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France, Rwanda : relations politiques.A la veille de la visite à Kigali du président de la république française plusieurs éditorialistes et personnalités politiques soulignent les enjeux de ce... >> en savoir +
Le rapprochement récent de la France avec le Rwanda amène à se poser un bon nombre de questions. Les intérêts économiques des deux pays sont, pour beaucoup d'observateurs, la première des explications de ce revirement politique soudain.
Les journalistes ou membres d'associations dont les propos sont repris ci-dessous, ont cherché à comprendre les causes et conséquences de la nouvelle amitié franco-rwandaise.
A la veille de la visite à Kigali du président de la république française plusieurs éditorialistes et personnalités politiques soulignent les enjeux de ce voyage.
Poison rwandais par Frédéric Pons le jeudi, 18/02/2010
Nicolas Sarkozy doit se rendre au Gabon et au Rwanda du 23 au 26 février. (…)
La visite à Kigali revêt une (autre) dimension qui émeut, autant au Rwanda qu’en France. Aux yeux des Africains, l’escale du président français semble adouber un régime dont le caractère totalitaire et antifrançais ne fait aucun doute et un président, Paul Kagamé, engagé dans une âpre campagne pour l’élection présidentielle du 9 août prochain. Au pouvoir depuis quinze ans, le Tutsi Kagamé maintient son contrôle sur le pays conquis au détriment de la communauté hutue, pourtant majoritaire dans la population.(…)
Plus grave pour la France, Kigali mène depuis quinze ans une campagne de désinformation diffamatoire contre des responsables civils et militaires français de l’époque (à commencer par Édouard Balladur et Alain Juppé), accusés, sans aucune preuve, de “complicité de génocide”. Les gestes de bonne volonté adressés par Paris, notamment par Bernard Kouchner qui se dit “ami personnel” de Kagamé, n’ont pas calmé le Rwandais, ni même empêché le Rwanda d’adhérer au Commonwealth en reniant un siècle de francophonie.
L’honneur de ces officiers et de ces civils est souillé depuis quinze ans par ce poison rwandais. L’Élysée, le Quai d’Orsay et le ministère de la Défense leur ont jusqu’ici recommandé la plus grande discrétion possible. Regroupés dans l’association France Turquoise (www.france-turquoise.fr), ils se sont tus, attendant d’être soutenus et lavés de ces graves accusations. Conduit avec l’idée d’apurer le contentieux, ce voyage présidentiel à Kigali choque et inquiète. Pour beaucoup, il sonne comme un abandon.
Le TPIR est le troisième tribunal international, après Nuremberg et le TPIY (Yougoslavie). Il a été créé le 8 novembre 1994 et a pour principe de « juger les personnes présumées responsables d’actes de génocide et d’autres violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations du droit international commis sur le territoire d’États voisins entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994.» Sa fermeture devrait être effective avant la fin de l’année 2010 conformément à la résolution 1503 du Conseil de sécurité.
Durant plus de quinze ans des juristes et enquêteurs des quatre coins du monde ont tenté de répondre à cette mission qui leur a été confiée. Aujourd’hui, avec suffisamment de recul et alors que la clôture du processus approche, des observateurs du monde entier dénoncent les déviances du système.
Au cours de l’émission « Esprit public » sur France Culture le 10 janvier 2010 Rony Brauman a souhaité s’exprimer sur l’évolution actuelle des relations entre la France et le Rwanda.
« (…) Bernard Kouchner est actuellement confronté au gouvernement du Rwanda qui demande à la France des excuses en s’appuyant sur un rapport d’enquête dit « rapport Mucyo » (…) Je suis étonné de voir dans la presse, sur les sites (web) que cette commission d’enquête est présentée comme…une commission d’enquête alors qu’elle est a été mise en place qu’elle est le produit d'un gouvernement qu'il faut bien appeler par son nom, c'est à dire une dictature qui règne par la terreur. (…) Aucune enquête réelle, juridiquement et politiquement crédible n’est possible dans ces conditions et dans une affaire aussi grave que le génocide de rwandais tutsi. (…) L’empressement pour rétablir les relations avec le Rwanda doit être tempéré par ces conditions (…) »
Ndlr transcription de France-Turquoise, seuls les propos prononcés par Rony Brauman font foi.
« Kagame a sacrifié les tutsi (…) ; la piste du FPR est toujours la bonne malgré les fausses rétractations de Ruzibiza et Mugenzi. (...) Il est étrange que les Nations Unies et le TPIR n'aient pas enquêté sur l'attentat. (…) Les enquêteurs sont allés sur une piste sur la quelle ils ne devaient pas aller, c'est celle du FPR (…) on leur a fait comprendre assez brutalement que l'attentat était hors du champ."
On saura la vérité : « J'ai laissé un dossier techniquement solide à mes collègues qui sont en charge de l'affaire du Rwanda. Je leur fait entièrement confiance et je suis convaincu qu'ils la mèneront à son terme. »
Il a conclu son propos en commentant le processus de reprise des relations diplomatiques en cours entre la France et le Rwanda. "Il faut éviter que Monsieur Kagame mette comme préalable à la restauration des relations politiques la fin de ce dossier judiciaire comme il l'entend. Ca c'est inadmissible. J'espère que la France qui est un état de droit n'acceptera ce genre d'arguments. C'est du chantage."
Ecouter les propos de monsieur Jean-Louis Bruguière (2’ 45’’)
La France et le Rwanda viennent de rétablir leurs relations diplomatiques alors qu’un sérieux contentieux judiciaire et politique les opposait. Il n’appartient naturellement pas aux militaires français ayant servi au Rwanda de juger du bien fondé de ce processus diplomatique.
Mais la question que l’on peut légitimement se poser est : à quel prix ce rétablissement s’opère il pour les soldats français ?
Les membres de l’association France-Turquoise ont pu lire récemment un document dénommé « Témoignage rétrospectif », prétendant expliquer la situation au Rwanda durant la période 1990-1994 Le putsch des généraux ne faisant plus recette l’auteur met en cause dans cette tragédie les « militaires bellicistes». Ce témoin péremptoire représente l’archétype de la pensée dominante. Pour lui conserver l’anonymat que requiert sa participation à la chasse en meute, nous le désignerons dorénavant sous le nom de « Générique » dans le « Contre-témoignage tout aussi rétrospectif » du général Fruchard qui est présenté ici. AS
En août 2008, le ministre de la justice du Rwanda, en annexe du rapport de la commission Mucyo, qui avait soit disant pour mandat de "faire la lumière sur le rôle de la France" avant, pendant et après le génocide, délivrait une liste de 33 "personnalités politiques et militaires les plus impliquées" dans la tragédie de 1994. Le général Quesnot, chef d'état-major particulier de François Mitterrand au temps du génocide rwandais en 1994, en faisait partie.
Le lieutenant Abdul Ruzibiza, rwandais réfugié en Norvège, publie en 2003 un document en kinyarwanda dans lequel il accuse, entre autre, Paul Kagamé d’avoir organisé en avril 1994 l’attentat contre l’avion du président Habyarimana. Il se présente comme témoin oculaire des préparatifs du tir de missile qui détruira l’avion pendant la phase d’atterrissage.
En en octobre 2005 il reprend son témoignage dans un livre "Rwanda histoire secrète", éditions Panama Paris.
Dès 2003 il a été entendu comme témoin par le juge français Bruguière dans le cadre de l’enquête menée en France sur l’attentat qui a coûté la vie aux membres français de l’équipage de l’avion.
Simultanément il est entendu par le tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha et par la justice espagnole pour des affaires concernant des massacres qui auraient été commis par l’armée du FPR de Paul Kagamé.
Aujourd’hui le lieutenant Abdul Ruzibiza semble se rétracter sur un certain nombre de points.
Claudine Vidal, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS et André Guichaoua professeur de sociologie à l'Université Paris-I, Panthéon Sorbonne, témoin expert auprès du bureau du Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) depuis 1996, ont préfacé et postfacé le livre "Rwanda histoire secrète".
Dans un communiqué ils réagissent aux déclarations récentes d’Abdul Ruzibiza.
« […] Durant des années, il a maintenu ses déclarations avec force, dans différents médias, devant le juge espagnol et au TPIR[…] Il lui faudra prouver qu’il a menti, car, sur l’attentat, comme sur le reste, il fait preuve de précision […] Il ne suffit pas de dire maintenant: “j’ai tout inventé” après avoir affirmé le contraire des années durant, et maintenant, c’est à dire au moment de l’arrestation de Rose Kabuye.[…] Quant aux “vrais mobiles” qui l’ont poussé à mettre par écrit de telles révélations, je vous rappelle qu’il les avait fort bien expliqués dans son communiqué de mars 2003 et qu’il les a repris de nouveau dans son livre: faire éclater la vérité, faire juger tous les auteurs de crimes, quels qu’ils soient. Il en donne un autre maintenant, plutôt étrange: “mesurer la haine des Français à l’égard des Tutsis”. Comprenne qui pourra! »
Par Bernard LUGAN expert devant le Tribunal pénal pour le Rwanda. Valeurs actuelles 28 août 2008
« Un rapport fallacieux et manipulateur visant à exercer un chantage sur la France et sa justice. »
Bernard Lugan (collection particulière)
Un rapport rwandais rendu public le 5 août accuse plusieurs dizaines d’hommes politiques et d’officiers français de complicité dans le génocide de 1994.
A la suite de la publication par les autorités rwandaises du rapport dit "Mucyo", le président de l'association France Turquoise fait connaître sa réaction.
L'ONU interpellée. Un suspect de meurtre au sein de la force de paix au Darfour
Michel Larose Le Journal de Montréal 06/04/2008 08h30
Général Karenzy Karake
La présence dans les rangs des forces de paix de l'ONU d'un officier soupçonné du meurtre du missionnaire québécois Guy Pinard au Rwanda préoccupe le ministre des Affaires extérieures, Maxime Bernier.«Je souhaite que l'ONU aille au fond des choses», a confié le ministre avant son départ en Birmanie, au sommet de l'OTAN.«Les représentants canadiens ont demandé aux autorités des Nations Unies s'il convenait que le Général Karake continue d'exercer ses fonctions au sein de la force de paix», a expliqué Shaun Tinkler, responsable des relations avec les médias du ministère des Affaires étrangères. Dans le cadre d'une enquête sur des crimes commis au Rwanda après le génocide, un tribunal espagnol a émis récemment 40 mandats d'arrestation, dont deux visent les présumés responsables des meurtres des pères blancs Guy Pinard et Claude Simard.
Interview de maître Jordi Palou Loverdos, avocat des victimes rwandaises par Catherine Ninin RFI 7 février 2008
La récente rupture par Kigali des relations diplomatiques avec la France et l’approche de l’anniversaire du déclanchement du génocide rwandais, le 7 avril, font revenir dans l’actualité la mémoire de ce drame.
La délivrance de mandats d’arrêt internationaux par la justice française à l’encontre de neuf membres du proche entourage de l’actuel Président du Rwanda, suite à l’attentat perpétré contre l’avion de son prédécesseur, a provoqué la colère de Kigali et l’annonce de ripostes judiciaires contre notre pays. Commandant de l’opération Turquoise menée par la France sous mandat de l’ONU fin juin 1994, il me paraît utile d’apporter mon témoignage et d’éclairer le lecteur de la Revue Parlementaire sur cette affaire grave et complexe.
Le 6 avril 94, l’assassinat du Président du Rwanda déclenche la guerre civile dans ce pays. Des unités de la garde présidentielle et des milices hutus massacrent les populations tutsis, mais aussi les hutus modérés, c’est un véritable génocide.