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EXPERTISE TREVIDIC
16-01-2012
APRÈS LE RAPPORT DES EXPERTS

     Le juge Marc Trévidic vient de rendre public le rapport des experts chargés de déterminer de façon scientifique d’où avaient été tirés les missiles qui ont abattu l’avion du président Habyarimana. Ce rapport contredit au moins partiellement les conclusions du juge Bruguière.
    Cette divulgation a provoqué des réactions évidemment contrastées. Les thuriféraires habituels du régime de Kigali exultent en affirmant péremptoirement que ce rapport exempte définitivement le FPR de toute responsabilité, tandis que les associations d’opposants en exil mettent en doute les conclusions des experts, voire l’honnêteté des juges.
    Déjà, certains commencent à sous-entendre que la France aurait pu être mêlée à l’attentat.
    L’association France-Turquoise, pour sa part, estime que ce volumineux rapport de 400 pages mérite d’être examiné de près avant toute prise de position catégorique. Elle estime également qu’il ne s’agit que d’un des aspects du dossier qui doit être confronté aux autres éléments, notamment aux témoignages déjà recueillis ou à venir.
    A cet égard, elle recommande la lecture des analyses de deux universitaires spécialistes de la région, les professeurs Lugan et Guichaoua (voir ci-dessous).

    Quelles que soient les conclusions définitives de l’enquête, elles ne remettront pas en cause le combat de l’association qui concerne d’abord et avant tout les allégations scandaleusement mensongères portées par le régime de Kigali à l’encontre de la France et des militaires de l’opération Turquoise accusés d’avoir aidé puis protégé les génocidaires rwandais.

Jean-Claude Lafourcade
 
 
 Analyse de Bernard Lugan



Ce ne sont pas leurs conclusions que les juges Trévidic et Poux communiquèrent aux parties (défense, parquet et parties civiles) le mardi 10 janvier 2012, mais simplement le rapport des experts techniques (balistique, acoustique etc.,) mandatés pour les éclairer sur la question de savoir d’où furent tirés les missiles qui, le 6 avril 1994, abattirent en vol l’avion du président Habyarimana. 
Ce document qui sera soumis à contre-expertise ne constitue qu’un élément du volumineux dossier concernant l’assassinat du chef de l’Etat rwandais. Simple étape dans la procédure, il ne permet aucune extrapolation car il ne dit pas qui a, ou qui n’a pas, abattu l’avion présidentiel. Enfin, dans l’état actuel de la procédure et du dossier, cette pièce ne rend en rien obsolète l’ordonnance rendue par le juge Bruguière en 2006. 

Revenons-en donc aux seuls faits.

Le 6 avril 1994 vers 20h 30, alors qu’il allait atterrir à Kigali, l’avion du président hutu Juvénal Habyarimana fut abattu par deux missiles portables SAM 16 dont les numéros de série étaient respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835 ; or, comme cela a été établi devant le TPIR, l’armée rwandaise ne disposait pas de tels missiles.
La traçabilité de ces engins a été reconstituée : fabriqués en URSS, ils faisaient partie d’un lot de 40 missiles SA 16 IGLA livrés à l’armée ougandaise quelques années auparavant. Pour mémoire, Paul Kagamé et ses principaux adjoints étaient officiers supérieurs dans l’armée ougandaise avant la guerre civile rwandaise. 

Trouvèrent la mort dans cet acte de terrorisme commis en temps de paix, deux chefs d’Etat en exercice, les présidents Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi, ainsi que deux ministres burundais, MM. Bernard Ciza et Cyriaque Simbizi. Parmi les victimes se trouvaient également le Chef d’état-major des FAR (Forces armées rwandaises), le général Deogratias Nsabimana, le major Thaddée Bagaragaza, responsable de la maison militaire du président rwandais, le colonel Elie Sagatwa, beau-frère du président Habyarimana et chef de son cabinet militaire, ainsi que l’équipage français composé de MM. Jacky Héraud, Jean-Pierre Minoberry et Jean-Michel Perrine, tous trois civils.

Quelques heures après l’attentat, dans la nuit du 6 au 7 avril, et alors que l’armée rwandaise avait été décapitée, les forces militaires du FPR rompirent le cessez-le-feu en vigueur depuis 1993 et entamèrent la conquête du pays. Cette offensive avait été soigneusement planifiée puisque des moyens en hommes et en matériel avaient été pré-positionnés comme cela a également été amplement mis en évidence devant le TPIR. 
Paralysée par l’embargo sur les armes et les munitions qu’elle subissait [1], l’armée rwandaise fut défaite. D’immenses tueries se déroulèrent dans le pays, le génocide des Tutsi étant selon le juge espagnol Merelles (2008), doublé d’un massacre de masse des Hutu par l’APR (Armée patriotique rwandaise), commandée par Paul Kagamé. 



Depuis cet attentat, deux thèses s’opposent :

1) Celle de l’attentat commis par des « extrémistes hutu » qui auraient assassiné leur propre président ainsi que leurs propres partisans qui étaient à bord de l’avion afin de pouvoir déclencher un génocide qu’ils avaient programmé et préparé. 
La principale faiblesse de cette thèse est que le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a, dans tous ses jugements concernant les « principaux responsables du génocide », que ce soit en première instance ou en appel, clairement établi qu’il n’y avait pas eu entente pour commettre ce génocide et qu’il n’avait donc pas été programmé.

2) Celle d’un attentat commis par le FPR sur ordre du général Kagamé afin de décapiter l’Etat rwandais et disposer d’un prétexte pour prendre militairement le pouvoir. Ethno-mathématiquement parlant, les élections prévues sous supervision de l’ONU allaient en effet donner une victoire automatique aux Hutu (+-90% de la population) sur les Tutsi (+-10%) et cela en dépit de leurs divisions. Cette thèse est notamment celle du juge Bruguière.

Saisi par les familles de l’équipage français et par la veuve du président Habyarimana, le juge Bruguière qui ne s’est pas rendu au Rwanda et qui a mené son enquête d’une manière classique, a rendu une ordonnance (novembre 2006) dans laquelle il accuse le président Kagamé d’avoir ordonné l’attentat qui coûta la vie à son prédécesseur. 
Le juge Bruguière se fondait notamment, mais pas exclusivement, sur les déclarations et témoignages de plusieurs transfuges tutsi qui lui donnèrent force détails sur l’opération, dont les noms des membres du commando ayant abattu l’avion. L’un d’entre eux, Abdul-Joshua Ruzibiza, répéta ses accusations, sous serment cette fois, devant le TPIR et les procès verbaux des audiences concernées sont très clairs à ce sujet. Il se rétracta ensuite au sujet de ce qu’il avait déclaré au juge français, tout en confirmant ce qu’il avait dit aux juges du TPIR. Or, ses propos avaient été identiques. Puis, quelques semaines avant sa mort, il revint sur sa rétractation française et confirma devant les juges la version primitivement donnée au juge Bruguière.

L’ordonnance de soit-communiqué rendue au mois de novembre 2006 par ce dernier allait très loin puisque des mandats d’arrêt contre plusieurs membres du premier cercle de Paul Kagamé furent lancés et qu’il recommanda au TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) d’inculper le président rwandais.
Le 6 février 2008, via Interpol, le juge espagnol Merelles qui soutient la même thèse que le juge Bruguière, lança plusieurs dizaines de mandats d’arrêt contre de hautes personnalités de l’actuel régime rwandais. 

Le document remis aux parties par les juges Trévidic et Poux le 10 janvier remet-il en question cet exposé du dossier ? 
Non, car la seule nouveauté qu’il contient concerne le lieu du tir des deux missiles [2]. Selon le rapport d’expertise, ce lieu se situerait « probablement » dans le camp militaire de Kanombe, soit à une distance d’à peine deux à trois kilomètres de la ferme de Masaka identifiée comme point de tir par le juge Bruguière. De plus, et il est important de le préciser, cette « probabilité » n’est pas apparue aux experts balistiques à la suite d’une démonstration, mais par élimination et en raison des arguments de l’expert acoustique, ce qui devra être étayé lors de la contre-expertise. 

Les juges Trévidic et Poux vont maintenant devoir confronter ce rapport d’expertise aux autres éléments du dossier. 
Ils vont ainsi et notamment devoir résoudre la question des étuis des deux missiles trouvés à Masaka, la question étant de savoir s’ils y ont été abandonnés par les tireurs de l’APR, ce qui ramènerait l’accusation dans le camp de Paul Kagamé, ou si, après avoir abattu leur propre président, leur propre chef d’état-major et leurs propres amis, les « extrémistes » hutu les y auraient déposés afin de faire croire à la responsabilité de l’APR/FPR.
Ils vont également devoir comparer le rapport d’expertise et ses « probabilités » à ceux des témoignages contenus dans le dossier et qui donnent avec une grande précision et une impressionnante quantité de détails le lieu du tir, à savoir Masaka, ainsi que les noms des deux tireurs et des membres de leur escorte, la marque et la couleur des véhicules utilisés pour transporter les missiles depuis l’Ouganda jusqu’au casernement de l’APR situé au centre de Kigali et de là jusqu’au lieu de tir à travers les lignes de l’armée rwandaise, ainsi que le déroulé minuté de l’action. 

Ce ne sera qu’à l’issue de leur enquête, au minimum dans plusieurs mois, que les juges rendront leur rapport. Jusque là, tout n’est que spéculation, désinformation, propagande, en un mot « enfumage ».
Bernard Lugan
11/01/2012 
 
    Interview d’André Guichaoua sur France 24

                                                                                                                                                                                        André Guichaoua, professeur de sociologie à l'Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et témoin expert auprès du TPI pour le Rwanda répond aux questions de FRANCE 24.
FRANCE 24 : Les juges français chargés de l'enquête sur l'assassinat du président rwandais Juvenal Habyarimana ont présenté de nouveaux éléments dans un rapport d’expertise. Comment l’analysez-vous ?
André Guichaoua : Il faut respecter ce rapport qui apporte des éléments inédits. Il doit être pris très au sérieux. Les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux se sont donnés des moyens différents pour dénouer des témoignages en se rendant sur place et en s’appuyant sur des éléments scientifiques. Ces données semblent affaiblir les conclusions du juge Bruguière, qui avaient abouti au lancement en 2006 de neuf mandats d'arrêt contre des proches du président rwandais Paul Kagame. Toutefois, il faut rester prudent, car il ne s’agit pas d’une décision judiciaire définitive mais d’un rapport qui, par définition, peut être contredit, contesté ou confirmé. D’autant qu’il reste des zones d’ombres majeures et des éléments du scénario à éclaircir. Le rapport ne désigne pas, par exemple, les auteurs possibles de l’attaque. Il est donc trop tôt pour tirer des conclusions et l'affaire est loin d'être réglée.
F24 : Pourtant, Kigali s’est félicité des conclusions de ce rapport qui "rend justice"au Rwanda. Quel impact peut avoir cette volte-face judiciaire sur les relations entre la France et ce pays ?
A.G : L’impact ne pourra être que positif, même si certains ne manqueront pas de sous-entendre qu’il tombe à pic pour les deux pays qui sont engagés dans un processus de normalisation. Cependant, la fonction de ce rapport n’est pas de renforcer les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda ou alors ce n’est plus un document judiciaire mais politique, ce qui revient à faire insulte à la justice française et à sous-entendre qu’elle est aux ordres des politiques.
F24 : Après plusieurs années de tensions, la France a renoué les liens avec le Rwanda. Quels sont les enjeux d’un tel rapprochement ?
A.G : Depuis quelques années, le Rwanda est devenu une plateforme dynamique et incontournable à l’échelle de la région des Grands Lacs. Au point de jouer un rôle prépondérant sur le plan économique, notamment en matière d’investissements et d’échanges. La France ne peut rester à l’écart de cette région. Au plus fort de la crise diplomatique, Kigali avait fait en sorte que ses voisins ainsi que les pays de la sphère africaine anglophone -du Kenya à l’Afrique du Sud-, soient réservés à l’égard de Paris. Les Français ont toujours du mal à faire entendre leur voix dans certaines régions du continent, tant le dossier rwandais contribue à brouiller leur image. En outre, Paris reste soucieux de la stabilisation de la RD Congo. Or, l’Elysée sait parfaitement que rien ne peut se faire dans ce pays sans la bienveillance du Rwanda, qui peut jouer au choix, un rôle de stabilisateur ou de perturbateur. Autant de raisons qui ont poussé au réchauffement entre les deux pays.
Un rapport d'expertise français sur l'attentat du président rwandais Habyarimana, dévoilé mardi, exonère implicitement le camp tutsi. André Guichaoua, témoin expert auprès du TPI pour le Rwanda, analyse pour FRANCE 24 ce revirement judiciaire.
Par FRANCE 24 (texte)
> Un rapport d'expertise français sur l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président hutu Juvenal Habyarimana, dévoilé mardi, exonère les sept proches de l'actuel chef d'État Paul Kagame encore inculpés en France pour leur participation présumée à cet assassinat. Une attaque qui est considérée comme l'élément déclencheur du génocide rwandais. Cette réorientation de l’enquête pourrait ouvrir la voie au règlement du contentieux politico-diplomatique entre Paris et Kigali, après la détente amorcée il y a deux ans.
André Guichaoua, professeur de sociologie à l'Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et témoin expert auprès du TPI pour le Rwanda répond aux questions de FRANCE 24.
FRANCE 24 : Les juges français chargés de l'enquête sur l'assassinat du président rwandais Juvenal Habyarimana ont présenté de nouveaux éléments dans un rapport d’expertise. Comment l’analysez-vous ?
André Guichaoua : Il faut respecter ce rapport qui apporte des éléments inédits. Il doit être pris très au sérieux. Les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux se sont donnés des moyens différents pour dénouer des témoignages en se rendant sur place et en s’appuyant sur des éléments scientifiques. Ces données semblent affaiblir les conclusions du juge Bruguière, qui avaient abouti au lancement en 2006 de neuf mandats d'arrêt contre des proches du président rwandais Paul Kagame. Toutefois, il faut rester prudent, car il ne s’agit pas d’une décision judiciaire définitive mais d’un rapport qui, par définition, peut être contredit, contesté ou confirmé. D’autant qu’il reste des zones d’ombres majeures et des éléments du scénario à éclaircir. Le rapport ne désigne pas, par exemple, les auteurs possibles de l’attaque. Il est donc trop tôt pour tirer des conclusions et l'affaire est loin d'être réglée.
F24 : Pourtant, Kigali s’est félicité des conclusions de ce rapport qui "rend justice"au Rwanda. Quel impact peut avoir cette volte-face judiciaire sur les relations entre la France et ce pays ?
A.G : L’impact ne pourra être que positif, même si certains ne manqueront pas de sous-entendre qu’il tombe à pic pour les deux pays qui sont engagés dans un processus de normalisation. Cependant, la fonction de ce rapport n’est pas de renforcer les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda ou alors ce n’est plus un document judiciaire mais politique, ce qui revient à faire insulte à la justice française et à sous-entendre qu’elle est aux ordres des politiques.
F24 : Après plusieurs années de tensions, la France a renoué les liens avec le Rwanda. Quels sont les enjeux d’un tel rapprochement ?
A.G : Depuis quelques années, le Rwanda est devenu une plateforme dynamique et incontournable à l’échelle de la région des Grands Lacs. Au point de jouer un rôle prépondérant sur le plan économique, notamment en matière d’investissements et d’échanges. La France ne peut rester à l’écart de cette région. Au plus fort de la crise diplomatique, Kigali avait fait en sorte que ses voisins ainsi que les pays de la sphère africaine anglophone -du Kenya à l’Afrique du Sud-, soient réservés à l’égard de Paris. Les Français ont toujours du mal à faire entendre leur voix dans certaines régions du continent, tant le dossier rwandais contribue à brouiller leur image. En outre, Paris reste soucieux de la stabilisation de la RD Congo. Or, l’Elysée sait parfaitement que rien ne peut se faire dans ce pays sans la bienveillance du Rwanda, qui peut jouer au choix, un rôle de stabilisateur ou de perturbateur. Autant de raisons qui ont poussé au réchauffement entre les deux pays.
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APRES LA VISITE DE PAUL KAGAME
03-12-2011

UN BILAN MAGRÉ TOUT POSITIF
 
    Considérant que la visite de Paul KAGAME à Paris constituerait une insulte à l’honneur de la France et de ses soldats, l’association France-Turquoise a mis tout en œuvre pour qu’à défaut de l’annulation de cette visite, une déclaration forte du président de la République, chef des armées, rétablisse publiquement la vérité.

    Cela n’a pas été retenu et nous le regrettons.
 
    Néanmoins, l’action volontariste de l’association et le relais de tous ceux qui se sont engagés à ses côtés ont fait bouger les choses de façon extrêmement positive.
    Tout d’abord, il faut souligner le profil extrêmement bas donné à cette visite :
- le président KAGAME n’a à aucun moment repris ses accusations habituelles à l’encontre de la France,
- il n’a été reçu ni par le président du Sénat, ni par celui de l’Assemblée nationale,
- il n’a pas rencontré le ministre français des Affaires étrangères,
- ses apparitions publiques se sont produites presque en catimini.
 
    Il faut également se féliciter du soutien sans faille apporté par le monde politique, la société civile et militaire ainsi que de nombreuses associations, notamment l’association de soutien à l’armée française (ASAF) qui s’est engagée vigoureusement et a diffusé une pétition qui a recueilli 2 000 signatures. De même, il faut noter l’action de Michel VOISIN, député de l’Ain et vice-président de la commission de la Défense nationale qui a mobilisé le groupe parlementaire de soutien à l’association France-Turquoise à l’Assemblée nationale et fait signer à 18 députés une lettre au président de la République.

    Enfin, si la visite de Paul KAGAME a été  volontairement rendue discrète, elle a été, toujours grâce à l’action de l’association France-Turquoise et de ses soutiens, abondamment commentée par les médias dans une tonalité de plus en plus ouverte aux réalités du drame rwandais ainsi qu’à la vraie nature du régime de Kigali et de moins en moins complaisante à l’égard des calomnies habituelles.
    D’autant que de nouveaux témoignages importants viennent progressivement jeter une lumière difficilement contestable sur ces évènements (lire par exemple le témoignage du docteur Théogène RUDASINGWA en ligne sur ce site).

    La prochaine étape déterminante sera la décision du juge TRÉVIDIC concernant les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994.

    On pourra consulter ci-dessous une analyse quantitative des réactions suscitées par la visite de Paul Kagame.
 
RÉACTIONS À LA VISITE DE PAUL KAGAME EN FRANCE

1 -   Soutiens :
  11 -Soutien de responsables politiques et de la société civile :  
       A - Soutien par écrit ou téléphonique au Président de l’AFT,  interventions auprès de l’Elysée et du   gouvernement :  
- Edouard Balladur (ancien Premier Ministre) : lettre de soutien.
- Alain Juppé  (Ministre des AE) : lettre de soutien.
- Gérard Longuet (Ministre de la Défense) : lettre de soutien, intervention auprès du Président de la République (PR).
- Paul Quilés (ancien ministre de la Défense, Pdt mission  Parlementaire sur le Rwanda) : soutien téléphonique au Président de l’AFT, lettre au Président de la République.
- François Léotard (ancien Ministre de la Défense). : lettre de soutien et adhésion à l’association.
- Hubert Védrine (ancien Ministre AE) : lettre de soutien et lettre au Président de la République 
- Bernard Debré (Député) : lettre de soutien et question écrite au Gouvernement
- Michel Voisin (Vice Pdt commission défense AN) : lettre de soutien et lettre au  Président de la République
- Bernard Carayon (député) : lettre au Président de la République 
- Jean Marc Roubaud (député) : lettre au Ministre des AE
- Jean Paul Fournier (Sénateur Maire ) : question écrite au Gouvernement
- Gérard Charasse (député) : lettre de soutien.
- Jean Claude Batteux ( Maire) : soutien téléphonique. Intervention auprès du Président du Sénat
- Monsieur Piselli ( Maire) : soutien 
- 18 députés : lettre commune au Président de la République
( Patrick Beaudouin, Jean Louis Bernard, Claude Bodin, Jean Claude Bouchet, Patrice Calméjane, Bernard Carayon, Jean Pierre Decool, Nicolas Dhuicq, Christophe Guilloteau, Françoise Hostalier, Lionel Luca, Georges Mothron, Alain Moyne-Bressand, Christian Vanneste, Michel Voisin, Pascal Brindeau, Francis Hillmeyer, Gérard Charasse.)
- Xavier de Villepin (Ancien Sénateur) : soutien téléphonique. Intervention auprès Ministre AE
- Professeur Gentilini (ancien Pdt Croix Rouge) : soutien téléphonique. Intervention à l’Elysée.
- Denis Tillinac (écrivain) : lettre de soutien.
- Bernard Prévost (Ancien Préfet et ambassadeur en RDC): soutien 
B -  Soutien moral de responsables politiques:
- Gérard Larcher (Président du Sénat) : refus de recevoir Paul Kagamé au Sénat.

12 -  Soutien d’associations patriotiques :
- ASAF : Relais du message AFT avec envoi du mémorandum sur son réseau de communication et vers tous les élus nationaux, lettre au Président de la République (a reçu une réponse de politesse), réalisation d’une pétition (2.000 souscripteurs). L’ASAF prend le dossier Rwanda à son compte comme référence pour l’avenir.
- ANOPEX : lettre de soutien, lettre au Ministre de la Défense.
- FNAOM : soutien.
- FNAP : soutien.
- DPLV : soutien.
- Para au Feu : soutien.
- IHEDN (promotion): soutien.
- Saint Cyrienne : soutien.
- Amicale 8éme Rpima : soutien, intervention auprès des députés et élus locaux.

13 -  Soutien de généraux (2S) :
               Général Coulon- de La Presle- Schmitt- Bertin- Cann- Soubirou- Thomann- Valentin-Delort- 
               Quesnot- Rideau- Pinard Legris.  
               Vice Amiral Martin. 

2 - Médias 

21 - Articles mentionnant l’indignation des militaires français.
-    AFP :            - 10 sept : La prochaine visite de Kagame ravive les passions.
            -10 sept : Visite de Kagame, des députés interpellent.
            - 12 sept : Kagamé interpellé sur les droits de l’homme
 -   Le Monde : - 11 sept : Les retrouvailles calculées de Kigali et de Paris. 
             -15 sept : La réconciliation entre la France et le Rwanda avance à petits pas.
 -    Le Figaro :   -10 sept : La visite à haut risque de Paul Kagame en France.
                           - 13 sept : La France et le Rwanda tournent la page.
-    Libération : - 12 sept : Une réconciliation Franco Rwandaise sous tension.
                          - 30 sept : Chronique de Paul Quilés « le travail de notre mission a été une première ».
-    La Croix :     - 02 sept : Bernard Prévost, le grand saut au Congo.
                           - 10 sept : Des députés interpellent Nicolas Sarkozy.
                           - 11 sept : Ce qui divise les deux pays.
                           - 12 sept : France Rwanda, des officiers français dénoncent la falsification des faits.
-    Valeurs Actuelles : - 8 sept : Une insulte pour la France.
-    L’Express :  - 12 sept : Pourquoi la venue de Kagame fait des vagues.
-    Marianne : - 9 sept : Comment Kagame peut il être reçu à l’Elysée ?
-    Le Journal du Dimanche : - 11 sept : France Rwanda, une visite qui fait des vagues.
                                                   - 28 sept : interview de Paul Quilés.
-    Sud Ouest : - 8 sept : Des anciens de l’opération Turquoise se mobilisent à propos de la visite de Kagame.
-    Ouest France : 9 sept : Le Président rwandais à Paris : des militaires indignés.
-    Nice Matin : - 11 sept : Le Président Kagame arrive à Paris en visite de réconciliation.
-    L’Est Républicain : - 15 sept : La venue de Kagame à Paris était elle opportune ?
-    Le Dauphiné Libéré : - 13 sept : Kagame à Paris dans un climat tendu.
-    Slate Afrique : Kagame fait monter la tension à Paris.

22 - Interviews radios/TV :
- RFI : - 11 sept : une visite qui fait grincer des dents -  IW Gal Lafourcade.
- France Inter : - 10 sept : IW Gal Lafourcade.
- France Culture : - 10 sept : IW Gal lafourcade
- Europe 1 : - 11 sept : IW Gal Lafourcade
- FR3 : - sept : IW Colonel Hogard.

3 -  Articles généraux mettant en cause Kagame et le régime de Kigali.
- 18 juillet : Les dessous de la visite prochaine du Pdt Kagame à Paris (Echos d’Afrique)
- 25 juillet : Visite de Kagame en France, faut il boire le calice jusqu’à la lie ? (Hervé Cheuzeville)
- 2 août : Les sept controverses rwandaises (Hervé Cheuzeville)
- 5 août : Aux armes citoyens : Un général rwandais vient encrasser la France (Jean Luc Tanoh).
- 5 Août : Article Roland Hureaux sur le Rwanda et l’armée française.
- 8 sept : Le vrai visage de Kagame (VA - Bernard Lugan)
- 8 sept : Survie : dénonce le rapprochement Kagame Sarkozy et met en cause le régime de Kigali.
- 15 sept : La Lettre du Continent Kagame en hausse à Paris, en baisse aux Etats-Unis.
- 18 sept : Le Nouvel Observateur : Nicolas Sarkozy invite le Pdt rwandais, c’est une honte (Gérald Kahima). 
- Sept : Marianne : Kagamé a tué plus de gens que Kadhafi.
- 1er Oct : Témoignage de Théogéne Rudasinga sur l’attentat du 6 avril.
- 3 oct : La vérité, enfin (Hervé Cheuzeville).

4 – Divers :
 L’Association française des victimes du terrorisme  (AFVT)  a publié un communiqué exprimant le malaise des victimes de l’attentat du 6 avril.
Devant les réactions négatives, le MEDEF, qui n’a jamais répondu à la lettre d’interpellation du Président de l’AFT, a modifié son programme en déplaçant la réception  de Kagame du siège international du MEDEF à un hôtel.
Au cours de sa conférence de presse, le Président Kagame a été interpellé sur les droits de l’homme dans son pays et sur la nature totalitaire de son régime par des organisations humanitaires.                        



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APRÈS LA VISITE DU PRÉSIDENT KAGAMÉ, LA VÉRITÉ SE FRAIE SON CHEMIN
05-11-2011

 

Un des principaux dignitaires du régime rwandais, le docteur Théogène RUDASINGWA, confirme le 1er octobre 2011 que Paul KAGAME a fait abattre l’avion du président HABYARIMANA, assassinant du même coup le président du Burundi, Cyprien NTARYAMIRA, leur suite et l’équipage, et déclenchant en 1994 le génocide au Rwanda. Il avoue avoir menti pendant toutes ces années.

 

Rappelons que Paul KAGAME a toujours prétendu que ce sont les Hutus extrémistes qui ont assassiné le président HABYARIMANA pour faire échouer les accords d’Arusha et déclencher le génocide. S’il se confirme que c’est bien lui qui a été le  commanditaire de cet attentat (et les témoignages de ses ex-partisans commencent à aller dans ce sens), les accusations portées contre la France et ses soldats perdent alors toute crédibilité. Il faudra en tirer toutes les conséquences.

 

Qu’on lise ci-dessous le témoignage du docteur Théogène RUDASINGWA. 

 

«  Le 4 août 1993, à Arusha, en Tanzanie, le gouvernement du Rwanda et le Front patriotique rwandais (FPR) ont signé l'Accord de paix d'Arusha. Les dispositions de l'accord comprennent un engagement à des principes de la primauté du droit, la démocratie, l'unité nationale, le pluralisme, le respect des libertés fondamentales et les droits de l'individu. L'accord contenait encore des dispositions sur le partage du pouvoir, la formation d'une Armée nationale et d'une nouvelle gendarmerie nationale à partir des forces des deux parties belligérantes, ainsi qu'une solution définitive au problème des réfugiés rwandais.

 

Le 6 avril 1994, à 20h25, l’appareil Falcon 50 du Président de la République du Rwanda, avec pour numéro d'immatriculation "9XR-NN", a été abattu au cours de son retour d'une réunion au sommet à DAR-ES-SALAAM en Tanzanie, alors qu’il était en phase d’approche de l'aéroport international de Kanombe à Kigali au Rwanda. Toutes les personnes à bord, dont le président Juvénal Habyarimana, le président Cyprien Ntaryamira du Burundi, l’entièreté de leur entourage ainsi que l'équipage sont morts.

 

La mort du président Juvénal Habyarimana a déclenché le début du génocide qui visait les Tutsi et les Hutu modérés et la reprise de la guerre civile entre le FPR et le Gouvernement du Rwanda. A partir de ce moment, la version affligeante et fausse du FPR a été celle des extrémistes Hutus du camp du Président Habyarimana ayant abattu l'avion afin de faire dérailler la mise en application de l'Accord de paix d'Arusha et de trouver un prétexte pour mettre en œuvre le génocide au cours duquel plus de 800.000 Rwandais sont morts en 100 jours à peine. Cette histoire est devenue prédominante dans certains milieux internationaux, parmi les spécialistes universitaires et parmi certaines organisations de défense des droits de l’homme.

 

La vérité doit maintenant être dite. Paul Kagamé, alors commandant en chef de l'Armée Patriotique Rwandaise, la branche armée du Front Patriotique Rwandais, est personnellement responsable de l'attentat contre l'avion. En Juillet 1994, Paul Kagamé lui-même, avec son insensibilité caractéristique et beaucoup de jubilation, m'a dit qu'il était responsable de l'attentat contre l'avion. Malgré les dénégations publiques, le fait de la culpabilité de Kagamé dans ce crime est aussi un «secret» public au sein des cercles du FPR et des RDF. Comme bon nombre au sein de la direction du FPR, et malgré le fait que je savais que Kagamé était coupable de ce crime, j’ai vendu avec enthousiasme cette version trompeuse de l'histoire, surtout pour les étrangers qui en gros sont arrivés à y croire.

 

L'atmosphère politique et sociale durant la période allant de la signature des Accords d'Arusha en août 1993 a été très explosive. En tuant le président Habyarimana, Paul Kagamé a introduit une "wild card" dans un cessez-le feu déjà fragile. Cela a créé un puissant déclencheur, l'escalade d'un point de basculement vers la reprise de la guerre, le génocide civil et la déstabilisation à l'échelle régionale qui a dévasté depuis la région des Grands Lacs

 

Paul Kagamé doit être immédiatement inculpé pour ce crime et ses conséquences.

 

Tout d'abord, il n'y a absolument rien d'honorable ou d’héroïque de parvenir à un accord de paix avec un partenaire, puis de le poignarder dans le dos. Kagamé et Habyarimana ne se sont pas affrontés sur le champ de bataille, le 6 avril 1994. S’il en avait été ainsi, et si l'un d'eux ou les deux étaient morts, cela aurait été tragique, mais compréhensible, comme une conséquence de la logique de guerre. Le président Habyarimana revenait d'un sommet de la paix et en le tuant, Kagamé a fait preuve de la plus haute forme de trahison. Deuxièmement, Paul Kagamé, un Tutsi lui-même, a joué un jeu cynique avec la vie des innocents Tutsi et Hutu modérés qui ont péri au cours du génocide. Alors que l'assassinat du président Habyarimana, un Hutu, n'a pas été une cause directe du génocide, il a fourni une motivation puissante et a mis en branle ceux qui ont organisé, mis en route et exécuté le génocide contre les Tutsi et les Hutu modérés. Troisièmement, en tuant le président Habyarimana, Kagamé a fait définitivement dérailler le processus de paix déjà fragile d’Arusha en une dangereuse chasse au pouvoir absolu au Rwanda. Kagamé craignait le document et l'esprit de l'Accord de paix d'Arusha. Comme la suite des événements le démontre aujourd'hui, Kagamé ne croit pas à l'unité des Rwandais, à la démocratie, au respect des droits de l'homme et des autres libertés fondamentales, à la primauté du droit, au partage du pouvoir, aux institutions de sécurité intégrées et responsables à caractère national, ni à la résolution une fois pour toutes du problème des réfugiés. C'est tout cela que représentait l'Accord de paix d'Arusha. C'est ce qui manque aujourd'hui au Rwanda. Enfin, et non le moindre argument, le récit mensonger, les dénégations et les tromperies de Kagamé et du FPR ont conduit à une justice partiale, tant au Rwanda qu’au Tribunal Pénal International pour le Rwanda, compromettant ainsi les perspectives de justice pour tous les Rwandais, la réconciliation et la guérison. La communauté internationale est, sciemment ou inconsciemment, devenue complice dans le jeu systématique et honteux du mensonge de Kagamé. 

 

Je n'ai jamais fait partie de la conspiration en vue de commettre ce crime odieux. En fait, j'en ai entendu parler initialement à la BBC vers 01h00 am, le 7 avril 1994, alors que j'étais à Kampala, où j'assistais à une conférence du Mouvement panafricain.

 

Je crois que la majorité des membres du FPR et l'APR, civils et combattants comme moi, n’ont pas fait partie de cette conspiration meurtrière qui été initiée et organisée par Paul Kagamé et exécutée sur ses ordres. Néanmoins, j'ai été Secrétaire Général du FPR et major dans l'armée rebelle, l'APR. C’est à cet égard, dans le contexte de la responsabilité collective et avec un esprit de vérité, à la recherche du pardon et de guérison, que je tiens à dire que je suis profondément désolé de cette perte de vie et demande pardon aux familles de Juvénal Habyarimana, Cyprien Ntaryamira, Déogratias Nsabimana, Elie Sagatwa, Thaddée Bagaragaza, Emmanuel Akingeneye, Bernard Ciza, Cyriaque Simbizi, Jacky Héraud, Jean-Pierre Minaberry, et Jean-Michel Perrine. Je demande aussi pardon à tous les Rwandais, dans l'espoir que nous devons à l'unanimité rejeter catégoriquement le meurtre, la trahison, le mensonge et la conspiration comme armes politiques, éradiquer l'impunité une fois pour toutes et travailler ensemble pour construire une culture de la vérité, du pardon, de la guérison et de la primauté du droit. Je demande pardon au peuple du Burundi et de la France dont des dirigeants et des citoyens ont été tués par ce crime. Surtout, je demande pardon à Dieu pour avoir menti et caché le mal depuis trop longtemps. En disant librement la vérité devant Dieu et le peuple rwandais, je comprends parfaitement les risques que je prends, compte tenu de la vindicte légendaire de Paul Kagamé et sa soif insatiable de répandre le sang des Rwandais. C'est un risque partagé que les Rwandais supportent quotidiennement dans leur quête de liberté et de justice pour tous. Ni la puissance, ni la gloire, ni l'or, ni l'argent ne sont une motivation pour moi dans ces questions de mort qui ont défini notre nation depuis trop longtemps. La vérité ne peut pas attendre demain, parce que la nation rwandaise est très malade et divisée et ne peut ni se reconstruire, ni guérir, sur des mensonges. Tous les Rwandais ont besoin de toute urgence de la vérité aujourd'hui. Notre recherche individuelle et collective de la vérité nous rendra libre. Lorsque nous serons libres, nous pourrons librement nous pardonner les uns les autres et commencer à vivre pleinement et enfin guérir. »

 

Dr Théogène Rudasingwa

 

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Aucun pays ne s'est mobilisé autant
19-10-2011

Tribune de Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes, parue dans "Libération" (17 octobre 2011)

Je réagis à l'article de Dominique Franche que vous avez publié le 30 septembre sur l'honneur de la France au Rwanda et je veux dire mon indignation. Cet article à charge cherche en quelques lignes à démonter le travail considérable d'enquête conduit par la mission Quilès de 1998, et dont le rapport compte plusieurs milliers de pages et les auditions de tous les responsables et autorités concernés. Aucun rapport, ni aucune étude n'ont depuis lors interrogé et entendu autant de témoins. La mission d'enquête a conclu sans ambiguïté à l'absence de responsabilités de la France dans le génocide.

Bien sûr, on peut toujours dire que notre pays aurait pu faire mieux, mais ce serait aussi intéressant d'avoir l'honnêteté de rappeler certains faits.

Que c'est la France, la première, qui a décidé un embargo sur les armes, le 8 mai 1994. Que c'est aussi la France par la voix de son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Alain Juppé, le 15 mai 1994, qui a parlé la première de « génocide ». Que c'est encore et enfin la France qui est le seul Etat au monde à avoir risqué la vie de ses soldats pour sauver des Rwandais et pour mener la seule opération humanitaire d'ampleur au Rwanda. Le gouvernement français a obtenu le feu vert du Conseil de sécurité par la résolution numéro 929 en date du 22 juin 1994.

L'opération Turquoise s'est exactement déroulée dans les conditions fixées par la résolution des Nations unies. Elle a permis de sauver des centaines de milliers de vies. Turquoise a également protégé des dizaines de sites de regroupement de civils tutsis et permis aux ONG d'accéder en toute sécurité à ces populations. Son mandat n'était en aucune manière de faire la guerre, mais de mener une opération humanitaire, nettement définie dans le temps et dans l'espace. Elle l'a remplie dans des conditions qui font honneur à l'armée française et à notre pays, jusqu'à ce qu'enfin arrivent sur place les Casques bleus de la Minuar II, fin août 1994.

Il faudrait quand même avoir l'honnêteté de rappeler tout cela et de souligner aussi qu'aucun autre pays ne s'était mobilisé comme nous l'avions fait à l'époque.

Devant la carence de la communauté internationale et les obstacles mis par certaines grandes puissances aux demandes du secrétaire général de l'ONU, la France a été la seule à avoir un sursaut de courage.

Qu'a fait le reste de la communauté internationale ? Avant de mettre en cause la France et ses responsables publics, civils et militaires, il serait bon que l'on s'interroge sur l'attitude de ceux qui n'ont rien dit, qui n'ont rien fait, qui n'ont rien tenté. Pourquoi n'en parlez-vous jamais et pourquoi ne posez-vous pas aussi ces questions ?

Non content de ressortir des accusations sans fondement, l'article pousse l'outrance à avancer des hypothèses totalement absurdes (la France qui aurait décidé de tirer sur l'avion du Président). Trop c'est trop.
Finalement, la personne qui a le mieux répondu à la question que posait Libération à sa une du 12 septembre (« Génocide rwandais : la France s'excusera-t-elle ? »), c'est le président Kagame lui-même lorsqu'il a dit, sur le perron de l'Elysée, officiellement et comme pour clore ce débat inutilement prolongé : « Je n'attends pas d'excuses de la France. »
SOURCE : France - Ministry of Foreign Affairs

LIEN   http://www.liberation.fr/monde/01012366010-aucun-pays-ne-s-est-mobilise-autant

  

 
Décès du Général(2s)André Schill
17-10-2011

Le général Schill vient de nous quitter. Il s’est éteint le 14 octobre, à 69 ans, à la suite d’une longue maladie contre laquelle il s’est battu pendant 6 ans avec une volonté, un courage et une dignité à l’image de ce que fut sa vie d’officier. Au cours d’un parcours militaire exemplaire où il servit la France avec honneur, responsabilité et abnégation au sein des Troupes de Marine, André Schill a participé à l’Opération Turquoise au Rwanda en 1994. Comme pour beaucoup d’entre nous, ce fut un moment important de sa vie militaire. En complément de la mission d’arrêt des massacres et de protection des populations, chef de la Cellule « Affaires Civiles », il fut responsable du volet humanitaire de l’intervention, composante essentielle de cette opération. S’investissant sans compter dans cette mission difficile et éprouvante, il assura la coordination de l’ensemble de l’aide humanitaire au profit des populations en détresse. Son charisme, son intelligence de la situation, son expérience, son autorité et ses qualités humaines, lui ont permis d’organiser une action efficace et déterminante de l’ensemble des acteurs sur le terrain en complément de celle de la Force. Il a ainsi entretenu des relations de confiances avec les agences internationales, les organisations humanitaires institutionnelles et les ONG, leur apportant les informations et le soutien logistique nécessaires à leur action sur le terrain. Son action a été à l’époque saluée par tous. André Schill, comme tous les militaires de Turquoise, a été marqué par cette opération dans laquelle il s’est investi sans compter au profit des populations. C’est pourquoi, indigné par les accusations injustes et infondées portées contre l’action de l’armée française au Rwanda, il a rejoint l’association France Turquoise pour participer à la défense de l’honneur de nos soldats et contribuer au rétablissement de la vérité. Il nous a apporté son expérience, son ouverture d’esprit, la finesse de son analyse, sa tolérance et une profonde humanité. Ces qualités, alliées à l’amitié qu’il me portait, ont été pour moi un soutien particulièrement précieux. Sa disparition laisse un grand vide et il va nous manquer, mais nous ne l’oublierons pas. Nos pensées vont aujourd’hui à son épouse Françoise et à ses enfants dont nous partageons la peine et que nous assurons de notre soutien et de toute notre affection.

Général (2S) Jean Claude Lafourcade

Les obsèques auront lieu le vendredi 21 octobre à 10h30 en l’Eglise Saint Germain de Soisy sous Montmorency 95.

 
Lu dans MARIANNE 2
11-09-2011

  

Comment Kagame peut-il être reçu à l'Elysée ?

 
Lu dans Valeurs Actuelles : Kagamé : une insulte à la France
09-09-2011

La France a renversé Mouammar Kadhafi et tance son alter ego syrien Bachar el-Assad. C’est tout à son honneur. Elle s’apprête pourtant à recevoir un autre autocrate au discours particulièrement anti-français : Paul Kagamé, chef de l’État rwandais depuis dix-sept ans. Cette visite officielle (du 11 au 13 septembre) pourrait sembler normale dans le cadre de l’apaisement des relations entre la France et le Rwanda. Dans les conditions actuelles, elle est en réalité une insulte à la France et à son armée.

Connu pour sa brutalité à l’égard de ses opposants, jugé par l’Onu responsable d’atrocités de masse au Congo, le régime Kagamé est sous le coup d’une cinquantaine de mandats d’arrêts internationaux, émis contre ses principaux caciques. Il a réagi par une politique systématique d’insultes contre la France : Kigali accuse trente-trois personnalités françaises, civiles et militaires, dont Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, de « crimes contre l’humanité et de complicité de génocide », pour leur rôle dans le génocide commis par les Hutus contre les Tutsis (l’ethnie de Kagamé) entre avril et juin 1994 (entre 500 000 et 800 000 morts).

Comme la visite de Kadhafi à Paris en 2007, ce séjour de Kagamé suscite l’indignation de ceux qui estiment que la France doit savoir se faire respecter. Malgré les appels pressants des officiers salis par Kagamé, Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore exprimé sur ce dossier.

Regroupés dans l’association France Turquoise (nom de cette opération humanitaire exemplaire qui permit de sauver plusieurs dizaines de milliers de vies), les anciens du Rwanda sont déçus. « On s’est bien fait balader », disent ces hommes qui ont servi leur pays dans des conditions particulièrement difficiles. Ce silence du chef de l’État, chef des armées, est une souffrance : « Si rien n’est fait, une telle visite ne pourra que contribuer à inscrire dans l’Histoire l’affirmation selon laquelle des soldats français ont participé au génocide rwandais en 1994 », estime le général Jean-Claude LAFOURCADE, président de France Turquoise (www.france-turquoise.fr).

Bernard Kouchner, ami personnel de Kagamé, naguère au Quai d’Orsay, avait bloqué ce dossier. Alain Juppé a fait renaître l’espoir. Il dénonce un « tissu de mensonges ». Cela ne suffit plus. Avec l’ancien premier ministre Édouard Balladur, lui aussi mis en cause, il doit obtenir que Nicolas Sarkozy honore enfin l’engagement de nos troupes au Rwanda. Sans ce soutien et sans les excuses de Kagamé, le monde pourra croire qu’on peut venir insulter “officiellement” la France et ses soldats à Paris.  

 Frédéric PONS 

(article paru dans Valeurs Actuelles du  08/09/2011) 

 
Lu dans Valeurs Actuelles : Le vrai visage de Paul Kagamé
09-09-2011

Ce lundi 12 septembre, Paul Kagamé, président de la République du Rwanda, devrait effectuer une visite officielle en France. Plusieurs fois repoussé, ce voyage destiné à apurer le contentieux entre Paris et Kigali s’inscrit dans une curieuse atmosphère.

Larvée depuis la prise du pouvoir par Paul Kagamé en 1994, la crise franco-rwandaise a connu une brutale accélération à la fin de l’année 2006 quand le juge Bruguière lança des mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs de ses proches, soupçonnés d’avoir, le 6 avril 1994, abattu ou fait abattre l’avion du président Habyarimana, attentat qui fut l’élément déclencheur du génocide.

Or, la thèse officielle du régime rwandais est que ce furent des Hutus qui assassinèrent leur propre président afin de pouvoir déclencher contre les Tutsis un génocide programmé. La “légitimité” de son régime reposant sur ce mythe, Paul Kagamé répliqua en rompant les relations diplomatiques avec Paris le 25 novembre 2006. Puis il accusa la France de complicité dans le génocide et menaça de lancer à son tour des mandats d’arrêt contre plusieurs dirigeants français dont MM. Balladur, Védrine, Villepin, Léotard, Juppé, ainsi que contre plusieurs hauts gradés de l’armée française.

La nomination de Bernard Kouchner, ami du président rwandais, à la tête du ministère français des Affaires étrangères ouvrit ensuite une période de dégel marquée, en novembre 2009, par le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, puis par le voyage du président Sarkozy au Rwanda en février suivant.

Au moment où la France s’est engagée dans une croisade démocratique tous azimuts, la visite de Paul Kagamé paraît insolite. En effet :

1. Quarante-neuf mandats d’arrêts internationaux ont été émis contre ses plus directs collaborateurs. Quarante par la justice espagnole pour “crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide”, et neuf par les magistrats français enquêtant sur les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994 qui détruisit en vol l’avion du président Habyarimana.

2. En mars 2008, Mme Carla del Ponte, ancien procureur du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), révéla que le TPIR détenait des preuves permettant d’inculper Paul Kagamé pour “crimes de guerre et génocide” mais que, si aucune procédure n’avait été ouverte contre lui, c’était en raison des fortes pressions exercées par les États-Unis et la Grande-Bretagne.

3. Grâce notamment aux travaux du TPIR, nous savons aujourd’hui qu’entre 1990 et 1994, Paul Kagamé déstabilisa le pouvoir en place à Kigali au moyen d’attentats sanglants et d’exécutions ciblées de hauts responsables politiques hutus. Furent ainsi exacerbées des tensions ethniques qui explosèrent immédiatement après l’assassinat du président hutu Habyarimana.

4. Le 1er octobre 2010, la publication du rapport Mapping rédigé à l’attention du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU mit en évidence l’ampleur des crimes commis en République démocratique du Congo contre les réfugiés hutus et les populations locales par l’armée de Paul Kagamé. Estimant le nombre des victimes à plusieurs centaines de milliers, les auteurs du document parlent de « génocide ».

Au moment où le président Sarkozy s’incline devant les cercueils des militaires français tombés en Afghanistan, il importe de rappeler que le 8 avril 1994, des soldats de Kagamé ont froidement assassiné à leur domicile deux sous-officiers français de la gendarmerie et une civile, à savoir les adjudants-chefs René Maïer et Alain Didot, et l’épouse de celui-ci. Quant à l’équipage de l’avion abattu le 6 avril 1994, il était composé de trois coopérants civils français.

Le futur hôte de la France a également ordonné la fabrication du rapport Mucyo mettant en cause des dizaines d’hommes politiques et d’officiers français artificiellement accusés de complicité dans le génocide de 1994. Il a, depuis, été amplement démontré qu’il s’agissait d’un montage grossier reposant sur une accumulation de faux témoignages et de faux en écriture. Lui-même mis en cause, M. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, a, le 4 mai 2010, devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, parlé à ce sujet d’un « tissu de mensonges et d’inventions destiné à créer un contre-feu à l’instruction judiciaire menée en France ».

Ces accusations mensongères n’ont pas été retirées par le président Kagamé avant son voyage en France. Apparemment moins sensibles aux exigences de la realpolitik que les dirigeants français, les chefs de gouvernement espagnol et belge José Luis Zapatero et Yves Leterme ont, le premier en juillet 2010, le second en décembre, refusé de rencontrer un président rwandais soupçonné par deux justices européennes indépendantes d’avoir, le 6 avril 1994, fait abattre en vol l’avion transportant deux chefs d’État en exercice, celui du Rwanda et celui du Burundi, et donc d’être, si ces accusations étaient vérifiées, celui qui aurait allumé la mèche génocidaire.

 Bernard LUGAN

Expert devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda)

directeur de la revue mensuelle par Internet Afrique réelle

(article paru dans Valeurs actuelles du 8 septembre)

  

 
Monsieur Larcher refuse de recevoir le président Kagamé
09-09-2011
larcher.jpg

La visite en France de Paul Kagamé, président du Rwanda, aura lieu bien que celui-ci maintienne ses accusations de participation de l'armée française au génocide perpétré au Rwanda en juin 1994.

L'association France-Turquoise note avec beaucoup de satisfaction que monsieur Gerard Larcher, président du Sénat, deuxième personnage de l'Etat, ne recevra pas le président Kagamé au cours de cette visite qui débutera le 12 septembre 2011, marquant ainsi son désaccord et son soutien à la restauration de l'honneur de la France et de ses soldats."

 

 
Visite de Kagamé, réactions de parlementaires
25-08-2011

LA SENATRICE JOËLLE GARRIAUD-MAYLAM (UMP) CONTRE LA VISITE DE PAUL KAGAME A PARIS

août 24 2011  | Sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam

Paul Kagamé, président du Rwanda, viendra à Paris les 12 et 13 septembre prochains. Cette annonce ne pouvait me laisser indifférente, et j’ai tenu à déposer aujourd’hui au Sénat une question écrite à ce sujet. Le président rwandais a accusé les forces françaises envoyées au Rwanda, sur demande de l’ONU, d’être les complices du génocide que ce pays a subi et d’avoir ainsi contribué à des crimes contre l’humanité. Personne ne peut nier de bonne foi la réalité du génocide. La population rwandaise en garde encore les stigmates. Mais le génocide ne doit pas servir à alimenter des accusations injustes ou à justifier des politiques inacceptables. Nous avons sans doute, comme d’autres, commis des erreurs. Nous n’avons pas vu venir la catastrophe. Nous n’avons pas pris suffisamment au sérieux les appels au meurtre de Radio Mille Collines. Et pourtant. Les militaires français ont tout fait pour rétablir la paix et la sécurité, au péril de leur vie, dans un pays en proie au chaos et à la folie sanguinaire. Ils ont sauvé des milliers d’hommes, de femmes et d‘enfants en s’opposant aux exactions et aux crimes quels que fussent leurs acteurs. Nos responsables politiques de l’époque sont des hommes d’honneur. Ils ont agi en toute bonne foi, avec comme priorité de préserver ce qui pouvait l’être. Sans notre action, la tragédie aurait été bien pire encore.  Image  La visite du président Kagamé aura lieu. On peut ne pas s’en réjouir. C’est mon cas. Je comprends certes que l’intérêt de la France et du Rwanda passe par un apaisement de leurs relations. Mais il importe au moins qu’à l’occasion de cette visite, le chef de l’Etat rwandais manifeste publiquement sa volonté de ne plus faire à la France, à son armée et à ses responsables de procès injuste. N’oublions pas que nos militaires consacrent leur vie à défendre la démocratie et les droits de l’Homme dans des opérations extérieures, sans rien en retirer d’autre que l’honneur d’avoir contribué, sous nos couleurs, à la paix et au développement. La France a soutenu le peuple libyen dans sa quête de liberté face au tyran qu’est Kadhafi ; le Président Sarkozy est en train de gagner son pari, après avoir, seul contre (presque) tous, défendu sa vision d’une Libye libre. Nous pouvons être fiers de notre action. La visite doit être l’occasion de dire les choses franchement. Sur le passé et sur le présent. Sur l’action des troupes rwandaises en RDC. Sur la répression contre les opposants rwandais : je pense notamment à Victoire Ingabire, emprisonnée depuis plus d’un an. La réalité du génocide ne doit pas servir d’excuse au déni de la démocratie et des droits humains. Si nous tenons au président rwandais un langage de vérité, s’il comprend que la France est prête à reconnaître ses erreurs mais pas à renier l’honneur de son armée ni à mettre les Droits de l’Homme dans sa poche, alors, oui, cette visite qui suscite des interrogations légitimes aura été peut-être utile

provenance article  http://www.france-rwanda.info/article-la-senatrice-joelle-garriaud-maylam-contre-la-visite-de-paul-kagame-a-paris-82404678.html  

Bernard CARAYON, député du Tarn, maire de Lavaur, interpelle ses collègues parlementaires. (30 août 2011)

Madame le Député, Monsieur le Député, Cher(e)s collègues,

L’annonce de la visite officielle à Paris de Monsieur Paul Kagamé, président du Rwanda les 12 et 13 septembre prochains ne peut que nous interpeller.

Ce dernier a accusé, en son temps, notre pays et les forces françaises envoyées au Rwanda sur demande de l’ONU, d’être les complices du génocide que ce pays a subi et d’avoir contribué à des crimes contre l’humanité.

Pour m’être rendu personnellement en mission au Rwanda en 1994 et assuré les fonctions de secrétaire de la mission d’information sur le Rwanda (présidée par Paul Quilès) j’ai pu constater que les militaires français ont tout fait pour assurer la sécurité, au péril de leur vie, dans un pays complètement dévasté par la folie sanguinaire.

Des centaines de milliers de vies d’enfants, de femmes et d’hommes ont été sauvées par leur présence et leur action. Les hommes politiques français de l’époque ont agi en fonction de leurs connaissances dans les limites fixées par les organisations internationales. Sans notre action, la tragédie aurait été bien pire.

Je ne peux, personnellement, fermer les yeux et ne rien dire. C’est pourquoi je vous adresse copie de la lettre que je viens de faire parvenir à Monsieur le Président de la République.

Si vous souhaitez en être cosignataire, merci de me le faire savoir avant le 6 septembre 2011 à 12 heures à l’adresse suivante : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Il y va de l’honneur de la France, de son armée et de ses soldats.

Je vous prie d’agréer, Madame le Député, Monsieur le Député, cher(e)s collègues, l’expression de ma parfaite considération.


 
Visite de Paul Kagame : la France brade l’honneur de ses soldats et couvre un tissu de mensonges.
13-08-2011
kagame0208.jpgNous venons d’apprendre que le Président du Rwanda, Paul Kagame, pourrait se rendre en visite en France le 12 septembre prochain.  Nous n’avons naturellement pas à commenter la reprise des relations diplomatiques de la France avec le Rwanda. Mais nous constatons que M. Kagame n’a pas retiré ses accusations de participation directe au génocide à l’encontre des soldats français qui ont servi au Rwanda, en particulier lors de l’opération Turquoise. 
Le président de la République, à qui nous avons demandé de s’exprimer publiquement sur ce sujet, n’a pas cru devoir répondre, à ce jour, à cette légitime demande. Si rien n’est fait, une telle visite ne pourra que contribuer à inscrire dans l’Histoire l’affirmation selon laquelle des soldats français ont participé au génocide Rwandais en 1994. Cette falsification des faits, déshonorante pour l’armée française, est naturellement inacceptable.
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Visite de Kagame en France : faut-il boire le calice jusqu'à la lie?
26-07-2011

Le 12 septembre prochain, la France va dérouler le tapis rouge et déployer tous les fastes de la République pour le pire criminel actuellement au pouvoir : le général autoproclamé Paul Kagame, dictateur du Rwanda. Alors que cette visite était annoncée, on apprenait aussi que des femmes tutsi du Rwanda avaient déposé plainte contre l’armée française pour des viols collectifs qui auraient été commis durant l’Opération Turquoise (1994). Ces accusations seraient « confirmées » par d’anciens miliciens hutu qui auraient collaboré avec les militaires français et qui sont actuellement détenus au Rwanda.

Depuis son arrivée au pouvoir par la force des armes en Juillet 94, Kagame n’a eu de cesse que de s’en prendre à la France. Selon lui, c’est la France qui a planifié et orchestré le génocide en soutenant les milices des « extrémistes hutu » en les entrainant et en les armant. Toujours selon Kagame, l’armée française aurait directement participé audit génocide en massacrant des Tutsi ou en en livrant d’autres aux miliciens hutu. Enfin, par le biais de l’ « Opération Turquoise », la France aurait exfiltré les responsables et les réalisateurs du génocide, et elle en abriterait un certain nombre sur son territoire !

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Relations France Rwanda. Point de vue de monsieur Alain Juppé
19-06-2011
Audition de monsieur Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères et européennes, devant la commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale le 4 mai 2011.
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Question de monsieur Jacques Remiller : (…) lors de votre nomination, monsieur le ministre d’Etat, le président du Rwanda a déclaré que vous ne seriez pas le bienvenue dans son pays. Au-delà de la réaction –très sèche- du Quai d’Orsay, quel est votre sentiment personnel ?
Réponse de monsieur Alain Juppé.
(…) Quant au Rwanda, je distinguerai mon sentiment personnel, que je garde pour moi, et l'intérêt de la France. J'espère seulement qu'un jour la vérité historique sera faite sur ce qui s'est passé au Rwanda à partir de 1993. Un rapport du Conseil de sécurité, qui n'a pas fait l'objet d'une grande publicité jusqu'à présent, pointe les crimes commis en République démocratique du Congo. Sur un plan diplomatique, nous avons intérêt à avoir de bonnes relations avec le Rwanda et le processus amorcé par le Président de la République doit être poursuivi dans des conditions convenables. M. Kagamé a dit que je ne serais pas le bienvenu au Rwanda, et je lui ai répondu que je n'avais pas l'intention d'y aller tant que circulerait le rapport qui met en cause M. Mitterrand, M. Balladur, M. Védrine, M. de Villepin, M. Léotard, moi-même et l'armée française. Ce tissu d'inventions et de mensonges est destiné à créer un contre-feu à l'instruction judiciaire menée en France. Comme je l'ai dit devant la commission de l'Assemblée nationale présidée par M. Quilès, l'opération Turquoise est à l'honneur des militaires français qui ont sauvé des centaines de milliers de vies.
 
Pourquoi la France ne peut pas recevoir Paul Kagame
18-04-2011

POINT DE VUE DE Jean-Marie NDAGIJIMANA, ancien Ambassadeur, ancien Ministre

 Jean-Marie Ndagijimana, ancien ambassadeur du Rwanda en France et ancien ministre des affaires étrangères rwandais en France s'exprime sur le Président Kagame à l'approche d'une possible visite de celui-ci en France. Il rappel la biographie de celui-ci et son implication dans les tragiques évènements du Rwanda dans  son ouvrage : Paul Kagame a sacrifié les tutsi .

 

Dans un article daté du 6 janvier 2011 intitulé « Les minerais du sang passent par Kigali », le
journal Le Point montre que la réexportation des minerais du Congo par le Rwanda
encourage la poursuite des conflits armés dans la région des grands lacs.
Pendant ce temps, en prévision d’une visite en France du président rwandais Paul Kagame,
annoncée pour juillet 2011, le patronat français se prépare à envoyer une importante
délégation dans la capitale rwandaise avec comme objectif avoué de signer des contrats juteux
dans divers secteurs, dont l’exploitation du gaz du lac Kivu.

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Point de situation - mars 2011
15-03-2011

   

L’assemblée générale de l'association France-Turquoise s’est tenue le jeudi 23 février 2011 au siège social à la fédération André Maginot à Paris.

A cette occasion le général Lafourcade, président de l'association, a fait le point de la situation politique, judiciaire et morale compte tenu des dernières évolutions et l'assemblée a publié trois résolutions.

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Kagamé rejoint le club des infréquentables
05-01-2011
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En juillet dernier le premier ministre espagnol José Louis Zapatero avait, suite aux pressions internes d’associations, refusé de rencontrer le Président du Rwanda à Madrid à l’occasion d’une conférence internationale. À son tour, Yves Leterme, premier ministre belge, a annulé l’entretien prévu avec Kagamé le 6 décembre à Bruxcelles et ce « pour des raisons d’agenda ». Ces événements laisseraient ils entrevoir un éclair de lucidité de la communauté internationale quant à la fréquentabilité de l’ancien Général du FPR ?

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