocents Tutsi et Hutu modérés qui ont péri au cours du génocide. Alors que l'assassinat du président Habyarimana, un Hutu, n'a pas été une cause directe du génocide, il a fourni une motivation puissante et a mis en branle ceux qui ont organisé, mis en route et exécuté le génocide contre les Tutsi et les Hutu modérés. Troisièmement, en tuant le président Habyarimana, Kagamé a fait définitivement dérailler le processus de paix déjà fragile d’Arusha en une dangereuse chasse au pouvoir absolu au Rwanda. Kagamé craignait le document et l'esprit de l'Accord de paix d'Arusha. Comme la suite des événements le démontre aujourd'hui, Kagamé ne croit pas à l'unité des Rwandais, à la démocratie, au respect des droits de l'homme et des autres libertés fondamentales, à la primauté du droit, au partage du pouvoir, aux institutions de sécurité intégrées et responsables à caractère national, ni à la résolution une fois pour toutes du problème des réfugiés. C'est tout cela que représentait l'Accord de paix d'Arusha. C'est ce qui manque aujourd'hui au Rwanda. Enfin, et non le moindre argument, le récit mensonger, les dénégations et les tromperies de Kagamé et du FPR ont conduit à une justice partiale, tant au Rwanda qu’au Tribunal Pénal International pour le Rwanda, compromettant ainsi les perspectives de justice pour tous les Rwandais, la réconciliation et la guérison. La communauté internationale est, sciemment ou inconsciemment, devenue complice dans le jeu systématique et honteux du mensonge de Kagamé. 

 

Je n'ai jamais fait partie de la conspiration en vue de commettre ce crime odieux. En fait, j'en ai entendu parler initialement à la BBC vers 01h00 am, le 7 avril 1994, alors que j'étais à Kampala, où j'assistais à une conférence du Mouvement panafricain.

 

Je crois que la majorité des membres du FPR et l'APR, civils et combattants comme moi, n’ont pas fait partie de cette conspiration meurtrière qui été initiée et organisée par Paul Kagamé et exécutée sur ses ordres. Néanmoins, j'ai été Secrétaire Général du FPR et major dans l'armée rebelle, l'APR. C’est à cet égard, dans le contexte de la responsabilité collective et avec un esprit de vérité, à la recherche du pardon et de guérison, que je tiens à dire que je suis profondément désolé de cette perte de vie et demande pardon aux familles de Juvénal Habyarimana, Cyprien Ntaryamira, Déogratias Nsabimana, Elie Sagatwa, Thaddée Bagaragaza, Emmanuel Akingeneye, Bernard Ciza, Cyriaque Simbizi, Jacky Héraud, Jean-Pierre Minaberry, et Jean-Michel Perrine. Je demande aussi pardon à tous les Rwandais, dans l'espoir que nous devons à l'unanimité rejeter catégoriquement le meurtre, la trahison, le mensonge et la conspiration comme armes politiques, éradiquer l'impunité une fois pour toutes et travailler ensemble pour construire une culture de la vérité, du pardon, de la guérison et de la primauté du droit. Je demande pardon au peuple du Burundi et de la France dont des dirigeants et des citoyens ont été tués par ce crime. Surtout, je demande pardon à Dieu pour avoir menti et caché le mal depuis trop longtemps. En disant librement la vérité devant Dieu et le peuple rwandais, je comprends parfaitement les risques que je prends, compte tenu de la vindicte légendaire de Paul Kagamé et sa soif insatiable de répandre le sang des Rwandais. C'est un risque partagé que les Rwandais supportent quotidiennement dans leur quête de liberté et de justice pour tous. Ni la puissance, ni la gloire, ni l'or, ni l'argent ne sont une motivation pour moi dans ces questions de mort qui ont défini notre nation depuis trop longtemps. La vérité ne peut pas attendre demain, parce que la nation rwandaise est très malade et divisée et ne peut ni se reconstruire, ni guérir, sur des mensonges. Tous les Rwandais ont besoin de toute urgence de la vérité aujourd'hui. Notre recherche individuelle et collective de la vérité nous rendra libre. Lorsque nous serons libres, nous pourrons librement nous pardonner les uns les autres et commencer à vivre pleinement et enfin guérir. »

 

Dr Théogène Rudasingwa

 

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09-09-2011

La France a renversé Mouammar Kadhafi et tance son alter ego syrien Bachar el-Assad. C’est tout à son honneur. Elle s’apprête pourtant à recevoir un autre autocrate au discours particulièrement anti-français : Paul Kagamé, chef de l’État rwandais depuis dix-sept ans. Cette visite officielle (du 11 au 13 septembre) pourrait sembler normale dans le cadre de l’apaisement des relations entre la France et le Rwanda. Dans les conditions actuelles, elle est en réalité une insulte à la France et à son armée.

Connu pour sa brutalité à l’égard de ses opposants, jugé par l’Onu responsable d’atrocités de masse au Congo, le régime Kagamé est sous le coup d’une cinquantaine de mandats d’arrêts internationaux, émis contre ses principaux caciques. Il a réagi par une politique systématique d’insultes contre la France : Kigali accuse trente-trois personnalités françaises, civiles et militaires, dont Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, de « crimes contre l’humanité et de complicité de génocide », pour leur rôle dans le génocide commis par les Hutus contre les Tutsis (l’ethnie de Kagamé) entre avril et juin 1994 (entre 500 000 et 800 000 morts).

Comme la visite de Kadhafi à Paris en 2007, ce séjour de Kagamé suscite l’indignation de ceux qui estiment que la France doit savoir se faire respecter. Malgré les appels pressants des officiers salis par Kagamé, Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore exprimé sur ce dossier.

Regroupés dans l’association France Turquoise (nom de cette opération humanitaire exemplaire qui permit de sauver plusieurs dizaines de milliers de vies), les anciens du Rwanda sont déçus. « On s’est bien fait balader », disent ces hommes qui ont servi leur pays dans des conditions particulièrement difficiles. Ce silence du chef de l’État, chef des armées, est une souffrance : « Si rien n’est fait, une telle visite ne pourra que contribuer à inscrire dans l’Histoire l’affirmation selon laquelle des soldats français ont participé au génocide rwandais en 1994 », estime le général Jean-Claude LAFOURCADE, président de France Turquoise (www.france-turquoise.fr).

Bernard Kouchner, ami personnel de Kagamé, naguère au Quai d’Orsay, avait bloqué ce dossier. Alain Juppé a fait renaître l’espoir. Il dénonce un « tissu de mensonges ». Cela ne suffit plus. Avec l’ancien premier ministre Édouard Balladur, lui aussi mis en cause, il doit obtenir que Nicolas Sarkozy honore enfin l’engagement de nos troupes au Rwanda. Sans ce soutien et sans les excuses de Kagamé, le monde pourra croire qu’on peut venir insulter “officiellement” la France et ses soldats à Paris.  

 Frédéric PONS 

(article paru dans Valeurs Actuelles du  08/09/2011) 

 
Lu dans Valeurs Actuelles : Le vrai visage de Paul Kagamé Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
09-09-2011

Ce lundi 12 septembre, Paul Kagamé, président de la République du Rwanda, devrait effectuer une visite officielle en France. Plusieurs fois repoussé, ce voyage destiné à apurer le contentieux entre Paris et Kigali s’inscrit dans une curieuse atmosphère.

Larvée depuis la prise du pouvoir par Paul Kagamé en 1994, la crise franco-rwandaise a connu une brutale accélération à la fin de l’année 2006 quand le juge Bruguière lança des mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs de ses proches, soupçonnés d’avoir, le 6 avril 1994, abattu ou fait abattre l’avion du président Habyarimana, attentat qui fut l’élément déclencheur du génocide.

Or, la thèse officielle du régime rwandais est que ce furent des Hutus qui assassinèrent leur propre président afin de pouvoir déclencher contre les Tutsis un génocide programmé. La “légitimité” de son régime reposant sur ce mythe, Paul Kagamé répliqua en rompant les relations diplomatiques avec Paris le 25 novembre 2006. Puis il accusa la France de complicité dans le génocide et menaça de lancer à son tour des mandats d’arrêt contre plusieurs dirigeants français dont MM. Balladur, Védrine, Villepin, Léotard, Juppé, ainsi que contre plusieurs hauts gradés de l’armée française.

La nomination de Bernard Kouchner, ami du président rwandais, à la tête du ministère français des Affaires étrangères ouvrit ensuite une période de dégel marquée, en novembre 2009, par le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, puis par le voyage du président Sarkozy au Rwanda en février suivant.

Au moment où la France s’est engagée dans une croisade démocratique tous azimuts, la visite de Paul Kagamé paraît insolite. En effet :

1. Quarante-neuf mandats d’arrêts internationaux ont été émis contre ses plus directs collaborateurs. Quarante par la justice espagnole pour “crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide”, et neuf par les magistrats français enquêtant sur les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994 qui détruisit en vol l’avion du président Habyarimana.

2. En mars 2008, Mme Carla del Ponte, ancien procureur du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), révéla que le TPIR détenait des preuves permettant d’inculper Paul Kagamé pour “crimes de guerre et génocide” mais que, si aucune procédure n’avait été ouverte contre lui, c’était en raison des fortes pressions exercées par les États-Unis et la Grande-Bretagne.

3. Grâce notamment aux travaux du TPIR, nous savons aujourd’hui qu’entre 1990 et 1994, Paul Kagamé déstabilisa le pouvoir en place à Kigali au moyen d’attentats sanglants et d’exécutions ciblées de hauts responsables politiques hutus. Furent ainsi exacerbées des tensions ethniques qui explosèrent immédiatement après l’assassinat du président hutu Habyarimana.

4. Le 1er octobre 2010, la publication du rapport Mapping rédigé à l’attention du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU mit en évidence l’ampleur des crimes commis en République démocratique du Congo contre les réfugiés hutus et les populations locales par l’armée de Paul Kagamé. Estimant le nombre des victimes à plusieurs centaines de milliers, les auteurs du document parlent de « génocide ».

Au moment où le président Sarkozy s’incline devant les cercueils des militaires français tombés en Afghanistan, il importe de rappeler que le 8 avril 1994, des soldats de Kagamé ont froidement assassiné à leur domicile deux sous-officiers français de la gendarmerie et une civile, à savoir les adjudants-chefs René Maïer et Alain Didot, et l’épouse de celui-ci. Quant à l’équipage de l’avion abattu le 6 avril 1994, il était composé de trois coopérants civils français.

Le futur hôte de la France a également ordonné la fabrication du rapport Mucyo mettant en cause des dizaines d’hommes politiques et d’officiers français artificiellement accusés de complicité dans le génocide de 1994. Il a, depuis, été amplement démontré qu’il s’agissait d’un montage grossier reposant sur une accumulation de faux témoignages et de faux en écriture. Lui-même mis en cause, M. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, a, le 4 mai 2010, devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, parlé à ce sujet d’un « tissu de mensonges et d’inventions destiné à créer un contre-feu à l’instruction judiciaire menée en France ».

Ces accusations mensongères n’ont pas été retirées par le président Kagamé avant son voyage en France. Apparemment moins sensibles aux exigences de la realpolitik que les dirigeants français, les chefs de gouvernement espagnol et belge José Luis Zapatero et Yves Leterme ont, le premier en juillet 2010, le second en décembre, refusé de rencontrer un président rwandais soupçonné par deux justices européennes indépendantes d’avoir, le 6 avril 1994, fait abattre en vol l’avion transportant deux chefs d’État en exercice, celui du Rwanda et celui du Burundi, et donc d’être, si ces accusations étaient vérifiées, celui qui aurait allumé la mèche génocidaire.

 Bernard LUGAN

Expert devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda)

directeur de la revue mensuelle par Internet Afrique réelle

(article paru dans Valeurs actuelles du 8 septembre)

  

 
Monsieur Larcher refuse de recevoir le président Kagamé Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
09-09-2011
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La visite en France de Paul Kagamé, président du Rwanda, aura lieu bien que celui-ci maintienne ses accusations de participation de l'armée française au génocide perpétré au Rwanda en juin 1994.

L'association France-Turquoise note avec beaucoup de satisfaction que monsieur Gerard Larcher, président du Sénat, deuxième personnage de l'Etat, ne recevra pas le président Kagamé au cours de cette visite qui débutera le 12 septembre 2011, marquant ainsi son désaccord et son soutien à la restauration de l'honneur de la France et de ses soldats."

 

 
Visite de Kagamé, réactions de parlementaires Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
25-08-2011

LA SENATRICE JOËLLE GARRIAUD-MAYLAM (UMP) CONTRE LA VISITE DE PAUL KAGAME A PARIS

août 24 2011  | Sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam

Paul Kagamé, président du Rwanda, viendra à Paris les 12 et 13 septembre prochains. Cette annonce ne pouvait me laisser indifférente, et j’ai tenu à déposer aujourd’hui au Sénat une question écrite à ce sujet. Le président rwandais a accusé les forces françaises envoyées au Rwanda, sur demande de l’ONU, d’être les complices du génocide que ce pays a subi et d’avoir ainsi contribué à des crimes contre l’humanité. Personne ne peut nier de bonne foi la réalité du génocide. La population rwandaise en garde encore les stigmates. Mais le génocide ne doit pas servir à alimenter des accusations injustes ou à justifier des politiques inacceptables. Nous avons sans doute, comme d’autres, commis des erreurs. Nous n’avons pas vu venir la catastrophe. Nous n’avons pas pris suffisamment au sérieux les appels au meurtre de Radio Mille Collines. Et pourtant. Les militaires français ont tout fait pour rétablir la paix et la sécurité, au péril de leur vie, dans un pays en proie au chaos et à la folie sanguinaire. Ils ont sauvé des milliers d’hommes, de femmes et d‘enfants en s’opposant aux exactions et aux crimes quels que fussent leurs acteurs. Nos responsables politiques de l’époque sont des hommes d’honneur. Ils ont agi en toute bonne foi, avec comme priorité de préserver ce qui pouvait l’être. Sans notre action, la tragédie aurait été bien pire encore.  Image  La visite du président Kagamé aura lieu. On peut ne pas s’en réjouir. C’est mon cas. Je comprends certes que l’intérêt de la France et du Rwanda passe par un apaisement de leurs relations. Mais il importe au moins qu’à l’occasion de cette visite, le chef de l’Etat rwandais manifeste publiquement sa volonté de ne plus faire à la France, à son armée et à ses responsables de procès injuste. N’oublions pas que nos militaires consacrent leur vie à défendre la démocratie et les droits de l’Homme dans des opérations extérieures, sans rien en retirer d’autre que l’honneur d’avoir contribué, sous nos couleurs, à la paix et au développement. La France a soutenu le peuple libyen dans sa quête de liberté face au tyran qu’est Kadhafi ; le Président Sarkozy est en train de gagner son pari, après avoir, seul contre (presque) tous, défendu sa vision d’une Libye libre. Nous pouvons être fiers de notre action. La visite doit être l’occasion de dire les choses franchement. Sur le passé et sur le présent. Sur l’action des troupes rwandaises en RDC. Sur la répression contre les opposants rwandais : je pense notamment à Victoire Ingabire, emprisonnée depuis plus d’un an. La réalité du génocide ne doit pas servir d’excuse au déni de la démocratie et des droits humains. Si nous tenons au président rwandais un langage de vérité, s’il comprend que la France est prête à reconnaître ses erreurs mais pas à renier l’honneur de son armée ni à mettre les Droits de l’Homme dans sa poche, alors, oui, cette visite qui suscite des interrogations légitimes aura été peut-être utile

provenance article  http://www.france-rwanda.info/article-la-senatrice-joelle-garriaud-maylam-contre-la-visite-de-paul-kagame-a-paris-82404678.html  

Bernard CARAYON, député du Tarn, maire de Lavaur, interpelle ses collègues parlementaires. (30 août 2011)

Madame le Député, Monsieur le Député, Cher(e)s collègues,

L’annonce de la visite officielle à Paris de Monsieur Paul Kagamé, président du Rwanda les 12 et 13 septembre prochains ne peut que nous interpeller.

Ce dernier a accusé, en son temps, notre pays et les forces françaises envoyées au Rwanda sur demande de l’ONU, d’être les complices du génocide que ce pays a subi et d’avoir contribué à des crimes contre l’humanité.

Pour m’être rendu personnellement en mission au Rwanda en 1994 et assuré les fonctions de secrétaire de la mission d’information sur le Rwanda (présidée par Paul Quilès) j’ai pu constater que les militaires français ont tout fait pour assurer la sécurité, au péril de leur vie, dans un pays complètement dévasté par la folie sanguinaire.

Des centaines de milliers de vies d’enfants, de femmes et d’hommes ont été sauvées par leur présence et leur action. Les hommes politiques français de l’époque ont agi en fonction de leurs connaissances dans les limites fixées par les organisations internationales. Sans notre action, la tragédie aurait été bien pire.

Je ne peux, personnellement, fermer les yeux et ne rien dire. C’est pourquoi je vous adresse copie de la lettre que je viens de faire parvenir à Monsieur le Président de la République.

Si vous souhaitez en être cosignataire, merci de me le faire savoir avant le 6 septembre 2011 à 12 heures à l’adresse suivante : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Il y va de l’honneur de la France, de son armée et de ses soldats.

Je vous prie d’agréer, Madame le Député, Monsieur le Député, cher(e)s collègues, l’expression de ma parfaite considération.


 
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