| Résumé de l’histoire des conflits dans la région des grands lacs |
|
|
|
| Opération Turquoise - Opération Turquoise | |
|
Résumé de l’histoire des conflits dans la région des grands lacs
Les origines : La trégédie de 1994 : Avec l’aide des nouveaux maîtres de l’Ouganda,qui cherchaient d’ailleurs à se débarrasser d’eux, ces réfugiés mercenaires tutsi constituèrent en 1990 une Armée patriotique rwandaise (APR, devenue plus tard FPR) afin de rentrer au Rwanda et d’y reprendre le pouvoir. Ils furent d’abord repoussés à plusieurs reprises par l’armée rwandaise (FAR) du gouvernement hutu, grâce à des contingents français envoyés au Rwanda au titre des accords de coopération. Les conseils du gouvernement français et les pressions internationales incitèrent le gouvernement rwandais à chercher une solution négociée, en s’appuyant sur des Hutu « modérés » et des Tutsi restés au Rwanda. Cependant, malgré les efforts, les dissensions entre Tutsi et Hutu n’avaient fait que croître. Au Burundi, en octobre 1993, le premier président hutu qui venait d’être élu était assassiné au cours d’un putsch militaire tutsi, ce qui entraîna également dans ce pays de nombreux massacres entre les deux communautés. Néanmoins, en 1993 les Présidents du Rwanda et du Burundi acceptèrent, malgré l’opposition de leurs ultras, de signer à Arusha en Tanzanie, des accords organisant une solution négociée entre les protagonistes tutsi et hutu dans chacun des deux Etats. Dans ce contexte, la France retira ses troupes du Rwanda à la fin de l’année1993. Tout fut remis en cause après que l’avion transportant le président rwandais Juvénal Habyarimana eut été abattu le 6 avril 1994 par un missile tiré au dessus de l’aérodrome de Kigali, la capitale du Rwanda. Aussitôt, les extrémistes hutus se lancèrent dans l’extermination des Tutsi et des Hutu modérés partisans des accords d’Arusha. L’événement coïncida, hélas, avec le départ des militaires français, belges et onusiens. (1) Aussi, les forces tutsi de l’Armée patriotique rwandaise venues d’Ouganda purent elles prendre Kigali et mettre en déroute les Hutu des forces armées du Rwanda. En mesurant l’ampleur des massacres commis par les extrémistes hutus, l’opinion internationale s’émut et le Conseil de sécurité de l’ONU autorisa l’envoi d’un contingent français afin d’organiser un périmètre de sécurité dans le sud ouest du pays. (2) Complément d’information de l’Association Turquoise : (1) : La décision du conseil de sécurité de l’ONU de retirer, dés le début des massacres, les militaires qui avaient été mis en place pour faciliter la mise en œuvre des accords reste inexplicable. (2) : En fait, agissant sur mandat du conseil de sécurité limitant son intervention à deux mois, l’opération multinationale Turquoise permit de mettre fin aux derniers massacres, d’assurer la protection de deux millions de réfugiés à l’intérieur d’une zone de sécurité (ZHS) et d’éviter la fuite de ces populations au Zaïre. En revanche, la majorité des Forces armées rwandaises (hutu) et un flot important de réfugiés, fuyant l’avance des tutsi de l’Armée patriotique Rwandaise et contournant la ZHS par le nord, passa au Zaïre dans la région de Goma.Vainqueurs, les Tutsi du Front patriotique rwandais s’installèrent au pouvoir à Kigali sous l’autorité de leur chef, le Général Paul Kagamé. |
|
| < Précédent | Suivant > |
|---|



Le Rwanda et le Burundi voisin sont deux anciens petits royaumes d’Afrique de l’Est qui doivent l’importance de leur peuplement au fait qu’ils ont autrefois échappé aux raids des marchands d’esclave et à la fertilité de bons sols volcaniques. A la fin du XIXeme siècle, ces royaumes passèrent sous l’autorité allemande puis, après la première guerre mondiale, sous celle des Belges, qui dominaient le Congo voisin. Les colonisateurs européens avaient constaté que, dans ces deux royaumes, la société présentait un fort contraste entre une minorité dominante, les Tutsi (plutôt éleveurs de bovins), venus de la vallée du Nil, et une majorité de paysans hutu (environ 85% de la population). Les Européens jugèrent plus commode de s’appuyer sur l’autorité des Tutsi dont ils favorisèrent l’éducation dans les années qui suivirent la seconde guerre mondiale. Ainsi, certains fils de familles aisées tutsi allèrent en Belgique faire des études supérieures. Ils en revinrent avec des idées, plus ou moins marxistes, d’indépendance. En réaction, les colonisateurs jouèrent la carte des Hutus restés sous l’influence des missionnaires catholiques. Les années qui précédèrent ou suivirent l’indépendance connurent une grande agitation politique.