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Rétablissement des relations France-Rwanda: chantage à la clef ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

ImageJean-Louis Bruguière, juge antiterroriste, était le 16 novembre 2009  « l’invité afrique » de Christophe Boisbouvier au micro de RFI

A propos de  l’enquête qu’il a mené sur l’attentat terroriste du 06 avril 1994 contre l’avion transportant Juvénal Habyarimana, président en exercice du Rwanda, J-L Bruguière a déclaré :

 

« Kagame a sacrifié les tutsi (…) ; la piste du FPR est toujours la bonne malgré les fausses rétractations de Ruzibiza et Mugenzi. (...) Il est étrange que les Nations Unies et le TPIR n'aient pas enquêté sur l'attentat. (…) Les enquêteurs sont allés sur une piste sur la quelle ils ne devaient pas aller, c'est  celle du FPR (…) on leur a fait comprendre assez brutalement que l'attentat  était hors du champ."

(Ndlr : lire sur ce sujet le témoignage de madame Carla del Ponte)

On saura la vérité : « J'ai laissé un dossier techniquement solide à mes collègues qui sont en charge de l'affaire du Rwanda. Je leur fait entièrement confiance et je suis convaincu qu'ils la mèneront à son terme. »


Il a conclu son propos en commentant le processus de reprise des relations diplomatiques en cours entre la France et le Rwanda.
"Il faut éviter que Monsieur Kagame mette comme préalable à la restauration des relations politiques la fin de ce dossier judiciaire comme il l'entend. Ca c'est inadmissible. J'espère que la France qui est un état de droit n'acceptera ce genre d'arguments. C'est du chantage."

Ecouter les propos de monsieur Jean-Louis Bruguière (2’ 45’’)

 

 

Le gouvernement rwandais tente de s’opposer au juge français Bruguière.

 

Le 11 janvier 2010 le gouvernement rwandais a publié un rapport sur les circonstances de l’attentat de 1994 contre l’avion transportant le président de la république du Rwanda de l’époque. L’explosion de cet avion qui atterrissait à Kigali avait marqué le début d’un massacre généralisé des tutsis résidant au Rwanda.
Ce rapport dit Mutsinzi, s’oppose en tout point à l’enquête menée par le juge d’instruction anti-terroriste français Bruguière, qui avait conclu à l’implication de personnages proches du président en exercice Paul Kagame et avait émis en 2006 neuf mandats d’arrêts internationaux qui restent d’actualité.
Quel est le contenu et la valeur de ce contre-feu allumé à quelques semaines de la visite au Rwanda du président de la république française ?

 

Le colonel (cr) Luc Marchal, ancien adjoint du général Dallaire chef des soldats de l'ONU au Rwanda (MINUAR), monsieur Filip Reyntjens, constitutionaliste et politologue belge, le major pilote rwandais Kanyamibwa donnent ici leur avis reprenant point par point des arguments techniques.

Mais il est particulièrement frappant qu’en déclaration liminaire, les experts mettent en doute l’impartialité des auteurs du rapport Mutsinzy commandités par le gouvernement rwandais:
 

« D'emblée le comité part du postulat que les autorités rwandaises de l'après-génocide n'ont aucune implication dans l'attentat du 6 avril 1994 et que les accusations contraires sont de nature idéologique, proférées par les génocidaires et leurs alliés. Il y a de quoi s'étonner qu'une commission "indépendante" dont l'objet est, précisément, de dénouer le vrai du faux, débute ses travaux par un tel a priori. » (colonel Marchal)

 

« Dans un rapport comme celui-ci, tout dépend de l’authenticité des faits ; l’interprétation vient ensuite et se fonde sur ces faits. C’est ici que réside la grande faiblesse de ce rapport. Tout comme la commission Mucyo, « chargée de rassembler les preuves montrant l’implication de l’Etat français dans le génocide », le comité Mutsinzi part d’un postulat : il est chargé de rassembler les preuves montrant l’innocence du FPR et la culpabilité des FAR dans l’attentat. Nous verrons que cela amène le comité à procéder à chaque fois de la même façon : il part de supputations non prouvées et parfois de contrevérités qu’il érige en faits ; à leur tour, ces faits permettent de dégager une vérité. » (Filip Reyntjens)

 

 

D’une manière très explicite monsieur Brauman (Médecins sans frontières) avait dit de la commission Mucyo «(…)elle est a été mise en place, elle est le produit d'un gouvernement qu'il faut bien appeler par son nom, c'est à dire une dictature qui règne par la terreur. (…)."

Mucyo, Mutsinzi, même démarches, mêmes conclusions !
AS

Consulter les archives :

Rapport de la commission Mutsinzi

Analyse du colonel Marchal

Analyse de Filip Reyntjens

Analyse du major pilote rwandais Kanyamibwa

 

 
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